La vie extraterrestre pourrait être en train d’évoluer sur certaines des exoplanètes les plus proches de notre système solaire, selon des scientifiques de l’Université Cornell à Ithaca, New York. Leur preuve ? C’est nous.

Il a toujours été présumé que les niveaux élevés de rayonnement présents sur de nombreuses exoplanètes semblables à la Terre découvertes jusqu’à présent empêchent la présence de vie. Cette théorie vient néanmoins d’être démantelée par de nouvelles recherches publiées dans la revue scientifique Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

Dans l’essai « Lessons from Early Earth : UV Surface Radiation Should Not Limit the Habitability of Active M Star System », il est stipulé que toute vie sur Terre a évolué à partir d’espèces ayant prospéré pendant une ère de niveaux de rayonnement UV beaucoup plus élevés. Alors pourquoi pas la vie sur d’autres planètes ?

Cela soulève une autre question : l’évolution de la vie nécessite-t-elle des niveaux élevés de rayonnement ?

Le cas de Proxima-b

Proxima-b, la planète la plus semblable à la nôtre, située à seulement 4,24 années-lumière de notre système solaire, reçoit 250 fois plus de rayons X que la Terre. Elle pourrait également subir des niveaux mortels de rayonnement ultraviolet à sa surface. Cependant, puisque les humains ont évolué à partir d’espèces qui ont survécu à un bombardement encore plus important sur Terre il y a quatre milliards d’années, les auteurs soutiennent qu’il n’y a aucune raison de croire que Proxima-b ne supporte pas la vie.

Qu’ont découvert les chercheurs ?

Pour prouver que si la vie sur Terre a évolué, elle peut également le faire sur les exoplanètes, les chercheurs ont modélisé les environnements UV de surface des quatre exoplanètes les plus proches de la Terre qui sont potentiellement habitables : Proxima-b, TRAPPIST-1e, Ross-128b et LHS-1140b. Ils les ont ensuite comparés aux niveaux de la Terre tout au long de son évolution géologique et ont évalué les taux de mortalité à différentes longueurs d’onde UV des organismes extrémophiles. Ils ont constaté que toutes les longueurs d’onde du rayonnement UV ne sont pas aussi dommageables. Leur modèle montre également qu’à mesure que la minceur de l’atmosphère et les niveaux d’ozone diminuent, les rayonnements UV plus chargés atteignent le sol. Si l’on juge de l’habitabilité, il est donc important de penser aux niveaux d’ozone, et pas seulement aux niveaux de rayonnement.

Cependant, ils ont également constaté que même pour les planètes avec une atmosphère mince et non protectrice et celles dont l’atmosphère est pauvre en ozone, le rayonnement UV de surface demeure inférieur aux niveaux des premiers rayons terrestres, même pendant les éruptions des étoiles naines rouges (aussi appelées étoiles M) en orbite. Ainsi, n’importe laquelle de ces planètes, ou même toutes, pourrait abriter la vie, surtout si leurs espèces présentent des caractéristiques de protection comme des pigments ou la biofluorescence (que certains poissons utilisent pour absorber la lumière et l’éjecter sous une couleur différente), ou si elles vivent sous le sol, l’eau ou la roche.

Où se situent ces quatre planètes ?

Proxima-b : à 4,24 années-lumière de la Terre dans la constellation du Centaure

TRAPPIST-1e : à 39,6 années-lumière de la Terre dans la constellation du Verseau

Ross-128b : à 10,89 années-lumière de la Terre dans la constellation de la Vierge

LHS-1140b : à 40 années-lumière de la Terre dans la constellation de la Baleine

Pourquoi présentent-elles des niveaux élevés de radiation ?

Tout est dû à leurs étoiles hôtes naines rouges. Proxima-b, TRAPPIST-1e, Ross-128b et LHS-1140b sont toutes en orbite autour de petites étoiles naines rouges qui s’embrasent souvent et crachent de forts rayons UV sur leur planète. Lesdits niveaux de radiation sont connus pour endommager les molécules biologiques telles que les acides nucléiques. Ils pourraient également dévaster l’atmosphère d’une planète. Cependant, même si les niveaux de rayonnement UV que ces quatre planètes reçoivent sont plus élevés que ceux émis par notre propre Soleil, elles reçoivent beaucoup moins de rayonnement UV que la Terre il y a 3,9 milliards d’années.

« Dans la mesure où la Terre primitive était habitée, le rayonnement UV ne devrait pas être un facteur limitant l’habitabilité des planètes en orbite autour des étoiles M », explique le rapport. « Nos planètes voisines restent néanmoins des cibles intrigantes pour la recherche de la vie au-delà de notre système solaire. »