L’entrepreneuriat féminin, ce sont 163 millions de femmes qui ont créé une entreprise au cours de ces deux dernières années dans le monde, selon une étude du Global Entrepreneurship Monitor (GEM). Depuis le précédent rapport 2014/2015, l’entrepreneuriat féminin a progressé de 10%, réduisant l’écart de 5% avec les hommes. 

Les femmes créent des entreprises. Et de plus en plus. 74 pays ont été étudiés par le Global Entrepreneurship Monitor (GEM), résultat : le taux d’activité entrepreneuriale des femmes a progressé de 10%, réduisant l’écart de 5% avec les hommes, en 2016-2017, par rapport aux années 2014-2015. Ces dernières années dans le monde, ce sont 163 millions de femmes qui ont créé une entreprise, alors que 111 millions de femmes dirigeaient une entreprise déjà constituée, un chiffre en augmentation de 8%.


Lancée il y a 18 ans, l’étude GEM implique les pays étudiés. L’EM Lyon est l’institution qui représente la France et travaille avec un institut de sondage sur la base des questions fournies par GEM à l’ensemble des participants. « Cette année, nous pouvons constater une progression de l’entrepreneuriat féminin qui correspond à l’engouement général pour l’entrepreneuriat », indique Alain Fayolle, enseignant et directeur de centre de recherche à l’EM Lyon. « On parle depuis longtemps de la sous-représentation des femmes dans l’entrepreneuriat, aujourd’hui, les femmes se lancent. »

Entrepreneuriat de nécessité vs entrepreneuriat d’opportunité

Le taux d’activité entrepreneuriale féminin varie fortement d’un pays à l’autre. Il s’échelonne de 3% en Allemagne, en Jordanie, en Italie et en France, à 37% au Sénégal. Et dans certaines économies (Indonésie, Philippines, Vietnam, Mexique et Brésil), la proportion de femmes qui gèrent une entreprise est supérieure ou égale à celle des hommes. Rien d’étonnant, selon Alain Fayolle : « Dans les pays en développement, l’entrepreneuriat de nécessité, contraint et subit, est très répandu, alors que dans les pays développés, l’entrepreneuriat d’opportunité (celui dans lequel on se lance pour obtenir plus de liberté et d’indépendance) est voulu, mais plus rare. »

Si l’Europe présente un taux d’activité entrepreneuriale féminin faible, le Vieux Continent se distingue par un pourcentage de femmes entrepreneurs diplômées de 22% en moyenne, supérieur à celui des hommes. C’est encore en Europe, alors que les femmes y sont moins susceptibles de créer une entreprise que dans les pays moins développés, que l’on peut noter une augmentation de 10% du nombre de femmes estimant qu’il existe de réelles opportunités de créer une entreprise.

Plus les femmes sont éduquées, moins elles créent d’entreprises

Le rapport met en évidence plusieurs paradoxes. Plus le niveau de développement économique et le niveau d’éducation s’élèvent, plus le taux de création d’entreprise diminue chez les femmes et l’écart avec les hommes s’accroît. Là encore, rien d’étonnant, selon Alain Fayolle : « plus vous êtes éduquée, plus vous avez d’opportunité d’être embauchée par une entreprise proposant un bon salaire et c’est pour cette raison que les femmes éduquées créent moins leur entreprise. »

Plus une économie est développée, moins les risques d’échouer sont élevés. À noter toutefois que les femmes rencontrent plus de difficultés que les hommes aux différents stades de la création de leur entreprise dans les économies moins développées. En revanche, le taux d’échec des femmes est seulement de 10% dans les économies développées, soit un tiers de moins que celui des hommes.