Présenté en avant première à Paris le 12 janvier dernier, le documentaire She Started it, réalisé par une Française et une Américaine, nous plonge dans le quotidien de cinq entrepreneures déterminées. 

« Ce n’est pas un conte de fée. » Avant la projection de son documentaire, la réalisatrice Nora Poggi préfère avertir le public. Il y a trois ans, cette Française installée dans la Silicon Valley et reconvertie dans le journalisme après avoir travaillé pour Viadeo, s’est lancée un défi : réaliser un film sur les femmes entrepreneures. Avec Insiyah Saeed, une productrice américaine, elles ont suivi pendant deux ans cinq jeunes créatrices de start-up. De la Silicon Valley à la France en passant par le Vietnam, elles ont filmé ces jeunes femmes dans leurs aventures entrepreneuriales, entre concours de pitch, sessions de brainstorming, levées de fonds, coups durs et succès.  « Le but était de montrer des femmes en action. De montrer qu’elles peuvent aussi être des héroïnes sur grand écran, surtout dans un univers si masculin », explique Nora Poggi. 

Ne jamais rien lâcher

« She started it » débute avec Stacey Ferrera, 21 ans. Le visage déterminé, la jeune américaine, en plein jogging, lance entre deux foulées : « Quand je travaille sur une idée, c’est comme si j’avais un feu à l’intérieur de moi. » Cette réplique pourrait être le slogan du documentaire. Comme Stacey, toutes les jeunes femmes qui apparaissent à l’écran ont une détermination farouche, une  rage de réussir qui les pousse à ne jamais rien lâcher. « Si le plan A, le plan B, le plan C ne marchent pas, il y a 23 autres lettres dans l’alphabet », explique Tuy Truong, autre star du film. Comme Stacey et Tuy, la Française Agathe Molinar, fondatrice de Lemon Curve, a l’entrepreneuriat chevillé au corps. « Quand j’étais au lycée, je savais déjà que je voulais travailler à mon compte », affirme-t-elle. Au fil des mois, le spectateur découvre l’envers du décor de la vie d’une startupeuse. Difficultés à lever des fonds, associé qui renonce au projet, start-up qui tombe à l’eau, parents qui mettent la pression pour reprendre les études : le chemin vers la réussite est jalonné d’accrocs.  

 

« L’idée ne fait pas l’entrepreneur »

« Au fur et à mesure que le film avançait, on s’est rendu compte que le cœur de l’histoire était leur vie et non leur entreprise. Les start-up, ça va, ça vient, mais ce sont des femmes qui ne s’arrêtent jamais, qui ont toujours une nouvelle idée. L’idée ne fait pas l’entrepreneur. Ce qui fait la réussite d’un entrepreneur, c’est la façon dont il réagit face à l’échec », explique la réalisatrice Nora Poggi. A travers ce film, elle espère inciter plus de jeunes femmes à se lancer dans entrepreneuriat, sans craindre les difficultés.«  Je veux qu’une adolescente de 18 ans qui voit ce documentaire se dise : “ Si elle peut le faire, pourquoi pas moi ! ”. C’est par la représentation qu’on peut changer les comportements. Nous voulons que notre documentaire ait le pouvoir d’inspirer, ait un véritable impact sur le terrain », explique la Française de 28 ans. Pour diffuser leur message et susciter le débat, les deux réalisatrices ont prévu d’organiser des projections dans des collèges, lycées et universités américaines et françaises, mais aussi dans toutes les institutions ou entreprises qui en feraient la demande. Une tournée européenne est également prévue. A l’instar de Brienne Ghafourifar, jeune entrepreneure de 18 ans qui apparaît dans le film, elles ont une certitude : « Le monde est prêt à voir des femmes fortes faire la différence. »