Après avoir été directrice des partenariats au sein de la start-up Jolicloud et consultante dans le digital, Géraldine Bal a cofondé Hopfab en octobre 2015, une plateforme de vente en ligne de mobilier fabriqué par des artisans français, doté d’un service de sur-mesure.

Bureau. Avant : Chez Jolicloud, c’était un très grand open space. Même s’il faisait plus froid l’hiver et plus chaud l’été, c’était agréable d’y travailler. L’esprit start-up était là, avec la traditionnelle table de ping-pong. Dans le cabinet de conseil, les bureaux étaient plus classiques mais nous avions recréé des petits espaces ouverts. J’ai toujours travaillé à proximité physique des autres. Après : Nous venons de changer de bureau. Nous étions dans une ancienne menuiserie, un grand espace très beau. Maintenant, nous sommes cinq salariés dans un tout petit bureau de 15 m². Nous avons décidé de nous rapprocher de nos lieux de vie pour que ce soit plus pratique et plus accessible, afin de perdre le moins de temps possible dans les transports en commun. Par contre, il n’y a pas de meubles d’artisans. Malheureusement, nous avons pris des bureaux meublés d’Ikea, par souci d’économie.

Collègues. Avant : Chez Jolicloud, l’équipe était très jeune, entre 23 et 30 ans. L’ambiance était sympa, nous faisions beaucoup de choses ensemble comme des sorties, des déjeuners ou des pots. Il y avait le même esprit dans le cabinet de conseil, sauf qu’on incluait nos partenaires. J’adorais organiser des soirées. Je trouve que c’est important pour la cohésion d’équipe. Sortir de l’univers du travail permet de ne pas être juste collègues. Après : Aujourd’hui, on essaye de recréer cette ambiance mais nous sommes parents donc cela demande un peu plus d’organisation. Mon associé a deux enfants et moi, une fille de 9 mois. Nous organisons des soirées, avec les artisans avec lesquels on travaille, pour fédérer notre communauté. Chaque jour, l’un d’entre nous est chargé de préparer le déjeuner pour le reste de l’équipe, c’est un rituel qui fonctionne bien. Notre équipe est super. 


Salaire. Avant : Je gagnais très bien ma vie. Après : Ce qui n’est plus le cas, avec 30 % de moins. Nous avons la chance de toucher encore le chômage. Mais on construit autre chose. Ce n’est pas forcément simple de quitter le salariat quand on est installé financièrement. Finalement, c’est un choix familial. C’est pour cela qu’il faut avoir le bon partenaire quand on décide de se lancer dans l’aventure.

Journée type. Avant : Au travail de 9h30 à 19h30. Quand j’étais consultante, j’avais la chance d’avoir une très grande liberté pour m’organiser. Chacun avait ses objectifs à atteindre, tout le monde donnait beaucoup mais nous étions autonomes. Si besoin, nous pouvions partir au milieu de l’après-midi. Plus on donne de liberté à ses collaborateurs, moins ils en prennent. Le fait de responsabiliser change la donne. Après : Je ne me permets plus grand-chose. Même si j’ai la possibilité d’être libre, il faut tout de même faire avancer l’entreprise et montrer l’exemple pour les équipes. Je suis moins libre au niveau des horaires mais plus concentrée sur le projet en lui-même. Je fais plus d’heures, très régulièrement le soir, le week-end, sans trop de vacances. Par contre, ma fille m’oblige à déconnecter, à mieux m’organiser dans mon travail. Ce sont des moments où je pense moins au projet, ce qui fait du bien dans le quotidien de l’entrepreneur.

Réussites. Avant : Quand j’ai commencé dans le cabinet de conseil, j’étais jeune et timide, j’avais un peu peur de tout. Mais le patron nous challengeait beaucoup. Si j’émettais des doutes sur un dossier, il les balayait d’un « tu vas réussir, je n’ai aucun doute là-dessus ». C’était dur mais ça aide à grandir. Je me suis rendu compte que j’étais capable de toute faire. Après : J’ai déjà réussi à monter une société qui fonctionne, à embaucher des salariés. Et nous permettons à des artisans d’avoir plus de commande et de mieux vivre de leur passion. Surtout, je fais ce que j’aime.

Frustrations. Avant : Ma plus grande frustration était d’être soumise aux décisions des autres. Même si je pensais pouvoir trouver une solution en faisant différemment, je ne prenais pas la décision finale. Après : Rien ne va jamais assez vite. J’ai envie que l’entreprise se développe très vite, que les journées soient plus longues pour avoir le temps de tout faire. Je me dis tout le temps « tu ne vas pas assez vite ». Moi qui suis perfectionniste, j’ai appris à être indulgente avec moi-même.

Ambitions. Avant : J’ai toujours eu envie de devenir entrepreneure. Même quand j’étais salariée, j’avais toujours plein d’idées. J’attendais d’avoir trouvé la bonne, celle dont j’étais sure à 100%. Après : Mon objectif est de faire vivre Hopfab et d’en faire quelque chose de pérenne : une grosse entreprise avec pas mal de salariés. Je voudrais avoir la satisfaction de me dire qu’elle fait grandir des gens et les forme.

Réseaux sociaux. Avant : J’utilisais un petit peu Twitter. Après : On s’en sert beaucoup pour faire connaitre nos services, surtout Facebook, Instagram et Pinterest. Twitter est moins dans notre thématique. J’ai redécouvert Linkedin, un outil puissant pour rencontrer des entrepreneurs qui ont les mêmes problématiques que nous.