Actrice de renom et réalisatrice engagée, Sandrine Bonnaire incarne un romantisme passionné qui coïncide parfaitement avec le festival du film romantique de Cabourg auquel elle est liée depuis de nombreuses années. Le week-end dernier, la comédienne bientôt à l’affiche du film de Marion Laine « Une autre que moi », a accepté d’endosser le rôle de présidente du 33e Grand Jury. En direct du Grand Hôtel de Cabourg, lieu empreint de nostalgie proustienne, elle bien voulu répondre à nos questions.

Désirée de Lamarzelle : Quelle est votre histoire avec le Festival de Cabourg ?

Sandrine Bonnaire : C’est une histoire très romantique, puisque la première fois que je suis venue à ce festival, j’ai reçu un Swan d’or (Mademoiselle en 2001) et j’y ai rencontré un homme avec qui je me suis mariée (le père de ma seconde fille) et que j’ai beaucoup aimé. Et enfin, Suzel Pietri (déléguée générale du festival) m’a proposé d’assurer une présidence – tournante de trois années – avec Emmanuelle Béart et Guillaume Laurent (scénariste du  Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et Un long dimanche de fiançailles ). Cela m’a permis de voir très concrètement les coulisses d’un festival.

Auriez-vous envie de lancer votre propre festival un jour ?

Sandrine Bonnaire : Je vous avoue que quand je vois la somme de travail que cela représente, je me poserais la question longuement (rires). Mais c’est extrêmement riche, et lors de ma présidence où nous étions tous très investis, on prend conscience de ce que cela demande comme énergie et engagement… Il faut faire de budgets, les respecter, il faut convaincre et se projeter !

Vous avez accepté d’être présidente de jury de cette édition 2019, en quoi consiste votre rôle ?

Sandrine Bonnaire : Ce n’est pas très compliqué car en principe, c’est la majorité qui l’emporte mais notre rôle prend de l’importance (voix compte double) quand la délibération est très serrée. Je dirai qu’en amont cela consiste à donner un équilibre à chacun, c’est-à-dire guider les conversations et faire en sorte que tout le monde puisse s’exprimer comme il le souhaite. En général, cela se passe très bien.

Qu’est- ce qui aujourd’hui vous fait accepter un rôle ?

Sandrine Bonnaire : Le scénario en priorité, il faut qu’il y ait une histoire. Sinon j’aimerais beaucoup jouer un homme : cela m’intrigue et j’ai envie d’aller explorer tous les comportements de l’homme. Je pense qu’il faut aller chercher dans les petites choses car au fond l’homme et la femme ne sont pas très éloignés… dans la manière d’aimer par exemple. On n’est pas tant divisé que cela. 

Et passer derrière la caméra ?

Sandrine Bonnaire : J’ai très envie à nouveau, après mon film J’enrage pour ton absence avec William Hurt et Alexandra Lamy (2012), de passer derrière la caméra et je travaille actuellement sur le projet d’un film qui parle de l’identité : l’histoire d’un déni de grossesse avec la question de savoir comment on peut se construire sans rien connaitre de ses origines.

 

Palmarès du Festival de Cabourg 2019 qui s’est achevé ce dimanche 16 juin.

Swann d’Or 2019

Révélation féminine : Nora Hamzawi dans Doubles vies d’Olivier Assayas

Révélation masculine : Karim Leklou dans Le Monde est à toi de Romain Gavras

Meilleure actrice : Juliette Binoche dans Celle que vous croyez de Safy Nebbou

Meilleur acteur : Bouli Lanners dans C’est ça l’amour de Claire Burger

Meilleur film : Mon Inconnue de Hugo Gélin

Meilleur scénario adapté d’une oeuvre littéraire (Prix Gonzague Saint-Bris) :  Mademoiselle de Joncquières de Emmanuel Mouret

Meilleur premier film : L’Amour Flou de Romane Bohringer & Philippe Rebbot et Tout ce qu’il me reste de la révolution de Judith Davis

Meilleur réalisatrice : Claire Burger pour C’est ça l’amour