Chez Allo Resto depuis dix ans, comme responsable Grands Comptes puis de la communication interne & culture d’entreprise, Nathalie Forestier est depuis  2016, « Responsable du Bonheur » : un poste qu’elle a sollicité auprès de son directeur Gilles Raison dont la mission est le bien-être en entreprise.

Quelle a été la genèse de ce poste de « Chief Happiness Officer » ?


Allo Resto, du groupe Just Eat, est une société qui a des valeurs et pour qui la bienveillance est un mot clé. J’ai intégré l’entreprise il y a dix ans et en 2015, suis passée responsable de la communication interne et de la culture d’entreprise. Faire en sorte que les salariés soient heureux d’aller au travail était l’une de mes préoccupations principales en tant que déléguée du personnel que j’étais aussi. J’organisais pour cela pas mal d’événements en interne jusqu’au jour où une amie me fait passer un article sur le métier de Chief Happiness Officer. Cette initiative personnelle cadrait bien à la dynamique d’Allo Resto qui est une entreprise sympa où l’on travaille beaucoup. Mon directeur et DG d’Allo Resto dont je dépends, Gilles Raison a approuvé et ainsi est né en 2016 ce poste.

Quelles sont les valeurs d’Allo Resto?

Work hard and play hard. La bienveillance, le vivre ensemble, la convivialité, l’écoute et le dialogue sont nos valeurs essentielles. Et nos valeurs valent aussi bien en interne avec nos managers et salariés qu’en externe avec nos fournisseurs et partenaires.

Etre « responsable du Bonheur » : en quoi cela consiste-t-il ? 

La Direction attend de moi principalement qu’Allo Resto soit une entreprise où il fait bon travailler. Cela se traduit par un équilibre entre l’épanouissement du salarié dans le cadre de sa mission et la convivialité au sein de l’équipe.

Mon rôle est d’être à l’écoute, d’être empathique, de faire en sorte qu’il y ait une cohésion d’équipe, de favoriser la convivialité et le vivre ensemble. Il y a une mission de communication interne d’une part et d’autre part l’organisation des événements en interne afin de favoriser la cohésion et le bien-être des collaborateurs.

Quelles sont les actions que vous avez mises en œuvre pour le « Bonheur au travail » ?

Tout ce qui va permettre de favoriser le lâcher priser et le bon vivre ensemble. Notre grand espace de détente aménagé dans nos locaux permet d’organiser des séances de ping pong, des conférences, d’agrémenter des pauses déjeuner…

Une fois par mois, nous fêtons les anniversaires, proposons un cours de yoga toute les deux semaines,  un coach sportif vient une fois par semaine… Nous avons aussi 7 collaborateurs indépendants nos « Jambassadeurs » à qui nous donnons un budget mensuel  et ils organisent à leur guise. Ce mois ci ce sera la découverte du Yoga du rire !

Vous favorisez aussi , et surtout, le dialogue entre la direction et le personnel…

Oui. Nous avons une direction très ouverte et notre DG Gilles Raison n’est pas le genre de patron qui s’enferme dans son bureau ! Nous avons la boîte à questions lors des sessions open hours où tous les deux mois, ces questions venant du personnel sont adressées à notre DG Gilles Raison, qui n’en prend connaissance que sur le moment.. Cela permet de briser les rumeurs, d’empêcher le mal être de s’installer. Et çà cultive la transparence, la confiance, le dialogue  et la convivialité : des éléments clés pour le bien vivre et le vivre ensemble.

Quelle interaction avez vous en tant que Chief Happiness Officer avec les managers et RH ?

Je dépends directement du DG Gilles Raison et dans le cadre de ma mission, je suis en relation constante avec les managers afin de prendre notamment la température de l’équipe. Et en relation étroite avec le responsable RH car ensemble, nous nous chargeons de l’intégration et de l’accueil des nouveaux collaborateurs. L’intégration est un volet important de mon rôle de CHO car en peu de temps, je souhaite que le nouveau venu se sente chez, dans l’entreprise comme s’il y était depuis des mois.

Comment mesurer l’impact de ces méthodes  de Bien être au travail sur les entreprises ?

Allo Resto enregistre une croissance à deux chiffres ce qui veut dire que les gens sont bien et aiment bien cette boîte. Les enquêtes de satisfaction que je fais en interne le révèlent aussi. Et enfin, nous sommes dans le palmarès français « Great place to work » des entreprises où il fait bon travailler. Un palmarès  qui se fait tous les ans et repose sur deux évaluations : la satisfaction des salariés et ce qui est mis en place pour leur bien être.

La newsletter est une opportunité de dialogue pour les employés : c’est-à-dire ?

Le dialogue est l’un de mes leitmotiv, avec la reconnaissance, et dans la newsletter mensuelle, diffusée en interne, c’est l’occasion de mettre n avant les collaborateurs et de faire circuler les informations.  Chacun communique sur  ses réalisations par rapport aux objectifs globaux et définit son propre objectif.

La fonction de « Chief Happiness Officer » explose : pourquoi ?

Car les phénomènes de burn-out et bore-out exposent et qu’il ne faut pas nier le mal-être au travail qui existe dans de nombreuses entreprises ! Et si nous parlions de nos conditions de travail avec optimisme ?

De nouvelles pratiques managériales faisant la part belle à l’expression et l’épanouissement du collaborateur se dessinent enfin ! Il y a actuellement une prise de conscience pour certaines entreprises de mettre l’humain à nouveau au centre de leurs préoccupations. L’influence de la génération Y n’y est peut-être pas étrangère. Les talents de cette génération veulent être reconnus, que leur mission ait un sens et que l’entreprise leur accorde sa confiance.

Il y a également un intérêt grandissant pour le métier de CHO. Faisons en sorte que ce métier se développe sous deux aspects : la prise en compte le bien-être des salariés et la mise en place de pratiques managériales innovantes, qui favorisent l’épanouissement du salarié. La convivialité et l’entente au sein d’une équipe seront facilitées si le collaborateur est épanoui dans sa mission.

Quelles qualités faut-il avoir pour être CHO ?

Il faut être altruiste, à l’écoute des autres pour bien cerner leurs attentes et dynamique. Mais surtout, il doit être positif, optimiste, pour arriver à transmettre le bonheur aux autres. C’est un poste-clé parce qu’il permet non seulement de souder les équipes mais aussi de renforcer et de faire vivre au quotidien les valeurs de l’entreprise. C’est d’autant plus important que nos équipes sont jeunes et que la génération Y accorde beaucoup d’importance à son environnement de travail.

Existe-t-il une formation ?

Non car c’est un ensemble mais il existe e Club des CHO, présidé par X , l’un des co-fondateurs du site loptimisme.com. Une fois par mois on se réunit entre confrères et c’est l’occasion d’échanger sur ce nos pratiques, ce que l’on constate, comment on peut faire bouger les choses en entreprises pour que le Bonheur au travail devienne la norme et non pas un sujet de débat !