L’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) a diffusé mercredi 4 octobre un rapport selon lequel l’écart de salaire médian entre les femmes et les hommes subsiste. Pire, le chiffre ne baisse plus depuis le début des années 2000. Si en France l’écart (9,9%) se situe sous la moyenne des pays de l’OCDE (14,3%), de nombreux progrès restent à faire, notamment quant au nombre de femmes aux postes de direction dans les entreprises.  

Plafond de verre. Dans son enquête « Atteindre l’égalité femmes-hommes : un combat difficile », l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) révèle que la différence de salaire médian entre les deux sexes ne bouge pas depuis le début des années 2000. L’écart de salaire médian (ce salaire qui partage les travailleurs en deux groupes égaux, une première moitié gagnant plus, la seconde moins) demeure de 9,9% en France. « Cet écart reflète en partie le plafond de verre auquel font souvent face les femmes au cours de leur carrière », indique l’enquête.

Sur l’ensemble des pays de l’OCDE, les femmes gagnent en moyenne 14,3% de moins que leurs collègues. Une moyenne qui ne montre pas des écarts faibles, comme en Belgique (3%), ou au contraire très élevés comme en Inde (56%).  

Études plus longues, mais postes de moindre qualité

Problème, les pays de l’OCDE ne parviennent pas à faire chuter cet écart qui se situait déjà à 14,6% il y a cinq ans. C’est notamment parce que les femmes sont sous représentées à des postes de cadres dirigeants ou de responsabilités politique, avance le rapport. Pire, elles occuperaient des « postes de moindre qualité », ou « synonymes de précarité », avance le rapport. Pourtant, les jeunes femmes étudient plus longtemps que les jeunes hommes, indique l’organisation. Mais dans des secteurs moins rémunérateurs que les sciences et les technologies.

Et la France dans tout cela ? En 2016, le taux d’emploi des Françaises était de 61,4% (68% pour les hommes), ce qui est inférieur à la moyenne des autres pays de l’OCDE (62,8%). Et elles ne sont que 7% à être employeurs, contre 14% des hommes. La loi Copé-Zimmermann de 2011, relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration qui prévoit notamment la représentation équilibrée dans les conseils d’administration n’a pas transformé la donne pour l’ensemble des secteurs.

Domestiques

Et il n’y a pas que dans le domaine professionnel que les choses n’évoluent pas : selon le rapport, les femmes effectuent encore la majorité, voire l’essentiel des tâches domestiques, mais aussi prennent en charge les enfants (et les personnes dépendantes). Une implication dans le foyer qui laisse la place aux hommes pour « faire carrière » et limite les femmes dans cette voie. En effet, « l’implication des pères dans la prise en charge des enfants est essentielle pour s’assurer que les mères aient la possibilité de participer pleinement au marché du travail, à la société, à l’économie », revendique le rapport. L’extension du congé paternité est donc une des clés de la baisse de cet écart salarial.