Selon des chiffres dévoilés ce mardi par Business France, agence publique en charge de la promotion de la France hors de nos frontières, les investissements étrangers en France se sont envolés de 16% au cours de l’année 2017. Du jamais vu depuis 10 ans.

« Je crois que c’est la démonstration la plus concrète que la France est de retour. La dynamique est là et nous ferons tout pour accroître cette dynamique ». Le ministre Bruno Le Maire ne boudait pas son plaisir ce matin lors de la publication des chiffres de Business France faisant état d’une progression manifeste de 16% – soit un plus haut de 10 ans – des investissements étrangers en France sur l’ensemble de l’année 2017. «Cette performance, c’est l’attractivité retrouvée de notre pays et c’est la reconnaissance du travail des Français », a poursuivi le locataire de Bercy, voyant dans ces résultats les premiers fruits de la politique menée tambour battant par Emmanuel Macron et son gouvernement.  Au-delà de ces excellents chiffres incontestables, c’est l’ensemble du sentiment des investisseurs étrangers à l’endroit de la France qui fait également office de principal enseignement de cette « nouvelle ère macronienne », selon le directeur général de Business France, Chrisophe Lecourtier. « La nouvelle image de la France qui se profile depuis quelques mois attire les investisseurs étrangers qui décident de choisir la France pour leurs projets en Europe ». Cette nouvelle donne a, en outre,  permis de créer ou de maintenir 33 489 emplois l’an dernier, un total en hausse de 11% par rapport à l’année précédente et là encore un plus haut de dix ans.


En ce qui concerne les principales nations « investisseuses », une petite nouveauté puisque ce sont les Etats-Unis qui retrouvent leur place de leader (avec 18% des projets (en hausse de 26% par rapport à 2016), devançant l’Allemagne pourtant en tête en 2016 mais qui n’a recueilli en 2017 « que » 16% des projets. L’Italie (7%), le Royaume-Uni (7%) et le Japon (5%) ferment la marche. Mais ce sont les pays de l’Union européenne qui, globalement, tirent leur épingle du jeu puisqu’ils représentent la majorité des investissements, avec 60% de l’ensemble des décisions d’investissement en France. Autre aspect particulièrement mis en exergue par Business France, le tiers des projets enregistrés en 2017 (412) ont été engendrés par des entreprises qui n’étaient jusque là pas présentes sur le marché français. Avec un total de 343 projets, les activités industrielles concentrent plus du quart (26%) de l’ensemble des décisions d’investissement, soit un essor de 23% par rapport à 2016. Le nombre d’emplois créés ou maintenus par ces investissements dans les activités de production a quant à lui bondi de 44%, souligne Business France, relayé par Reuters.

« L’activisme » d’Emmanuel Macron

Divers éléments « tangibles », comme évoqué par Bruno Le Maire en préambule, qui confortent Emmanuel Macron dans son « opération séduction » pour inciter les investisseurs étrangers à davantage regarder du côté de Paris et de la France en général. Une terre qui a longtemps rimé avec défiance, du moins pendant le quinquennat de François Hollande. Il faut dire que le nouveau président de la République ne ménage pas ses efforts pour redorer le blason hexagonal.   On se souvient notamment de l’opération « Choose France » , un mini-sommet qui avait réuni, fin janvier, sous les ors du château de Versailles, le gotha des entreprises mondiales et le gratin des investisseurs, désireux d’investir en France à l’appel du chef de l’Etat. Parmi cette « prestigieuse assemblée » figuraient notamment le dirigeant de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, celui de JP Morgan, Jamie Dimon et celui de Facebook, Sheryl Sandberg. Mais également les groupes d’envergure internationale comme Rolls Royce, SAP, UPS, Bosch, GlaxoSmithKline, Novo Nordisk, Novartis, Cisco, Google, Alibaba ou JD.com. Tout ce « beau monde » a eu toute latitude d’échanger avec les différents institutionnels présents comme bpifrance, Business France ou encore l’Agence des Participations de l’Etat, mais également avec le Premier ministre en personne et une quinzaine de ministres présents. Avant qu’Emmanuel Macron ne vienne clôturer les « festivités » en fin de journée. Signe (supplémentaire) de son implication dans cette opération.

Et la moisson fut pour le moins « fructueuse », puisque  Facebook a notamment fait état de sa volonté d’investir 10 millions d’euros dans l’Hexagone via son centre de recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle. Outre Facebook, un autre géant dans son domaine, Toyota, longtemps premier constructeur mondial, a également annoncé accroître ses investissements dans l’Hexagone, en l’occurrence 300 millions d’euros pour son usine d’Onnaing (Nord). Conséquence immédiate de cet “apport d’argent frais” : la création de près de 700 emplois en CDI. Un engagement qui a donné des ailes au président de la République. “Si Toyota décide d’investir 300 millions et créer 700 CDI ici, c’est parce que vous êtes bons”, a déclaré Emmanuel Macron aux salariés de l’usine, lors d’une visite sur place avant de se rendre au sommet. Et de poursuivre. « On va essayer de le montrer à de grands groupes, c’est l’engagement des gens dans l’entreprise qui compte ». Deux exemples qui attestent de « l’attractivité retrouvée » de l’économie française depuis l’accession d’Emmanuel Macron à la magistrature suprême. Un « galop » d’essai qu’il conviendra de confirmer en 2018.