L’écart de revenu entre les femmes et les hommes chauffeurs chez Uber est de 7%. Si l’algorithme de fixation des prix ne prend pas en compte le sexe des travailleurs, il pénalise pourtant les femmes. Une étude américaine donne quelques explications.

Un écart salarial de 7%. C’est peu par rapport aux inégalités salariales en France : plus de 23% tous postes confondus et 9% à poste équivalent, selon les derniers chiffres de l’Insee. Mais 7%, c’est encore beaucoup trop, surtout quand on sait que la fixation des prix est effectuée par un algorithme. Une étude publiée en juin par le National Bureau of Public Research, The gender earnings gap in the gig economy : evidence from over a million rideshare drivers, et repérée par notre confrère des Echos, dévoile les inégalités salariales entre les femmes et les hommes chauffeurs chez Uber.

Les chercheurs des universités Stanford et Chicago ont analysé un million de courses. Résultat, les femmes empochent en moyenne 20,04 dollars de l’heure quand les hommes touchent en moyenne 21,28 dollars. Comment expliquer un tel écart alors que le sexe des chauffeurs n’est évidemment pas pris en compte par l’algorithme ?

L’étude identifie plusieurs éléments susceptibles de comprendre cet écart de salaires : tout d’abord, l’heure et le lieu des courses. En effet, les femmes travaillent moins souvent la nuit, probablement pour des questions de sécurité ou pour éviter de prendre à bord des passagers ivres. Mais peut-être aussi en raison de contraintes familiales comme la garde d’enfants ou encore l’accumulation de plusieurs petits boulots. Être chauffeur Uber étant souvent un revenu additionnel, les femmes chauffeurs circulent dans leur quartier où le pouvoir d’achat est plus faible.

La deuxième raison mise en avant par les chercheurs est l’expérience. Les femmes, novices dans le secteur puisqu’elles ont rejoint la plate-forme depuis moins de deux ans, ont une moindre connaissance de l’algorithme et distinguent moins les courses à accepter des autres pour limiter les temps d’attente – non rémunérés – entre deux courses.

Dernière explication, la vitesse de conduite. Les hommes roulent 2,2% plus vite que les femmes, souligne l’étude. Or, l’algorithme prévoit une sorte de prime à la rapidité qui désavantage les femmes.

Même sans intégrer une discrimination, l’algorithme ne parvient pas à corriger les écarts salariaux, au contraire, il reproduit des inégalités. De l’intérêt d’intégrer les femmes dans le numérique et la tech…