Alors que Jean-Baptiste Rudelle, président cofondateur de Criteo, annonce son retour aux commandes de l’entreprise après avoir laissé ce poste en décembre 2015 à Eric Eichmann, Forbes France a rencontré Elsa Bahamonde, Directrice Europe du Sud et de l’Est. A la tête d’une équipe de 105 salariés répartis dans cinq bureaux, la jeune directrice fait avancer l’entreprise en étant à l’écoute de ses équipes. 

Elle est arrivée chez Criteo en 2010. Employée 120. Aujourd’hui, le spécialiste français du reciblage publicitaire embauche 2800 salariés. Et Elsa Bahamonde, avait commencé sa carrière chez Vente Privée et Pixmania avait pour tâche de développer le marché espagnol. Aujourd’hui, cette franco-espagnole aux yeux pétillants et au débit de paroles chantant est la directrice générale de Criteo pour l’Europe du Sud et Europe de l’Est et à la tête du bureau de Madrid qu’elle a ouvert en 2014. Derrière elle, 105 salariés répartis dans les cinq bureaux de Madrid, Milan, Istanbul, Paris et Munich (pour la Pologne).

Son rôle, « [s’]assurer que les produits créés ont le bon ‘’go to market’’. Dans chaque pays, les besoins clients et les stratégies sont différents ». Elle fait également en sorte d’avoir les bonnes personnes capables de voir les besoins locaux. « Nos équipes produits doivent être à l’affut des besoins », ajoute-t-elle. Dans chaque pays, une personne est chargée de faire remonter les besoins et les informations du terrain.

Chasse aux cookies

Il faut dire que le cœur de métier de Criteo est chahuté par la chasse aux cookies, ces témoins de connexion, équivalent d’un petit fichier texte conservé sur le terminal de l’internaute. S’ils peuvent faciliter la navigation, ils sont surtout utilisés par les entreprises pour la publicité. Criteo a mis au point un algorithme permettant de prévoir les intentions d’achat des internautes à partir de leur historique de navigation et leur proposer des publicités ciblées.

Depuis septembre 2017 par exemple, Apple a introduit un système restreignant le suivi publicitaire via les cookies. Cotée au Nasdaq depuis 2013, l’entreprise a vu son cours chuter de 20% en décembre dernier et commence à diversifier son offre pour pouvoir rester à flots. Au point que l’entreprise vient d’annoncer que Jean-Baptiste Rudelle, président cofondateur de Criteo, revient à son poste de directeur général dès cette semaine. En décembre 2015, il prenait de la hauteur pour s’occuper de la stratégie de l’entreprise laissant Eric Eichmann aux manettes.

Taille humaine

« Nos product manager testent de nouveaux clients et nous faisons chaque mois des hackathons et des foires aux innovations pour présenter des idées », explique Elsa Bahamonde qui avoue aimer la flexibilité de l’entreprise, ainsi que chacun puisse pitcher de nouvelles idées. Constamment entre Paris et Madrid, et plus ponctuellement dans les autres bureaux, la directrice générale prend comme un challenge le fait de gérer des équipes dans cinq pays. « Criteo reste à taille humaine. J’ai un management très personnel », avoue-t-elle. Pourtant, avec le développement de l’entreprise à l’étranger, elle reconnaît que « la taille change, le temps disponible aussi. Il faut donc avoir les bons relais sur place et être très à l’écoute des équipes locales ».

Devenue cheffe à 29 ans, elle s’engage pour que les femmes « brisent le plafond de verre ». Formée en droit, binationale, dans un secteur émergeant à l’époque, elle considère que son profil atypique lui a permis de se déployer sans trop de difficulté. Aujourd’hui, elle va régulièrement dans des écoles pour inciter les jeunes filles à se lancer dans des carrières scientifiques.

Elle lance même [email protected] pour « donner accès à du mentoring à des jeunes femmes en interne pour commencer et pourquoi pas ensuite en cross entreprise ». Un engagement rendu possible selon la directrice générale, également maman de deux bambins de 4 et 5 ans, parce que Criteo l’a promue DG Espagne alors qu’elle était enceinte. « Cela a marqué le positionnement de l’entreprise et nous sommes en train de créer une charte de la diversité et de l’inclusion. »