De nombreux événements vont se succéder en juin et certains pourraient donner le ton pour l’été.

Premier événement, dès cette semaine : les élections générales en Grande-Bretagne. Les investisseurs vont scruter avec beaucoup d’attention le résultat de ces élections anticipées, « imperdables » pour les conservateurs emmenées par Theresa May. Il y a quelques semaines ces élections étaient un « boulevard » pour Mme May qui se voyait déjà arriver avec un soutien populaire massif à la table des négociations avec l’Europe au sujet du Brexit. Les derniers sondages sont finalement très serrés et certains donnent même les travaillistes en tête. Le programme des conservateurs est connu et ne devrait pas entraîner beaucoup de remous… il n’en est pas de même avec celui des travaillistes qui pourrait générer une période de volatilité sur les marchés britanniques. En particulier, la Livre Sterling pourrait être sous pression en cas de défaite ou de minorité très étroite de Mme May.

Les conclusions de la prochaine réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE) vont être scrutées dans leurs moindres détails par les intervenants. Depuis quelques semaines, les statistiques économiques de la Zone Euro convergent : l’amélioration est notable, tous les pays sont concernés, le chômage continue de décliner un peu partout en Europe… La vigueur de l’économie européenne fait même dire à certains que la BCE devrait envisager désormais de revenir à une politique monétaire plus conventionnelle le plus rapidement possible. Chaque mot sera donc analysé par les intervenants des marchés des changes et ceux des marchés obligataires pour savoir si et comment la BCE compte faire évoluer sa politique monétaire et sa politique de soutien à l’économie. La pression va être forte pour Mario Draghi et l’impact de ses décisions ou de ses propos peut donner le ton aux marchés pour l’été. Pour notre part, nous pensons que sans changement sur les données d’inflation, la BCE devrait laisser sa politique inchangée au moins jusqu’à 2018. La situation toujours incertaine des banques du Sud de l’Europe fournit par ailleurs à la BCE un bon argument pour un statu quo monétaire.

Autre réunion de Banque Centrale, cette fois du côté des Etats-Unis. Là, les investisseurs anticipent un nouveau resserrement de la politique monétaire de la FED : la probabilité d’une hausse des taux dès la réunion de juin se situe à 86%. La question est de savoir désormais si la FED va annoncer, ou non, vouloir réduire son bilan, et donc annoncer une politique monétaire devant être à terme « normale ». Depuis quelques mois le bilan de la FED n’augmente plus et l’économie progresse quand même avec des résultats d’entreprises en progression et un chômage toujours très bas. Ce sujet est très sensible. En effet, les économistes considèrent que la hausse du bilan de la FED a entraîné une hausse des actifs financiers…ils redoutent qu’une réduction de ce bilan pèse sur les marchés, actions en particulier. Nous considérons que les actions américaines sont désormais bien valorisées et que, baisse du bilan de la FED ou pas, elles offrent moins de potentiel que les actions européennes.

La Chine, le pétrole, le Brésil pourraient aussi animer les marchés :
– La Chine a vu sa note dégradée par Moody’s, il faudra surveiller comment les marchés obligataires réagissent, une trop forte hausse des taux pourraient à terme peser sur l’activité.
– Le pétrole ne parvient pas à remonter durablement malgré le prolongement des accords de réduction de production de l’OPEP. La tenue de ce marché, ainsi que celui des autres matières premières industrielles est analysée en permanence pour anticiper la tenue de l’économie.

Enfin, nous saurons courant juin si M. Temer, le président Brésilien, pourra ou non rester en poste : ce type de tensions politiques peut entraîner un regain de volatilité… qui présente parfois lors de grandes exagérations des opportunités d’achat !