Nike, l’une des marques de sportswear les plus populaires au monde, a atteint des records à Wall Street ce mercredi. Ce succès sans faille est notamment dû à sa transformation numérique réussie, à la demande toujours croissante pour les équipements de sport et à l’innovation de la marque, qui se démarque de ses concurrents.

Les actions Nike ont bondi de 5,5 % et pulvérisent les attentes de son rapport sur les résultats du premier trimestre publié cette semaine, battant ainsi son précédent record de 90 $ de gain par action. L’action a ouvert plus haute que jamais ce mercredi et se rapproche des 18 % de hausse depuis le début de l’année.

L’entreprise invoque comme facteur de sa réussite ses nouveaux produits innovants et son investissement dans le commerce en ligne, qui contribuent à lui conférer une place de choix sur le marché des loisirs sportifs et du streetwear. 

De plus, Randal Konik, analyste pour la banque d’investissement américaine Jefferies, estime que : « L’investissement numérique de Nike continue à porter ses fruits ». Les ventes en ligne ont bondi de 42 % par rapport à l’an dernier, grâce à l’investissement du groupe dans ses applications et ses plateformes de vente en ligne, qui ont contribué à la hausse des ventes. En conséquence, Nike adopte de plus en plus une stratégie de vente directe au consommateur, abandonnant ainsi le modèle traditionnel de vente par l’intermédiaire de détaillants.

Les derniers résultats montrent qu’en dépit des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, l’entreprise a été moins touchée par les droits de douane que ses concurrents. Les ventes mondiales ont augmenté de 7 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 10,7 milliards de dollars (plus que les 10,4 milliards prévus, selon FactSet). Cette croissance est en grande partie attribuable aux revenus croissants en Chine, qui ont bondi de 22 % pour atteindre 1,7 milliard de dollars.

Bien qu’Adidas reste le plus grand rival de l’entreprise au niveau mondial, elle « a perdu des parts de marché au profit de Nike dans certains domaines », a déclaré David Swartz, analyste pour Morningstar, à Forbes. Il considère également ANTA, l’entreprise chinoise de vêtements de sport, comme un concurrent légitime de Nike en Chine, bien que sa part de marché soit encore légèrement inférieure à celle de Nike et Adidas. Il identifie la région comme un marché en pleine croissance et souligne que les Jeux olympiques de 2020 seront un événement majeur où Nike pourra se démarquer : « Cela devrait leur donner un gros coup de pouce en Asie ».

Mark Parker, le PDG de Nike, a réitéré son souhait de rendre les équipements de sport toujours plus populaires. Il a également souligné que les vêtements pour femmes, qui ont également connu une croissance à deux chiffres au dernier trimestre, constituaient un autre secteur de croissance prioritaire pour l’entreprise : « Les possibilités qui s’offrent à nous sont plus prometteuses que jamais », a-t-il annoncé. 

Bien que les revenus de Nike sont en croissance et toujours plus rentables, selon Randal Konik l’évaluation du cours de ses actions est quelque peu élevée par rapport à ses concurrents. Nike se négocie actuellement à un ratio cours/bénéfice de 32,5 contre 29,5 pour Adidas par exemple. L’entreprise devra maintenir son rythme rapide de croissance au cours des prochaines années pour justifier cette valorisation, ce qui ne devrait pas lui poser trop de problèmes.