Alors que le président élu va officiellement succéder à Barack Obama et faire son entrée à la Maison-Blanche, les marchés temporisent tandis que le CAC 40 est parvenu, grâce à sa plus grosse composante Total, à enregistrer ce vendredi sa première séance dans le vert de la semaine.

Première perte hebdomadaire pour le CAC 40 depuis sept semaines. Après quatre séances consécutives dans le rouge, l’indice phare de la Bourse de Paris a finalement clôturé dans le vert ce vendredi (+0,20% à 4 850,67 points) galvanisé par sa plus grosse composante, Total. En effet, la major a profité allègrement de la bonne tenue des cours du pétrole et d’une croissance chinoise surpassant les attentes en 2016. Un réveil néanmoins trop tardif et largement insuffisant pour éviter au CAC 40 de décrocher de 1,46% sur l’ensemble de la semaine, s’éloignant encore un peu plus du seuil symbolique des 5 000 points qui, dans ces circonstances, continue de relever du mirage. La donne est peu ou prou similaire dans le reste de l’Europe où l’Eurostoxx 50 qui, s’il a facturé deux séances positives, a néanmoins cédé 0,80% en cinq jours.

En outre, les prises de risques de ce vendredi ont été résolument minimalistes, les projecteurs étant braqués de l’autre côté de l’Atlantique où Donald Trump va être officiellement intronisé 45e président des Etats-Unis, succédant à Barack Obama et ses deux mandats successifs. Les opérateurs de tous bords attendent donc avec une certaine fébrilité le discours de celui appelé à présider aux destinées de la première puissance économique mondiale. « Le travail commence aujourd’hui », a écrit Donald Trump sur son compte Twitter, ce vendredi matin heure locale. « Je vous donne rendez-vous à 11h00 pour la prestation de serment. LE MOUVEMENT CONTINUE – LE TRAVAIL COMMENCE! ».

Dans le reste de l’actualité, comme évoqué en préambule, à noter la bonne tenue des cours du pétrole, le baril de Brent repassant au-dessus de la barre des 55 dollars, dopé notamment par une croissance chinoise supérieure aux attentes en 2016 (+6,8% là où le consensus Reuters tablait sur une progression légèrement moindre à 6,7%). C’est, par ailleurs, la première fois en deux ans que la deuxième économie mondiale affiche une accélération de sa croissance Une donnée qui permet de reléguer au second plan une augmentation plus significative qu’escomptée des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis.

Zodiac s’envole

Sur le front des valeurs, l’actualité de la semaine est marquée par le rachat de l’équipementier aéronautique Zodiac Aerospace par le motoriste Safran. Ce dernier va débourser près de 9 milliards d’euros pour attirer dans son giron le groupe en proie à de grosses difficultés notamment au sein de sa division Sièges. Dans le détail, Safran proposera 29,47 euros par action Zodiac, soit une prime de 26,4% par rapport au cours de 23,31 euros de Zodiac mercredi en clôture. Une offre attractive, saluée par de nombreux analystes, qui, de facto, a dynamité le cours de Zodiac. Ce dernier affichant un gain hebdomadaire de 21,61% (+22,98% sur la seule séance d’hier où le « deal » a été rendu public).

A l’inverse, Lafarge fait office de « mauvais élève » de la semaine et a terminé dans les abysses du CAC 40 avec une perte hebdomadaire de près de 6%. Le cimentier a été au cœur de l’actualité cette semaine, le parquet de Paris ayant annoncé ce jeudi avoir ouvert en octobre dernier une enquête préliminaire sur la base d’une plainte de Bercy relative à une potentielle infraction au code des douanes du groupe Lafarge en Syrie. En novembre dernier, le groupe avait rejeté des allégations selon lesquelles ses activités en 2013 et 2014 en Syrie auraient pu contribuer à financer l’Etat islamique. Une mauvaise publicité qui a causé la désaffection des investisseurs.