Quand un homme est payé un euro, la femme ne touche que 88 centimes… Selon le Rapport économique sur les écarts de salaires hommes-femmes publié ce mercredi 27 mars 2019 par Glassdoor, les progrès sont notables mais ils se heurtent néanmoins à un mystère : la majeure partie (53 %) de la différence de la rémunération reste inexplicable ! Les chiffres dans le détail.

En partant de « l’écart de rémunération non ajusté » entre hommes et femmes en France, c’est-à-dire l’écart entre les femmes et les hommes ayant des caractéristiques strictement identiques (âge, niveau de diplôme, type de contrat, etc), le chiffre a légèrement baissé de 2,7 point par rapport à 2016 : la différence de rémunération est à 11,6 % trois ans plus tard. En appliquant des contrôles statistiques sur des variables telles que l’âge, le niveau de scolarité, les années d’expérience, le métier, le secteur, la ville, l’année, l’entreprise et l’intitulé du poste, « l’écart de rémunération ajusté » quant à lui diminue de 6,3 % à 3,7 %.

Des progrès encourageants si ce n’est l’interrogation que pose le rapport :
Plus de la moitié (53%) de l’écart de rémunération reste inexplicable selon les données recueillies, suggérant qu’hommes et femmes sont récompensés différemment, à caractéristiques égales. Un point sur lequel devront se pencher plus longuement les experts et sociologues si l’on veut réduire durablement cet écart. A commencer peut-être par la persistance des préjugés qui peuvent « nourrir des inégalités et parfois même des discriminations » selon le rapport OXFAM Travailler et être pauvre : les femme en première ligne (décembre 2018).

L’étude d’écart de rémunération a porté sur huit pays (USA, France, Royaume-Uni, Australie, Singapour, Canada et Allemagne) : les résultats dans chacun de ces pays en dehors de l’Allemagne sont similaires avec un écart salarial “non ajusté” qui tend à se réduire. Cependant, il ne disparaît pas lorsqu’on tient compte de facteurs comme l’expérience des travailleurs, l’âge, le lieu de travail et l’intitulé du poste.
L’Allemagne apparaît comme le mauvais élève avec le plus grand écart de rémunération « non ajusté » (22,3 %). Dans un pays qui compte 12,5 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, soit un habitant sur sept, il semble que ce sont les femmes qui sont – toujours plus – touchées par la précarité. Quant à la France, il est le pays qui présente le plus petit écart de rémunération « non ajusté » (11,6 %) !