UNE ANNEE BOURSIERE 2020 FASTE ET ETANCHE A LA CRISE SANITAIRE

L’année 2020 boursière est révolue, le bilan final peut être établi, un bilan sur lequel nous pourrons nous appuyer pour envisager les grandes tendances de la nouvelle année. Dans mon nouveau billet pour les colonnes de Forbes France, j’ai sélectionné trois graphiques qui me semblent incarner les facteurs fondamentaux dominants de l’année dernière, ainsi que les racines profondes à partir desquelles la tendance nouvelle va se construire.

Permettez-moi d’abord un avant-propos.  L’année 2020 est celle de tous les paradoxes sur le plan financier, avec une crise sanitaire qui a fait chuter les Produit Intérieur Brut (PIB) de 5% à 10% (hormis l’économie de la Chine, en croissance sur 2020 et grande gagnante de la crise sanitaire sur un plan relatif international) et, en même temps, de nombreux marchés en actions qui ont inscrit de nouveaux records historiques.

Un paramètre de distorsion est venu interrompre le lien entre croissance économique et croissance des prix en bourse, ce paramètre est la quantité de monnaie en circulation. A travers l’action des grandes Banques Centrales, la création monétaire est entrée dans une vitesse de hausse historique, autorisant l’envolée des dettes publiques, privées et la fameuse « hélicoptère monnaie », concrètement des chèques et des virements envoyés directement aux consommateurs.

C’est le facteur « monnaie » qui a permis d’éviter la banqueroute mondiale et qui a rendu étanches les marchés financiers au choc économique de la crise sanitaire. Si l’on en croit les perspectives dévoilées par les Banques Centrales elles-mêmes, cette politique va durer encore plusieurs années et la forte hausse des ratios dette/PIB est devenue une donnée acceptée, presque naturelle.

Si l’on devait me demander de retenir une tendance, d’en isoler une parmi toutes les autres en 2020, je ferais donc le choix de la courbe de la quantité de monnaie en circulation aux Etats-Unis, accompagnée de son taux de vitesse.

Revenons à présent à ma sélection de trois graphiques.

 

TROIS GRAPHIQUES FINANCIERS QUI RESUMENT 2020

 

Graphique 1, la hiérarchie boursière 2020. Le premier graphique représente la performance relative (en %) dynamique sur l’ensemble de l’année 2020 d’une sélection au sein des grandes classes d’actifs. En théorie, la contraction économique aurait du se traduire par la baisse des actifs “risqués”, ceux liés à l’activité économique réelle, du moins dans le monde boursier d’avant. Car depuis la crise financière de 2008, un nouveau paradigme s’est imposé, faisant du monde boursier un monde à part, sous l’influence directe des Banques Centrales. La valorisation boursière classique a laissé la place à un rapport prix sur quantité de monnaie et la crise sanitaire a boosté les secteurs d’activité de la technologie, de la santé et des valeurs dites “stay at home”. En 2020, le Nasdaq (compartiment technologique américain) est le leader du marché actions, nettement devant le cours du l’or mais en-deçà de la performance du Bitcoin, grand gagnant de la perte de valeur intrinsèque des monnaies du marché des changes flottants. Bitcoin euro gagne ainsi plus de 250% en 2020, enregistrant comme Wall Street, de nouveaux records historiques.

 

Graphique 2, la quantité de monnaie aux Etats-Unis. Représentée ici par l’agrégat monétaire M2, la quantité de monnaie s’est envolée en 2020, poursuivant une tendance haussière bien ancienne. En réalité, ce qui est historique, ce n’est pas la dynamique de hausse de la quantité de monnaie, mais c’est son taux de vitesse de croissance qui est historique. Sur le graphique ci-dessous, la partie basse montre le taux de croissance par période de 10 jours ; dans l’Histoire, jamais un tel pic n’a eu lieu. 

 

Graphique 3, la courbe du cours du CAC 40 en 2020. Si les marchés actions américains ont inscrit de nouveaux records historiques en 2020, les actions européennes sont encore dans une phase d’effacement du choc boursier du covid. Les actions du CAC 40 ont entrepris un processus de rattrapage vis-à-vis de Wall Street à partir du quatrième trimestre de l’année dernière, avec le fort rebond des valeurs cycliques européennes massacrées en mars dernier. Ce passage de témoin des actions US vers la Zone Euro devrait se confirmer en 2021, avec la baisse progressive attendue mois après mois sur les courbes sanitaires. Pour le cours du CAC 40, cela permet de se projeter sur une remontée en direction des 6000 points cette année et ainsi effacer les effets de la chute verticale du mois de mars dernier.

 

CONCLUSION : Alors que la monnaie devrait conserver son titre de dénominateur commun sur les marchés financiers, l’année 2021 devrait voir la poursuite des grandes tendances de l’année passée, une année technologique, cryptographique, avec à la fin un début de surperformance des actions européennes.

 

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