Un milliard de personnes seront confrontées à une chaleur potentiellement mortelle si le réchauffement de la planète dépasse les 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels. C’est le constat réalisé par le service national britannique de météorologie (Met Office) durant la COP26 de Glasgow le 9 novembre. Or, tous les scénarios prévoient que le seuil des +1,5 °C sera franchi d’ici 2040, à moins de réduire rapidement et profondément les émissions de carbone.


 

Selon les scientifiques du Met Office, le réchauffement climatique entraînera une combinaison de chaleur et d’humidité potentiellement mortelle pour un milliard de personnes. Si le réchauffement de la planète dépasse les 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, 15 fois plus de personnes seront confrontées au stress thermique.

Actuellement, quelque 68 millions de personnes dans le monde font face à un stress thermique extrême, selon les recherches du Met Office. Les chercheurs ont également pu déterminer où dans le monde la température humide dépassera les 32 °C durant au moins 10 jours par an d’après différents scénarios de réchauffement.

La température humide mesure l’interaction entre la chaleur et l’humidité pour évaluer la température maximale que le corps humain peut supporter. Au-delà d’une température humide de 35 °C (soit la combinaison d’une chaleur de 46 °C et d’une humidité de 50 %), le corps humain ne peut plus se refroidir grâce à la transpiration, entraînant un épuisement dû à la chaleur, des lésions organiques et, finalement, la mort.

Si les efforts visant à réduire le changement climatique échouent et que les températures augmentent de 4 °C par rapport aux niveaux préindustriels, « le risque de chaleur extrême pourrait toucher de vastes étendues de populations sur la plupart des continents », avertit Andrew Hartley, responsable des impacts climatiques au Met Office.

Selon ce scénario, près de la moitié de la population mondiale pourrait être confrontée à un stress thermique extrême.

La plupart des régions du monde devraient faire face à un tel stress thermique. Cependant, les pays tropicaux comme l’Éthiopie, le Brésil et l’Inde seraient les plus touchés et risqueraient d’être confrontés à toute une série de risques liés au climat, notamment des inondations, des périodes de sécheresse et des incendies de forêt, a ainsi déclaré Andy Wiltshire, responsable du cycle du carbone terrestre au Met Office.

D’après Andy Wiltshire, des réductions rapides des émissions de carbone sont nécessaires pour « éviter les pires conséquences d’un changement climatique non maîtrisé. »

En août dernier, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a affirmé que le réchauffement de la planète était dû à l’activité humaine. Selon le rapport du GIEC, une partie du réchauffement climatique (1,1 °C) est imputable aux gaz à effet de serre émis depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Afin d’éviter un scénario catastrophe, les experts ont convenu que le réchauffement de la planète devait être limité à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Ce seuil est la pierre angulaire de l’Accord de Paris sur le climat et le principal sujet de discussion à la COP26. Selon un récent rapport de l’ONU publié avant le sommet sur le climat, les efforts insuffisants déployés pour réduire les émissions de carbone font que le réchauffement de la planète est en passe de dépasser les 2,7 °C.

Entre 1998 et 2017, au moins 166 000 personnes sont décédées à cause des canicules selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont plus de 7000 personnes durant la seule canicule de 2003 en Europe.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Robert Hart

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