Le nombre de comptes d’épargne santé (HSA) explose aux États-Unis, mais la plupart des titulaires de comptes ne parviennent pas à tirer pleinement parti du pouvoir de planification de la retraite des HSA. Il y avait plus de 30 millions de HSA détenant environ 82,2 milliards de dollars (70,3 milliards d’euros) à la fin de l’année 2020, selon une estimation de Devenir, une société qui offre des services d’investissement aux comptes de santé.

 

Il est possible de cotiser à un HSA lorsque son assurance médicale est un plan à forte déductibilité qui est admissible à un HSA. Tous les régimes à franchise élevée ne sont pas admissibles au HSA. Il s’agit de vérifier auprès de son assureur ou de son employeur que le sien est admissible. Quand un Américain décide d’ouvrir un HSA, n’importe qui peut y cotiser, à condition que le total des cotisations ne dépasse pas la limite annuelle. À titre d’exemple, les employeurs versent souvent des cotisations. 

La contribution maximale au HSA en 2021 est de 3 600 dollars (3 000 euros) pour une personne bénéficiant d’un plan médical individuel et de 7 200 dollars (6 200 euros) pour une personne bénéficiant d’un plan familial. Une contribution supplémentaire de 1 000 dollars (850 euros) est autorisée pour les personnes âgées de 55 ans et plus. Pour les Américains, il n’est pas possible de cotiser une fois qu’ils sont inscrits à une partie quelconque de Medicare.

Les cotisations versées par un particulier sur un compte HSA sont déductibles du revenu brut, et les cotisations versées par un employeur sur le compte de l’employé sont exclues du revenu brut. En outre, le compte peut être investi, et les gains sont exonérés d’impôt. Les distributions du compte sont exonérées d’impôt lorsqu’elles sont utilisées pour payer des frais médicaux admissibles. Ces frais sont ceux qui seraient déductibles en tant que frais médicaux détaillés dans une déclaration de revenus et qui ne sont pas remboursés par une assurance ou une autre source.

Ces trois avantages fiscaux réunis sont uniques. Contrairement aux plans 401(k) et IRA traditionnels, il ne s’agit pas seulement de reporter l’impôt avec un HSA. Contrairement à un Roth IRA, l’impôt n’est pas payé maintenant pour l’éviter plus tard. L’argent versé dans un HSA n’est jamais imposé tant que les distributions servent à payer des frais médicaux admissibles. En outre, les HSA ne sont pas soumis à des distributions minimales obligatoires de son vivant. Le conjoint d’un titulaire de compte HSA peut hériter de celui-ci et bénéficier des mêmes avantages.

La plupart des gens l’utilisent pendant leurs années de travail pour payer les frais médicaux qui ne sont pas couverts par l’assurance. Mais une meilleure stratégie consiste à financer entièrement le HSA durant les années d’activité professionnelle et à payer les frais médicaux courants à partir de sources autres que le HSA, dans la mesure où cela est possible. Il faudrait ainsi laisser le solde du HSA s’accumuler pour l’utiliser pendant la retraite.

La plupart des HSA sont investis par sécurité et rapportent les faibles taux d’intérêt actuels. Mais de nombreux HSA peuvent être liés à des comptes de courtage. Ils peuvent être investis comme le reste de son portefeuille de retraite et obtenir les mêmes rendements. Une fois à la retraite, il est temps de commencer à retirer de l’argent de son HSA. Bien entendu, il est possible d’utiliser ce compte pour payer les frais médicaux admissibles durant la retraite. Il peut s’agir de primes d’assurance, y compris les primes Medicare. Ils comprennent également les dépenses qui ne sont généralement pas couvertes par Medicare, comme les services dentaires et optiques et les appareils auditifs. Il n’est pas nécessaire que les dépenses soient payées directement par le HSA. Il est possible d’être remboursé après avoir payé les dépenses. Il suffira alors de conserver les reçus et les preuves de paiement au cas où l’IRS procèderait à un contrôle ou que le dépositaire du HSA poserait des questions.

Ces distributions du HSA sont exonérées d’impôt, car elles servent à payer des frais médicaux admissibles. Elles ne seront pas non plus incluses dans le revenu brut ajusté modifié lors du calcul de la surtaxe sur les primes Medicare, du montant des prestations de sécurité sociale à imposer ou de tout autre impôt furtif. Mais un HSA peut être utilisé plus efficacement,  dans le but de gérer sa tranche d’imposition pendant la retraite et réduire les impôts sur le revenu à vie.

Une règle essentielle concernant les HSA est qu’il n’y a pas de date limite pour recevoir le remboursement des frais médicaux. En d’autres termes, une distribution ne doit pas nécessairement servir à payer des frais médicaux courants pour être exempte d’impôt. Il est tout à fait possible d’accumuler les reçus de frais médicaux admissibles payés par des sources autres que le HSA et se faire rembourser par le HSA en cas de besoin, plus tard. 

Si un retraité a besoin d’argent à un moment particulier, il n’a pas à le prélever de sources imposables telles qu’un IRA traditionnel ou en vendant des actifs dans un compte imposable pour réaliser des gains en capital. À la place, il peut prendre un remboursement non imposable du HSA pour les frais médicaux qualifiés non remboursés qu’il a payés dans le passé. Cette stratégie lui permet d’obtenir des liquidités supplémentaires sans augmenter sa facture fiscale de l’année. Elle est particulièrement avantageuse l’année où son revenu est déjà proche de la limite supérieure de sa tranche d’imposition ou si la personne souhaite éviter d’augmenter la surtaxe sur les primes Medicare ou le montant des prestations de sécurité sociale qui sont imposées.

Certaines personnes ne maximisent pas leurs contributions à un HSA, car elles pensent que leurs dépenses médicales ne seront jamais assez élevées pour épuiser le solde du compte et craignent d’avoir un accès limité à l’argent. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Les distributions du HSA peuvent être utilisées pour payer des dépenses non médicales. Lorsque les distributions d’un HSA sont utilisées pour payer des frais autres que des frais médicaux admissibles, la distribution est incluse dans le revenu brut pour être imposée.

Une pénalité supplémentaire de 20 % s’applique pour les personnes de moins de 65 ans qui souhaitent effectuer une distribution pour des dépenses non médicales. Mais à partir de 65 ans, la distribution d’un HSA pour payer des frais non médicaux est imposée de la même manière que la distribution d’un IRA traditionnel.

Un HSA peut également faire l’objet d’un héritage, en transmettant des avantages fiscaux à un conjoint ou à d’autres bénéficiaires.

Toute personne qui a droit à un HSA doit verser le maximum de cotisations sur le compte. Il est préférable d’approvisionner entièrement un HSA avant de contribuer à un 401(k) ou à un IRA et d’investir le HSA de la même manière que le reste de son portefeuille retraite. Cette stratégie permettra de maximiser la durée de vie de son épargne retraite.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Bob Carlson

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