Pour ce dernier jour du premier trimestre, les marchés actions ont fait du surplace, brillant particulièrement par leur manque d’allant et de prise de risques. Retour sur un premier trimestre qui avait démarré sous les meilleurs auspices avant de progressivement rentrer dans le rang.

Le premier trimestre est mort, vive le deuxième trimestre ! C’est, en substance, et de manière sans doute moins triviale, que les investisseurs ont dû accueillir la fin d’un premier trimestre qui a mis un certain temps à trouver son rythme de croisière, avant de s’achever de manière un peu plus poussive. En effet, en s’y penchant de plus près, ces trois premiers mois de l’année 2017 sur les marchés actions peuvent se « décomposer » en deux phases bien distinctes, notamment aux Etats-Unis où ce clivage est encore plus patent. Deux très bons premiers mois, dans la foulée de l’élection de Donald Trump, où les investisseurs ont brillé par leurs velléités offensives, offrant record sur record à Wall Street. Dans le détail, la période janvier-mars se solde par une hausse de 5,8% pour le Standard & Poor’s 500 à New York, de 4,9% pour l’indice européen Stoxx 600 et de 5,35% pour le CAC 40 à Paris.  

Un bilan global résolument positif, notamment pour le CAC 40 qui boucle son meilleur mois de mars depuis l’année 2010 (+1,86% à 5 114,51 points sur cette seule dernière semaine). Si les chiffres sont éloquents, ils ne doivent pas pour autant masquer les turpitudes rencontrées dans la seconde moitié du mois de mars, notamment comme évoqué en préambule outre-Atlantique. Si sur trois mois, les principaux indices bénéficient de vents favorables, ils ont navigué sur une mer plus agitée au mois de mars.

« Trump Trade », présidentielle française, BCE…un deuxième trimestre haletant

En effet, ce dernier mois a été jalonné par les doutes des investisseurs autour de la capacité de Donald Trump à mener à bien ses réformes. Comme en atteste le cuisant échec de la réforme de santé, qui, s’il n’a pas fait chavirer les bourses, a néanmoins instillé la défiance dans l’esprit des opérateurs. Un « accident de parcours » qui a tout de même coûté au dollar un « plus bas » de près de 4 mois. Preuve supplémentaire s’il en fallait de ce « séquençage du trimestre », sur le seul mois de mars, les valeurs financières américaines ont marqué le pas reculant de 5%, là où en février-mars, elles s’envolaient de 8%.  

Le deuxième trimestre qui s’ouvre lundi devrait être encore davantage polarisé autour l’actualité politique et macroéconomique. Premier de cordée, et dans le viseur des investisseurs, la baisse annoncée du programme de rachats d’actifs de la BCE, puis l’élection présidentielle française. Cette échéance devrait être encore plus scrutée qu’il y a 5 ans par les opérateurs tant l’incertitude autour de l’issue du scrutin est importante. Si le spectre d’une victoire de Marine Le Pen a pris un peu de plomb dans l’aile ces dernières semaines, la « remontée fantastique » de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages est de nature à donner des sueurs froides aux investisseurs.  Sans oublier les réformes fiscales de Donald Trump attendues comme le messie par les marchés.

Peugeot au sommet, Technip dans les abysses

Sur le front des valeurs, le grand vainqueur du trimestre n’est autre que Peugeot dont le titre s’est envolé de 21,83% depuis le 1er janvier. Une véritable renaissance pour le groupe dirigé par Carlos Tavares alors qu’il était au bord de l’implosion en 2013. Le « phénix » Peugeot bénéfice de la bonne tenue de ses ventes et de résultats d’excellente facture mais également du rachat d’Opel qui a prouvé aux investisseurs que le constructeur à la marque au lion était fin prêt à repartir de l’avant.

A l’inverse, TechnipFMC est clairement dans le creux de la vague, le titre du groupe s’étant érodé de 8% sur la même période. Après des résultats annuels timides et sans surprises qui n’ont pas galvanisé les investisseurs, ces derniers ont également émis de sérieux doute sur la capacité du parapétrolier à réaliser les synergies promises. En outre, la rechute des cours de pétrole est également un frein prépondérant à toute tentative de remontée du titre.