Dans l’ambiance quasi-euphorique sur les marchés depuis l’élection de Donald Trump, les investisseurs n’évoquent pratiquement plus la Chine. Certains sujets, pourtant, pourraient influencer l’économie et les marchés mondiaux en 2017.

Où que l’on regarde, la Chine semble à la croisée des chemins. Les Chinois ont engagé depuis plusieurs années un programme de réformes ambitieux : l’idée est de réorienter la politique économique afin de ne plus se contenter d’exporter, mais aussi de développer un schéma plus « domestique ». La Chine, parallèlement, souhaite poursuivre son intégration dans les différentes instances et organisations économiques mondiales. Ceci suppose une réforme quasiment totale des schémas de financement connus depuis des années en Chine.

Jusqu’à maintenant, les Chinois ont réussi à jongler avec les divers écueils liés à cette transition. La croissance du PIB de la Chine est restée, conformément aux prévisions officielles, comprise entre 6.5% et 7%. La consommation des ménages et la production industrielle, après des périodes plus faibles, reprennent leur progression sur des rythmes respectivement de +10% et +6%.

2017 s’annonce plus compliquée même si le gouvernement chinois reste confiant et anticipe toujours une croissance aux alentours de 6.5%, toujours tirée par une demande vigoureuse et un investissement dynamique (respectivement 9.5% et +8.9% attendus en 2017). Beaucoup d’observateurs redoutent depuis longtemps que l’accumulation de dettes dans l’économie chinoise freine ce bel élan : la dette cumulée des entreprises, des ménages et des administrations représente près de 250% du PIB Chinois, ce qui est particulièrement élevé. Les créances douteuses représentent peu dans ce total, d’après les autorités, mais leur montant progresse inexorablement.

De fait, en cette fin d’année, les choses ne se passent pas comme espéré. En effet, subrepticement et sans faire les gros titres des journaux financiers, le marché obligataire chinois a nettement corrigé. Cette baisse est due aux mesures de désendettement entreprises par les autorités chinoises depuis quelques semaines.


Elles doivent adopter une politique restrictive pour lutter contre :
– La remontée du taux d’inflation qui dépasse les 2% en Novembre.
– Les sorties de capitaux qui ne ralentissent pas.
– La baisse du Yuan qui continue d’autant plus que les Américains montent leur taux, ce qui provoque mécaniquement une hausse du Dollar.
– La bulle immobilière qui elle aussi continue de gonfler… mais le mouvement pour empêcher la hausse des prix de l’immobilier se heurte à la nécessité de préserver la croissance !

La seule solution qu’ont les chinois pour lutter contre l’effet récessif de leurs actions restrictives sur la politique monétaire serait de relancer les commandes publiques… ce qui s’avère de moins en moins efficace depuis plusieurs années.

Tout ceci est rendu encore plus complexe du fait de l’arrivée de Donald Trump qui a annoncé vouloir remettre les choses à plat avec la Chine. Pendant la campagne, des droits de douane à 45% ont été évoqués.

Même si les Américains ne vont pas jusque-là, la nomination de Peter Navarro, grand pourfendeur de la Chine et de sa politique économique, annonce des négociations plus difficiles qu’avant.
L’année 2017 va donc être sportive pour les Chinois avec des conséquences probables pour les autres économies à travers le monde.