À l’heure où le monde s’apprête à vivre un virage technologique majeur, le monde n’est-il pas en train de changer et de se repenser ? 2018 sera un excellent cru, car la démocratisation de nouveaux modes opératoires sera à l’honneur.

La Blockchain deviendrait le système de base, les cryptomonnaies seraient une potentielle nouvelle norme en matière d’investissement, et, l’intelligence artificielle serait le maestro de cet ensemble digne, il y a encore quelques années, d’un film de science-fiction. La question est simple : les technologies évoluent très vite, mais nos habitudes de «bon père de famille» sont-elles prêtes à être chamboulées ?


Le FMI en passe d’accepter ce «nouveau monde» ?

Récemment, Christine Lagarde s’est fendue d’un commentaire au sujet de la désintermédiation financière qui a résonné dans le monde de la blockchain et de l’intelligence artificielle.

En effet, alors que les plus grandes banques ont lancé des cellules dédiées aux Bitcoins (et aux autres cryptomonnaies majeures) et que la Bourse de Chicago a conçu les premiers produits financiers à terme basés sur cet or numérique, ce plaidoyer avait clairement vocation à tracer le roadmap des années «financières» à venir. Pourtant habitué à un certain establishment où il n’y a pas un mot plus haut que l’autre, cette projection semble aller dans le bon sens, car soyons honnêtes : la blockchain est lancée, ainsi que ses (très) nombreuses applications au monde de la finance.

D’ailleurs, les grandes institutions financières mondiales estiment que, dans une certaine mesure, les monnaies virtuelles (une fois stabilisées) pourraient être des options plus pertinentes aux pays en cours de développement plutôt que les ravages liés à l’adoption du dollar, mais nous n’en sommes pas là…

Blockchain et finance, un duo inséparable ?

Le principe même de la Blockchain est sa décentralisation, son inviolabilité et sa rapidité. En ce sens, elle dispose de tous les atouts pour que l’intelligence artificielle puisse s’y développer. Clairement, il existe déjà de nombreuses voies parallèles pour financer ses projets (dont le crowdfunding est la plus populaire) et la raison d’être des banques pourrait…vaciller. L’idée de placer son épargne sur ces circuits alternatifs (jugés comme cela aujourd’hui) où l’intelligence artificielle ferait son oeuvre pour optimiser les placements est en passe de devenir réalité.

Ajoutez à cela une bonne dose de Big Data et vous pourrez changer de galaxie en matière d’épargne (vérification de solvabilité plus rapide, placements optimisés,…). Le bon vieux Livret A a du souci à se faire.

En ce sens, les nouveaux acteurs sont nombreux à toquer à la porte de cette nouvelle économie. À l’heure où les ICO (levée de fonds sur la Blockchain) pullulent, certains projets, comme par exemple Peculium, cherchent justement à optimiser l’utilisation de l’intelligence artificielle et du deep learning pour mieux prédire les variations financières, et ainsi, optimiser les rendements de «l’épargne». Personnalisation et disponibilité permanente (via des bots dédiés) sont les clés de cette nouvelle économie. Nous n’en sommes toutefois pas là, car la menace d’une régulation est bien réelle…

Certains chiffres ne mentent pas : lors des 12 prochains mois, les services financiers des banques investiront massivement dans l’intelligence artificielle, la gestion des identités et la Blockchain au sens large (en savoir plus).

Quid du rôle des banques centrales ?

Dans un tel contexte, il est naturel de se demander si les banques centrales auront toujours un rôle primordial. Pour l’instant, oui, car une politique monétaire nécessite une prise de décision en dehors des formules algorithmiques. Il en est de même concernant la communication liée, et ce, afin de préparer les marchés. Dans tous les cas, il faudra toujours de «l’humain» pour modifier, corriger et «driver» cette nécessaire révolution financière…

En tout cas, la période actuelle est particulièrement excitante, à «nous» de prendre les bonnes décisions !