Un traumatisme peut en cacher un autre. Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) l’élue démocrate américaine a révélé, dans un live Instagram à propos de l’attaque du Capitol, avoir été agressée sexuellement. Un nouveau tournant dans l’histoire de la libéralisation de la parole des victimes.

 

Violence sexuelle et post-traumatisme

« Je suis une survivante ». Dans un live poignant d’une heure trente sur son compte Instagram, la plus jeune élue du Congrès américain a mis en parallèle le traumatisme qu’elle a subi lors de l’attaque du Capitol avec une agression sexuelle antérieure. Prisonnière, car présente avec d’autres membres du parti dans l’enceinte du Capitol au moment de l’attaque des partisans du président sortant Donald Trump, la jeune femme a cru sa dernière heure arriver. Une réaction d’autant plus compréhensible – en plus de la violence de l’assaut qui a fait cinq morts et des dizaines de blessés –  que la jeune femme murée dans les toilettes était en état de stress post-traumatique qui la faisait revivre son agression sexuelle : « Quand je traverse un traumatisme, les anciens traumatismes s’aggravent ». 

 

Le pouvoir des réseaux sociaux 

La trentenaire, dont le parcours politique faisait déjà figure d’exemple pour toute une génération, a décidé de s’exprimer publiquement afin de faire taire tous celles et ceux qui lui suggéraient de « passer à autre chose ».  A la manière d’un confessionnal, le live de la député, face caméra, les yeux rougis et la voix étranglée par l’émotion, tranche avec la réserve habituelle des politiciens. On assiste à la révélation d’une femme qui pourrait être notre amie, notre sœur, notre fille… Dans la vidéo qui a fait plus de trois millions de vues, elle a indiqué que son histoire « n’était pas la seule ni la principale de ce qu’il s’était passé le 6 janvier ». C’est le cas notamment pour 10% des femmes et 5% des hommes qui ont été victimes d’agression et qui restent emprisonnés dans leur souvenir et revivent sans cesse leur calvaire.

Sa maîtrise des réseaux sociaux, qui l’avait déjà beaucoup aidée à se faire élire au Congrès, apporte également un éclairage sur une évolution de la communication en politique. “AOC”, comme beaucoup sa génération, refuse de rester silencieuse sur ses opinions politiques comme sur son identité, et utilise depuis longtemps les réseaux sociaux et médias traditionnels pour parler de ses expériences et ses idées. Une force qui peut s’apparenter à une menace pour les structures de pouvoir traditionnellement blanches et patriarcales dont elle n’est pas issue. Figure de proue de l’aile gauche des démocrates au Congrès et née d’une mère portoricaine, il ne lui en faut pas plus pour être considérée comme une véritable adversaire pour les républicains américains. En attendant, sa révélation publique sur les réseaux sociaux a largement été saluée pour son courage et son honnêteté. 

 

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