La semaine a été très difficile pour le titre Facebook. Après avoir flirté avec les 190$ dans l’euphorie du début d’année post-réforme fiscale de Trump, l’action du géant de la tech s’est effondrée et cotait un peu moins de 160$ vendredi soir.

La question pour les investisseurs est simple : ce recul est-il une opportunité d’achat ou bien le pire est-il encore à venir et faut-il fuir avant qu’il ne soit trop tard ?

Les données sont le « pétrole » du 21ème siècle et les entreprises comme Facebook, Google, Amazon, Apple ou Microsoft (les GAFAM) sont devenues des monstres sur le plan boursier grâce à leur capacité à traiter et utiliser les données et finalement à générer énormément de profits. Comme pour la Standard Oil qui était en position de monopole jusqu’en 1910, beaucoup pensent que, désormais, les fameuses GAFAM doivent elles aussi être mieux contrôlées et régulées pour éviter qu’elles abusent de leur position dominante dans la gestion des données.

Dans ce contexte, l’affaire « Facebook-Cambridge Analytica » ne pouvait pas plus mal tomber. En résumé, sur le cas en question, Facebook aurait laissé Cambridge Analytica utiliser des données de ses clients sans contrôle. Après plusieurs jours de silence, M. Zuckerberg, le président de Facebook ,s’est excusé et annoncé que son entreprise allait prendre les mesures nécessaires pour que ce type de problèmes ne se reproduise plus.

L’enjeu est déterminant pour Facebook. Même si le risque d’un démantèlement parait limité, il est probable que la pression réglementaire augmente sensiblement aux Etats-Unis mais aussi en Europe. La fiscalité est aussi un sujet sur laquelle les GAFAM sont globalement attaquées par les Etats, en particulier en Europe bien sûr. Tout ceci pourrait peser à moyen-terme sur la profitabilité.

Pour le moment, la situation financière de Facebook est très bonne et justifie une valorisation élevée du titre. Les chiffres d’activité et la croissance des résultats ont été exceptionnels depuis plusieurs années. Le chiffre d’affaires a atteint 13Mds $ au 4ème trimestre de 2017 en hausse de 47% par rapport au 4ème trimestre de 2016. A ces chiffres impressionnants s’ajoute une progression des marges opérationnelles également spectaculaires : elles sont passées de 52% à 57% du chiffre d’affaires. Avec de telles progressions, les métriques habituelles de valorisation comme le PE (rapport cours sur bénéfice) sont finalement assez modestes. Le PE de Facebook pour 2017 est de 30 mais compte tenu de la hausse attendue des profits en 2018, le PE de Facebook sur le cours de vendredi n’est plus que de 20 fois ! Les concurrents de Facebook se payent tous plus chers si l’on compare les PE ; en effet Twitter se paye 40 fois les résultats 2018 ; Google 23 fois et Baidu (son concurrent chinois) se paye 23 fois.

L’activité de Facebook et son avance technologique font que si l’entreprise réussi à démontrer qu’elle a pris en compte les attentes des régulateurs concernant la gestion des données, il est probable que sa croissance se poursuive pratiquement au même rythme. Compte tenu de l’importance des entreprises comme Facebook dans la vie des Américains il est fort à parier que la pression du régulateur américain soit finalement très modeste… Ne parlons même pas de la pression fiscale en Europe qui devrait elle aussi rester mesurée.