L’agence spatiale européenne (ESA) a diffusé une vidéo ce week-end, montrant l’évolution de la pollution de l’air pendant la crise du Coronavirus en Chine. On peut observer la différence du taux de pollution pendant le confinement et le retour à la normale à travers le pays. 

L’animation se base sur les données du satellite 5 P Copernicus Sentinel. Le satellite analyse les taux de NO2, dioxyde d’azote, un gaz nocif produit par la combustion des énergies fossiles, entre le 20 décembre et le 16 mars. « La chute du taux de ces concentrations, que l’on peut observer en fin janvier coïncide avec la période de quarantaine nationale », explique le rapport « et depuis début mars le taux de dioxyde d’azote est reparti à la hausse ».


Le chef de projet de l’ESA, Claus Zhener, estime que le NO2 a baissé de 40 % lors de la quarantaine. D’après les chercheurs, le NO2 réagit aux autres produits chimiques présents dans l’air pour former des particules fines. Et l’étude montre aussi qu’une baisse de la production de particules fines a eu lieu en Chine pendant la quarantaine. 

« En combinant des observations satellites et les modèles informatiques de l’atmosphère, l’étude montre une réduction de 20 à 30 % de particules fines partout en Chine. » déclare un rapport de l’étude ce vendredi. 

Ces révélations sont d’autant plus importantes, car le dioxyde d’azote et les particules fines sont tous deux à l’origine de maladies cardiaques et respiratoires en Chine. L’EPA (Environmental Protection Agency) et l’OMS ont identifié les particules fines PM 2,5 comment étant la première cause de mortalité liée à la pollution de l’air. 

Mais ça ne s’arrête pas là. La pollution de l’air est la cause de 1,1 million de morts par an en Chine et coûte plus de 38 milliards de dollars à l’économie chinoise. C’est pourquoi, plus tôt ce mois-ci, le professeur Marshall Burke a révélé que ces deux mois de quarantaine dus au coronavirus avaient sauvé plus de 77 000 enfants et personnes âgées, seulement en réduisant l’exposition à la pollution de l’air. Par ailleurs, dans le monde, la pollution de l’air est la cause de 7 millions de morts par an.

Par ailleurs, les premières analyses ont identifié l’hypertension comme la principale maladie chronique simultanée (comorbidité) chez les patients décédés des suites de la COVID-19. Des études ont établi un lien entre la pollution de l’air, en particulier le NO2, et l’hypertension. “Respirer de l’air contenant une forte concentration de NO2 peut irriter les voies respiratoires de l’homme”, selon l’Agence américaine pour la protection de l’environnement. De telles expositions sur de courtes périodes peuvent aggraver les maladies respiratoires, en particulier l’asthme, entraînant des symptômes respiratoires (tels que la toux ou des difficultés respiratoires), des hospitalisations et des visites aux urgences.»

Le NO2 n’est pas un gaz à effet de serre, mais les gaz à effet de serre ont probablement connu une baisse similaire à celle des fermetures d’usines de volets dans le monde et de la réduction du trafic automobile.

« Puisque le dioxyde d’azote est principalement produit par le trafic et les usines, c’est le premier indicateur d’activité industrielle mondial. » explique Josef Aschbacher, directeur des Programmes d’observations de la Terre de l’ESA.

Le satellite 5 P Copernicus Sentinel surveille la pollution de l’air en mesurant les multitudes de gaz à l’état de traces et d’aérosols. La semaine dernière, l’ESA a diffusé une vidéo montrant la diminution de la pollution au-dessus du nord de l’Italie lorsque ce pays est entré en quarantaine.

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