Encore trop d’employeurs rechignent à embaucher une femme avec des enfants. En cause ? Le congé maternité, ou les enfants qui peuvent être malades. Pourtant, « le temps passé en congé maternité représente moins de 1% du temps total de la vie active, d’après un calcul effectué par Elisabeth Badinter », peut-on lire dans Maman travaille, le guide (First Editions), livre de Marlène Schiappa, créatrice du réseau de mères actives Maman Travaille et adjointe au Maire du Mans. Elle nous guide dans l’argumentaire.

 

Un équilibre entre vie privée et vie professionnelle

Horaires à rallonge, réunion à 18h… Le travail grignote souvent sur la vie de famille. « Dans les entreprises, ce sont souvent les femmes actives avec enfants qui apprécient le télétravail pour des questions pratiques. Elles peuvent donner l’impulsion aux autres collaborateurs de mieux concilier vie privée et vie professionnelle et ainsi améliorer la qualité de vie », révèle-t-elle.

 

Un cerveau qui cogite

Une mère de famille s’occupe de plusieurs autres être vivants, relativement dépendants les premières années de leur vie. Ce qui implique une certaine capacité d’organisation, surtout quand il faut aller chercher le plus petit à la crèche, prévoir les déplacements à l’étranger, réserver les vacances de la famille recomposée et faire le taxi pour les activités sportives du mercredi. « Lors d’un atelier, Aude de Thuin (fondatrice du Women’s Forum, NDLR) a raconté qu’elle embauchait toujours celle qui a le plus d’enfants parce que son cerveau fonctionne à plein régime tout le temps. Je trouve que ce genre de discours fait du bien, même si c’est encore assez rare », explique l’adjointe. Qui dit un cerveau qui carbure entraîne une capacité à faire plusieurs choses en même temps. Les mères de famille sont multitâches au travail parce qu’elles le sont en privé.

 

Une équipe mixte

Les managers le savent bien : une bonne équipe de travail est une équipe mixte. Il n’est pas seulement question de parité entre hommes et femmes mais surtout de diversité de profils : jeune, senior proche de la retraite, immigré… « Pour que tout fonctionne, il faut des profils différents. Quelqu’un qui pense différemment peut donc apporter quelque chose », suggère Marlène Schiappa. Embaucher une mère de famille dans une équipe de start-uppeurs peut faire la différence par exemple.