L’an dernier, j’ai présidé et animé un débat absolument passionnant sur le sujet à Station F, notre incubateur fintech à Paris. La conférence avait pour titre, non sans provocation, “FinTech et banques : amis ou ennemis ?”, et elle a donné lieu à des discussions fascinantes autour de cette problématique.

De fait, je ne voudrais pas entrer dans des spéculations et débats infinis et houleux, mais permettez-moi de vous donner mon opinion personnelle sur le sujet.

Je n’irai pas jusqu’au dire que la fintech et la blockchain mettront fin au secteur bancaire, mais elles le bouleversent sans l’ombre d’un doute.

Pour utiliser une analogie, il me semble que cette situation ressemble beaucoup à la façon dont internet et l’émergence des informations numériques ont perturbé le secteur de l’information (plutôt que d’y mettre fin) dans les années 1990-2000.

Fut un temps, l’idée même de permettre à l’ensemble des êtres humains de communiquer sans frontières ni censure sur Internet était terrifiante. Et pourtant, les jeunes générations trouvent ce processus libérateur, au sens large. Eh bien, c’est le même phénomène que nous observons à travers la numérisation et la décentralisation des monnaies !

Cette nouvelle technologie blockchain permettrait de transcender les nations et les frontières et d’autoriser n’importe qui, n’importe où, à effectuer des échanges commerciaux au-delà des États-nations.

Il s’agit d’un système qui permettrait à tout le monde, partout et n’importe où, de participer à une économie mondiale sans barrières, sans frontières, sans identité, simplement en utilisant un logiciel.

Et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, cette technologie blockchain permettrait également aux entités non-humaines de contrôler et échanger des valeurs monétaires, voire économiques ou juridiques. Par exemple, un titre de propriété associé à une maison, ou une clé de contact correspondant à une voiture spécifique. Ces “contrats intelligents” pourraient permettre le transfert vers le nouveau propriétaire du contrôle énergétique de son domicile ou de l’activation et de l’assurance de son véhicule sans intermédiaires administratifs.

Un agent logiciel, qui n’appartient à personne, pourrait également posséder et effectuer des transactions monétaires au niveau international !

Tout ceci donne vie à des possibilités philosophiques passionnantes, mais aussi très inquiétantes et bouleversantes pour l’avenir : grâce à l’intelligence artificielle, les systèmes logiciels seraient capables de disposer, de contrôler et même d’échanger de l’argent sans l’implication d’aucun humain !