La marque éponyme DANAME de Dana Messika est une réflexion de son propre voyage spirituel. Après sa riche carrière en tant que mannequin en Australie et au Japon, Dana s’est installée à Paris où elle a rencontré celui qui deviendra son époux, le célèbre diamantaire international André Messika. Loin de se conforter dans le cocon familial, Dana a entrepris des études sur le féminisme et l’histoire de l’art à l’Université américaine de Paris. En parallèle, elle s’est intéressée aussi à l’homéopathie et elle a fait une carrière réussie en tant qu’homéopathe.

Pour autant, elle n’a jamais oublié sa passion pour la mode et elle a tout naturellement succombé à ses appels internes. Elle a alors décidé en 2016 de créer sa propre marque de prêt-à-porter féminin, Daname. La marque devient la symbiose de tout ce qui est cher à Dana Messika. 
Le mieux est de laisser la parole à Dana afin qu’elle nous dise avec ses propres mots pourquoi Daname attire autant les femmes du monde entier.


“Le corps humain est le plus vibrant et dynamique des Canvas “
Dana Messika

DANAME

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre propre marque de mode ?

Dans un sens ésotérique, les étoiles étaient alignées. C’était comme avoir le sentiment d’un retour à la maison, aux racines, à mon enfance, à ma carrière de jeune adulte. Pour commencer, DANAME est une marque qui travaille quelque peu à contresens… Les vêtements arrivent APRES ou suivent une valeur qui m’est chère : du fait-main. L’artisanat ancien de la broderie faite à la main, transmis de génération en génération, fait que chaque pièce devient un bijou unique. Pour moi, la broderie faite main est l’âme de DANAME. Venant d’une famille de diamantaires et de joailliers, c’était très facile pour moi de voir les similitudes entre la royauté des diamants en joaillerie et la royauté de la broderie faite main dans l’industrie de la mode. J’ai voulu prendre ce ‘diamant’ et le convertir en quelque chose de ‘cool’, facile à porter. En d’autres mots, le démocratiser, comme un bijou serti de diamants que vous pouvez porter au bureau, avec un jeans, du cuir et d’autres vêtements ‘casuals’ de tous les jours. Et maintenant c’est un défi…

Comment voyez-vous le rôle de la mode dans la société ?

Pour moi la mode est le reflet immédiat de notre ’foyer’ au-delà de notre corps. C’est le niveau suivant de notre intimité et de notre lien avec le monde extérieur ; c’est comme un pont entre le monde et moi. La richesse des informations à travers mes choix de vêtements est infinie. La mode est une réflexion profonde de moi en tant que personne et la société, comme d’autres formes d’art.

D’où vient votre inspiration ?

Je trouve mon inspiration dans le monde précédant celui qui est organisé comme nous le connaissons maintenant. Je suis fortement attirée par les cultures d’avant la révolution industrielle ou le monde moderne. Collectivement nous avançons très rapidement mais je pense que l’âme et les besoins basiques de l’être humain n’ont pas changé avec le temps : le besoin d’unité et de lien entre les êtres humains à tous les niveaux.  Je comprends que ce que je dis peut être très romantique, mais c’est là où la broderie faite main nous rappelle que le temps n’est qu’un facteur humain. Bâtir une solide relation d’amour prend du temps. Créer de la magie prend du temps. Le travail de la broderie faite main est un moyen pour créer de la magie en prenant le temps comme allié.

Qu’est-ce qui fait que DANAME est unique ?

Cette marque de mode existe pour servir une valeur supérieure et non le contraire. C’est ce qui rend la marque unique. C’est une marque plus philosophique. Le corps humain est le plus vibrant et dynamique des canevas avec lequel travailler car il a un cœur, sa propre identité et ses croyances, un compas moral, un intellect, et bien entendu une âme.

​Qui est la femme Daname ?

La femme DANAME est une personne accomplie. Elle voyage dans et sans les mondes. Elle a sa propre boîte à outils pour choisir d’après ses expériences de vie. Elle sait qu’elle est loin d’être parfaite et elle est ok avec ça. Elle accepte et embrasse ses imperfections car elle a la paix intérieure. Elle ne se prend pas trop au sérieux car elle est consistante. Elle aime les belles choses mais elle est aussi très détendue et facile à vivre – elle est comme l’essence de DANAME, une femme de luxe tout en restant décontractée et détendue à ce sujet.

Est-ce que le monde serait meilleur s’il y avait plus de femmes dans des postes à responsabilité dans les entreprises ?

C’est une question très politique pour une féministe. Je pense que vous pouvez tirer votre propre conclusion du fait que je travaille principalement qu’avec des femmes dans mon entreprise. J’aime notre côté collaboratif, nous ne prenons que très rarement des décisions seules. Nous sommes une approche collégiale. Et ce n’est pas par insécurité ou la peur de prendre la mauvaise décision mais plutôt pour arriver à une conclusion plus riche et étoffée en écoutant d’autres voix présentes.

Comment voyez-vous Daname dans 5 ans ?

DANAME dans 5 ans aura ancré son identité. La marque va évoluer organiquement en un magasin de référence à Paris et, espérons-le, entre 60 -70 points de vente de la marque. Elle va aussi évoluer dans sa notoriété avec un contact direct avec ses clientes. Elle déclinera aussi différentes catégories de produits et accessoires. Notre vœu c’est d’avoir d’étroites collaborations et de co-branding avec d’autres marques, car deux sont exponentiellement plus grands que deux. Un plus un font 1 000.

Votre collection FW 19/20 a reçu des critiques élogieuses. Pourriez-vous nous décrire l’essence du thème de la collection ?

Ma collection Hiver 19/20 consiste à réparer. Plus précisément réparer la matière et l’esprit. Le Japon a une ancienne tradition très élaborée (comme toutes les rituels japonais) de poterie. Quand un pot se brise, au lieu de le jeter comme c’est le cas dans le monde occidental, le pot est réparé. L’artisan verse de l’or dans les fissures. C’est là où la magie opère. En étant imparfait il devient plus beau et plus précieux. Je suis très attirée par cette façon de penser et ces valeurs. J’aime que les choses soient traitées avec respect. C’est ce qui nous rend plus beaux en tant qu’humains. Leonard Cohen, un bouddhiste et mon poète favori, a écrit « il y a une fissure en toute chose, c’est ainsi qu’entre la lumière ». Il voulait dire lumière divine. Je l’ai extrapolé sur la psyché humaine. Tous les humains éprouvent de la douleur de la peine. Si nous apprenons à maîtriser ces peines, nous verserons d’une façon figurative de l’or dans nos fissures, ce qui fera jaillir la lumière qui se traduira en joie, connectivité, sagesse, etc. Ceci est l’essence de cette collection. Elle rassemble mon amour pour les artisanats et son sens symbolique.

“La mode est comme un pont entre le monde et moi.”
Dana Messika

Bien que Dana Messika ait commencé sa marque de mode Daname plus tard dans la vie, pour elle c’est un avantage car elle a pu puiser dans ses expériences vécues la sagesse qui vient avec l’âge, étant devenue plus accomplie que durant sa jeunesse. La marque est sa propre réflexion.

Dana dédie cette marque à ces femmes qui se lèvent tôt, qui préparent les boîtes à repas scolaires pour les enfants, qui vont travailler, qui s’occupent des enfants, de la maison, du mari en rentrant du travail et qui vont se coucher épuisées. Ces femmes méritent de ressembler à des princesses. Si les prochaines collections Daname sont comme sa collection Hiver FW 19/20, il y aura beaucoup de princesses à travers le monde et le monde deviendra un bien plus bel endroit.