Depuis la séance de bourse de records historiques de la plupart des grands indices boursiers internationaux le 19 février dernier, les marchés actions sont entrés dans une phase baissière dont la vitesse dépasse celle des chutes de 2008 (la crise financière), 2002/2003 (bulle spéculative Internet et épidémie de SRAS-CoV) et 1987.

Dans mon précédent article proposé sur Forbes.fr, j’avais présenté les leçons du SRAS pour comprendre les effets d’une pandémie sur les marchés financiers. Dans cet article, j’y évoquais un scénario noir, celui d’une baisse du prix des actions de 20%, avant une remontée équivalente et le tout sur une durée de 10 mois. Ce scénario noir me semblait être « the worst case scenario », et pourtant…


Depuis le 19 février dernier, le cours du CAC 40 a chuté de plus de 40%, moins de 1 mois pour 40% de baisse, c’est inédit depuis le krach boursier de 1929.

Pour le CAC 40, les marchés boursiers mondiaux, nos économies et notre vie quotidienne, le Covid-19 est donc un cygne noir dont nous ne pouvons pas encore mesurer les contours des conséquences de long terme.

Au prix où ces lignes sont rédigées (3635), le CAC 40 a perdu 40% en 1 mois. Cela signifie donc que le marché considère que la valeur actuelle des profits futures des entreprises du CAC 40 a baissé de 40% par rapport à l’avant choc. Est-ce la réalité ? Nous ne le savons pas.

Mais les mois de janvier et février en Chine montre que le confinement total a généré une baisse de 70% en moyenne des activités industrielles. Une valeur actualisée des flux futures en baisse de 50% donne un cours du CAC 40 à 3000 points, 60% nous renvoie sur 2400 points, soit le point bas des crises de 2002/2003 et 2008 (voir graphique ci-dessous) et 80%, sur les 1500 points !

COURS DU CAC 40 EN BOUGIES MENSUELLES DEPUIS SA CREATION EN 1987

Afin de déterminer à quel prix revenir à l’achat sur les actions du CAC 40 les plus massacrées, il reste une inconnue à dévoiler, cette principale inconnue, c’est le facteur temps. La durée nécessaire pour contenir la propagation de l’épidémie et le temps pour que l’économie se relance ensuite, d’autant plus que les comportements économiques pourraient changer fortement in fine.

Sans faire de plans sur la comète, dans un cas favorable qui verrait la propagation maitrisée dans le courant du Printemps, nous pourrions envisager une économie sur les rails pour l’été, fin de l’été. La levée de cette inconnue va dépendre du comportement de tous et de l’opinion des meilleurs experts en épidémiologie.

J’aurai l’occasion de revenir sur ce sujet ces prochaines semaines au sein de nouvelles analyses sur Forbes France. Dans les cas, un marché baissier dure plusieurs mois, donc il est trop tôt pour revenir à l’achat à long terme, ça c’est une certitude.