Quand on s’intéresse à l’innovation, on s’intéresse au futur et on tente de comprendre, d’anticiper des tendances lourdes qui impacteront nécessairement nos vies, nos usages, nos valeurs à moyen ou long terme… Le challenge est de donner une cohérence entre les actions de court terme et le pari que l’on fait sur l’avenir. Nous partageons ici une idée d’action simple et citoyenne pour que le court terme (aujourd’hui) ait un impact sur le moyen et long terme (demain). Espérons qu’elle trouvera en vous un écho !

Le constat d’un avenir sombre assuré ?


Nous vivons actuellement en France les manifestations sociales d’une crise profonde nourrie depuis des décennies par la fracture sociale, les inégalités. Les politiques se suivent et se ressemblent, laissant bien souvent de côté les aspirations de nombre de citoyens qui n’ont ni les moyens ni le temps de faire entendre leur voix ou de faire pression sur leurs élus, comme savent si bien le faire tant d’autres. Si le mouvement des “gilets jaunes” est symptomatique de cette divergence de considération, d’un manque cruel d’empathie, il ne s’agit là que d’une manifestation parmi bien d’autres.

D’autres crises se profilent à court et moyen termes, dont certaines ont même été évoquées par le président de la République lors de ses voeux aux Français :

  • Crise économique : celle du système financier chaotique, ce même système qui contribue lourdement à nourrir le sentiment d’inégalité et d’injustice sociales du fait qu’il donne du pouvoir à des organismes dont l’humanisme reste à prouver tant l’intérêt commun passe bien après les intérêts tout court.
  • Crise écologique : le réchauffement climatique, encore nié par certains en dépit de toutes les manifestations et écrits scientifiques. Le climat est lui-même directement impacté par notre système économique, notre niveau de vie qui épuise les ressources terrestres. D’année en année, nous consommons davantage de matières premières sans pouvoir toutes les recycler et les réintroduire dans un cycle naturel. Le fameux « jour du dépassement » (le 2 août en 2017, le 1er août en 2018) n’a de cesse de nous démontrer une crise annoncée, mais encore trop lointaine pour permettre un réveil franc collectif.
  • Crise énergétique : les ressources énergétiques s’amenuisent : en premier lieu le pétrole dont l’extraction et l’exploitation deviennent de plus en plus coûteuses, sans pour le moment qu’on ne puisse le substituer en totalité par d’autres sources, et encore moins par des ressources renouvelables.
  • Crise de l’information : avec l’essor du numérique, les canaux d’informations se multiplient. La course aux clics et la diminution du « temps de cerveau disponible » encouragent les contenus courts, les raccourcis, les fausses informations. L’impact des « fake news » est désastreux et seule l’éducation sert de rempart assuré pour encourager le sens critique des citoyens. La réglementation est encore faible et les lobbies là aussi ne permettent plus de s’assurer à coup sûr une information impartiale, alimentant plus encore le complotisme.
  • Crise du lien : le numérique a décuplé la vitesse des opérations de notre société. Tout va vite et de nombreux liens sociaux d’antan ont été remplacé par des échanges à distance, provoquant une perte de lien social, une déconnexion du vivre ensemble. Cette déconnexion a fortement terni le sentiment de groupe et de collectivité citoyenne, a renforcé les individualismes ou l’évolution en petits groupes un peu plus fermés, centrés autour d’intérêts communs. Cette tendance nuit également au développement de l’empathie et de la compréhension des différences qui existent naturellement dans toute société. Nous avons perdu le goût de prendre du temps pour le collectif, bien que nous voyons bien le plaisir que procure le rassemblement sur des événements fédérateurs (Coupe du monde, manifestations…). Le tout alimente de plus belle les crises évoquées précédemment.

 

Une synergie qui travaille à la déroute de nos sociétés

La liste n’est certainement pas exhaustive. Toutefois, le point important, quel que soit l’avis des uns et des autres sur chacune de ces « crises », est que toutes ces tendances lourdes agissent en synergie et à un niveau mondial. Elles s’alimentent ainsi les unes les autres, présageant ainsi que si l’une d’elles survient avant les autres, elle entraînera inévitablement dans sa suite de nombreux phénomènes critiques qui impacteront notre petit confort quotidien. Mais comme nul ne saurait dater l’événement ou ne saurait dire s’il arrivera d’un bloc ou de façon diffuse sans que l’on ne le remarque, à force d’habitude, la réaction est difficile. Tout ceci est pourtant connu de tous, et encore davantage des gouvernements qui ne peuvent les ignorer, mais peuvent choisir de les occulter. La réaction n’est finalement permise que lorsque nous avons le dos au mur et l’attitude privilégiée reste encore le « ça passe ou ça casse ».

 

Comment réagir ? Comment oeuvrer à des solutions de transition pour une meilleure adaptation à ces changements annoncés ?

Il est étonnant par exemple que, compte tenu de toutes ces dimensions critiques à intégrer dans les choix nationaux et globaux, nos gouvernants ne semblent pas opter pour des plans d’action “à tiroirs”. Nous entendons par là qu’ils conviennent souvent de plans quinquennaux sur lesquels ils communiquent à peine, alors que notre monde se transforme quasiment d’un mois à l’autre. Cela implique nécessairement de réviser la stratégie de développement des pays et des systèmes qui les gouvernent de façon plus souple, plus réactive, et même de façon proactive. Pour ce faire, plutôt que d’avoir un unique plan A et de perdre du temps à réfléchir aux amendements et avenants, il serait sans doute utile d’envisager des plans B, C, D en intégrant différents niveaux de scénarios. Il est plus simple de s’accorder avant qu’une crise ne survienne plutôt que dans l’urgence de la crise ou a posteriori. Arrêtons de piloter à vue et tentons d’anticiper davantage les différentes hypothèses d’évolution.

Notre monde est devenu complexe. Chaque décision impacte d’autres dimensions et de façon difficilement prévisible. Il est également difficile, compte tenu du tempo de nos sociétés, d’assurer une information, voire une éducation, sérieuse et pertinente des citoyens car le temps de la décision, de l’information et de l’apprentissage est bien plus long que l’occurrence des évolutions auxquelles il faut faire face. Cette complexité, nous y répondons par un phénomène de plus en plus fort de spécialisation, si bien que pour traiter d’un problème dans sa complexité, il faudrait à chaque fois pouvoir réunir les expertises de centaines de spécialistes, et parvenir à les amener à un consensus d’action.

 

L’intelligence artificielle à notre secours ?

A ce niveau, l’intelligence artificielle serait une énorme promesse. Mais là encore pour qu’elle soit légitime et pertinente, il faudrait que tous ces experts y travaillent de concert. Force est de constater que ce n’est pas le cas. Développer une réelle intelligence artificielle d’aide à la décision sociétale devrait intégrer toute cette complexité tout en assurant une forme d’impartialité dont l’humain est par définition bien incapable puisqu’il est acteur du monde et ne s’accorde pas sur ce qu’est le bien commun. Un préalable serait donc que l’humanité s’accorde sur la direction à prendre et les valeurs à sauvegarder. Quand on voit la difficulté et le temps qu’il faut pour ne serait-ce que faire intégrer les Droits de l’Homme ou de l’Enfant, nous pouvons sincèrement nous interroger sur notre capacité à aboutir à un tel résultat, sans douleur.

 

Proposition : des lunettes de soleil pour faire bouger les lignes et pousser nos gouvernements à ouvrir les yeux

Nous pouvons faire des plans sur la comète et espérer d’être sauvé par la technologie, Dieu ou les extra-terrestres, mais avouons que se reposer sur cette espérance relève du pari incertain. Aujourd’hui chacun agit, ou non, selon ses convictions, ses croyances. Certains vont poursuivre l’Etat en justice avec au moins 2 millions de signatures accumulées pour les soutenir. Nombre de personnes se sentent toutefois résignées devant l’ampleur de la tâche. Il est donc tentant de se laisser porter par le flot quotidien en se disant que quelqu’un prendra bien la décision pour nous. Faisons-confiance en l’Homme.

Nous proposons, à l’instar des “gilets jaunes” qui affublent un accessoire très répandu au service d’une cause sociale, de chausser nos plus belles lunettes de soleil, par tout temps, pour alerter sur notre désir de voir venir des réponses sur les crises majeures que nous connaissons.

 

Des lunettes pour la planète ? Quelle symbolique ?

Les verres noirs nous montrent un monde plus sombre face auquel il s’agit d’agir avant qu’il ne survienne.

Voir le monde comme il est, c’est enlever ses lunettes (notre prisme d’appréhension du monde qui nous entoure), se défaire de nos croyances et préjugés pour tenter de regarder notre société avec des yeux neufs, les yeux de l’historien, de l’économiste, du climatologue et de l’ethnologue de demain.

Chausser nos lunettes, c’est envoyer le message à nos élus, à nos décideurs, aux lobbies, qu’il est temps d’agir, de dépasser nos intérêts court-termistes, d’être responsable, de montrer que tout ceci nous préoccupe en tant que citoyen, et que nos lunettes ne suffiront pas à fermer les yeux ou nous protéger du réchauffement climatique.

Chausser nos lunettes de soleil c’est aussi un signe d’espoir pour des jours plus lumineux.

Alors à vos lunettes ! Changez vos photos de profils sur les réseaux sociaux en mettant vos plus belles lunettes de soleil ! Portez vos lunettes de soleil dès que vous sortez, sur le nez, sur la tête, à votre poche… Incitez votre entourage à faire de même ! Communiquez sur votre initiative pour que nous parvenions à nous faire entendre de façon positive, mais marquante !

C’est à la portée de tous.

#DesLunettesPourMaPlanète