Il y a dix ans débutait la crise des subprimes, plus importante crise financière mondiale du XXIème siècle. Et c’est en France que tout a commencé : le 9 août 2007, la banque BNP Paribas gelait les retraits de ses clients dans trois de ses fonds monétaires. Dix ans après, les risques existent toujours.

La plus importante crise financière de ce XXIème siècle a commencé en France, le 9 août 2017. Il y a dix ans jour pour jour, la banque BNP Paribas décidait de geler les retraits de ses clients dans trois de ses fonds monétaires, pour répondre au retournement du marché américain. Pourtant, rappellent Les décodeurs du Monde, Baudouin Prot, directeur général de la banque, affirmait le 1er août que « la liquidité des produits (la capacité à être vendus ou achetés) était ‘’totalement assurée’’. » Une semaine plus tard, poursuit Le Monde, « les clients ne peuvent plus revendre leurs parts et récupérer leur investissement. » Les fonds de BNP Paribas sont alors infestés par les subprimes.


Les subprimes

Jusqu’à l’été 2007, l’économie mondiale se porte bien. En apparence. Car depuis le début des années 2000, un drôle de phénomène s’est enclenché : le marché immobilier américain explose. Les taux d’intérêts sont bas, les courtiers sont payés en fonction de leurs résultats et proposent à des ménages modestes des emprunts à taux variables, les désormais fameux subprimes, qu’autorisent des sociétés de crédits qui ne se préoccupent pas de la capacité de remboursement des ménages.   

Titrisation

C’est une sorte de mille-feuille, explique Ouest-France. Les prêts sont empilés les uns aux autres, et ajoutés à d’autres actifs. Ils forment un titre financier qui peut ensuite être découpé, échangé, sur les marchés, comme un gâteau. Cet empilement permet de cacher les subprimes qui sont noté « AAA » (très sains) par des agences de notation, telles que Moody’s ou Standard & Poor’s. Ces titres financiers complexes sont achetés par les banques du monde entier.

Bulle immobilière

Au moment où sont distribués ces prêts risqués bien notés, les prix de l’immobilier se retournent. Dès que les taux montent, les ménages se retrouvent fortement endettés et n’ont plus les moyens de rembourser leurs prêts. De leurs côtés, les banques ne peuvent pas vendre les titres collés aux prêts immobiliers.

Déjà en février, la banque HSBC avait fait part de ses difficultés à gérer ces prêts immobiliers aux Etats-Unis. En juin, deux fonds spéculatifs (hedge funds) enregistrent de sérieuses pertes. En juillet, deux banques allemandes frôlent la faillite.

Enfin, le 18 septembre, la FED abaisse ses taux directeurs pour soulager les banques. Un an plus tard, le 15 septembre 2008, la banque Lehman Brothers dépose le bilan.

Et aujourd’hui

Rapidement, la crise s’est déplacée du système financier à l’économie réelle : une crise généralisée du crédit. Les banques ne se prêtent plus entre elles et ne prêtent plus aux entreprises. Le prix des matières premières explose. Et les citoyens américains ayant contracté des prêts toxiques se retrouvent sans rien.

Depuis, la législation des prêts bancaires aux Etats-Unis a été renforcée. De son côté, l’Europe a créé une union bancaire placée sous l’autorité d’un superviseur. Mais le « shadow banking », ou finance de l’ombre n’a pas disparu. Au contraire, indique France Info, les opérations réalisées en dehors des banques par les fonds spéculatifs, les sociétés de gestion de patrimoine ou les plate-formes de financement participatif « représentent une somme vertigineuse ». Or, indique le site internet, « ces opérations hors-radar échappent presque totalement aux réglementations bancaires mises en place depuis la crise ».