Dans les réunions, les hommes ont plus souvent la parole et se permettent de couper la parole aux femmes, de manière inconsciente. Comment faire entendre sa voix au travail ? 

Wikipedia définit le manterrupting comme « le comportement sexiste qui consiste à couper la parole des femmes au cours d’une discussion ou d’un débat, en raison du genre de son interlocutrice. Ce comportement s’inscrit dans une problématique sociologique relative à la domination masculine et à la moindre légitimité supposée de la femme sur le sujet donné que celle du manterrupter, ceci dans l’esprit de ce dernier. » Les solutions ? S’imposer, changer les comportements inconscients, s’inspirer de rôle modèles féminins et suivre ces six conseils pour se faire entendre au travail.

Amplifier les idées des autres femmes
La prochaine fois que vous entendez une femme donner une idée pertinente lors d’une réunion, répétez ce qu’elle vient de dire en la nommant. C’était la technique utilisée par le personnel féminin de l’administration Obama, « l’amplification ». Une femme répète les points clés d’une autre interlocutrice en la créditant. C’est une manière intelligente de faire écho et de décourager les hommes de s’approprier des idées qui ne leur appartiennent pas.

Donner la parole aux femmes
Certaines collaboratrices se coordonnent avant des réunions importantes pour se renvoyer la balle mutuellement. Par exemple, si vous prenez la parole, finissez par « vous avez quelque chose à ajouter ? » destiné aux collaboratrices présentes dans la salle, pour être sur qu’elles s’exprimeront avant qu’un collègue masculin intervienne. L’idée n’est pas de donner la priorité aux femmes par rapport aux hommes mais être un peu plus stratégique pour des comportements ancrés dans l’inconscient collectif depuis très longtemps.

S’exprimer de manière systématique
Plus vous parlez, plus cela deviendra facile. Pour vous et les autres. Qu’il s’agisse de réunions importantes ou de petit point informel, profitez de ces moments pour prendre la parole. Bientôt, vous constaterez que chacun est habitué à ce que des femmes prennent la parole et soient écoutées. Cela marche aussi pour des juniors : si vous les laissez s’exprimer en réunion, cela deviendra la norme. C’est bien connu, prendre la parole améliore la confiance en soi et le leadership.

Commencer par un point positif
Faites attention aux petits obstacles inconscients dans votre discours : « Une petite info à vous donner », « un petit détail » ou encore « question bête ». Ces expressions sont négatives et plombent votre discours avant même que vous ayez commencé. L’assemblée n’a pas forcément envie de vous écouter puisque vous émettez des doutes vous-même. Relisez-vous et écoutez-vous quand vous parlez. 

Soigner le ton de la voix
Certes, les mots ont leur importance mais le ton de votre voix a une incidence sur votre crédibilité. Même si vous êtes préoccupée par ce que les gens pensent, posez votre voix. Parler de manière assurée apporte de l’assurance, c’est un cercle vertueux. Et utilisez un ton uniforme. Si chaque affirmation ressemble à une question à cause de votre voix qui s’enraille, les auditeurs se permettront de douter de vous.

Se tenir droite, sur les deux pieds
De la même manière que la voix est un cercle vertueux, la position de votre corps l’est aussi. Avant de commencer votre speech, prenez la position du super-héros : debout, jambes écartées, les bras sur les hanches, le regard droit devant. La psychologue américaine Amy Cuddy a prouvé que cette posture conquérante augmentait le niveau de testostérone (hormone de la domination) et diminuait celui de cortisol (hormone du stress) si elle était pratiquée deux minutes avant un moment stressant (discours public, entretien…). Le fameux fake it until you own it.