Alors que s’ouvre la COP24, ou Conférence des parties à la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ce 2 décembre à Katowice en Pologne, quels sont les métiers du développement durable (DD) et de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) les plus recherchés par les grandes entreprises ?

Si quelques gilets verts, en signe de défense de l’environnement, sont apparus à la marge sur les réseaux sociaux, la couleur dominante de cette fin d’automne semble être le jaune. Au point d’invisibiliser la COP24, ou Conférence des parties à la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui s’est ouverte ce 2 décembre à Katowice en Pologne. Pourtant, les entreprises sont à la recherche de profils écolo et responsables. 

« Il y a eu un effet COP21 », constate Caroline Renoux, fondatrice en 2010 du cabinet Birdeo et chasseuse de têtes spécialisée dans les métiers du développement durable, de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et de l’économie sociale et solidaire (ESS). Souvenez-vous : fin novembre-début décembre 2015, Paris accueillait la 21ème Conférence sur le climat. La COP21 se clôturait alors sur un accord international signé par l’ensemble des pays participants. « Depuis, la tendance à recruter ces profils à impact positif est très forte que ce soit pour être en accord avec la réglementation, mais aussi parce que les salariés et les consommateurs sont en demande. » Mieux consommer, insuffler du sens dans son activité professionnelle et ses achats, et travailler pour des entreprises qui se soucient du respect de la planète et de chaque maillon de la chaîne.

Pour Forbes France, Caroline Renoux dresse une liste non exhaustive des métiers les plus recherchés par ses 70 clients en 2018.

  • Responsable filière responsable : Son rôle est de transformer les filières telles que l’agroalimentaire, le luxe (…) et faire en sorte que la production et l’extraction de la matière première impactent le moins possible l’environnement, mais aussi que les communautés locales soient correctement traitées et rémunérées. En exemple, Caroline Renoux donne Danone dans l’agroalimentaire et Guerlain dans le luxe comme ayant mis en place des contrôles et des processus et entraîné dans leur sillon d’autres entreprises de leur secteur respectif. « De formation ingénieur agronome pour l’agroalimentaire, la personne devra également avoir une expérience de terrain pour une approche complète de ce métier qui nécessite à la fois d’identifier les bons partenaires, démarcher les fournisseurs… » Selon la chasseuse de tête, les grands groupes sont particulièrement en demande.
  • Analyste financier spécialisé : « aujourd’hui, de plus en plus d’investisseurs souhaitent connaître l’impact social et environnemental d’une entreprise avant de s’engager. » Le rôle de l’analyste financier sera alors de mettre en lumière les démarches de RSE, de développement durable, et l’impact global d’une société. « Le salaire, selon l’expérience et la structure, peut varier entre 50 et 80 000 euros par an. »
  • Responsable transition énergétique : « C’est un profil très expérimenté avec déjà 10 à 15 ans de carrière », souligne Caroline Renoux qui estime la fourchette salariale entre 80 et 130 000 euros par an. Son rôle est de « créer des offres permettant aux entreprises d’engager la transition énergétique ». Si le métier était prisé des grands groupes industriels, la chasseuse de tête vient de placer un profil de ce type chez BNP Paribas.
  • Chef de projet économie circulaire : « la demande provient des pôles de compétitivité qui regroupent universités, entreprises et laboratoires autour d’une même thématique. Ils travaillent notamment avec les collectivités locales qui souhaitent mettre en place des projets d’économie circulaire. » Selon la spécialiste, les compétences requises pour ce poste sont notamment de « savoir mener des projets transverses et jongler avec une multitude d’acteurs très différents ». Un bagage technique est souvent souhaité. Et le salaire espéré sera entre 50 et 80 000 euros par an.
  • Chef de projet marketing responsable : « C’est un métier sous tension ! », explique Caroline Renoux. Il faut créer des offres prenant en compte l’environnement et le social. Petit problème, « un profil associant marketing et RSE est très rare, j’ai un mal fou à trouver de bons candidats ».

Vraie demande ou tendance à profiter d’une vague verte ? La fondatrice de Birdeo constate qu’ « une frange des entreprises qui ne s’intéressaient pas au sujet jusqu’à présent, les PME et ETI notamment, s’y plonge avec intérêt ». Nombre d’entre elles vont alors faire appel à un freelance pour débroussailler le sujet ou embaucher un salarié à la double casquette RH et RSE. Elle constate l’existence de trois types de structures : « Quelques-unes veulent juste cocher les cases pour pouvoir répondre à des appels d’offre de grands groupes ou de collectivités, leur démarche n’est alors pas poussée. D’autres petites entreprises sont ancrées dans le territoire et leurs patrons souhaitent aller plus loin. Enfin, il y a ceux qui considèrent qu’avoir une démarche responsable est un facteur différenciant. » Sur ce dernier point, cela tombe bien, les salariés sont à la recherche de sens et d’engagement

Dernier élément à considérer pour se lancer dans ces nouveaux métiers, les salaires. « Ils sont à la hausse et le marché des cadres se porte bien », souligne Caroline Renoux. « Ces secteurs se professionnalisent donc les salaires suivent. »  

A consulter avant de postuler, les 100 entreprises responsables du réchauffement climatique.