Lors du sommet du G20 de la semaine dernière, Donald Trump a une nouvelle fois pris ses distances avec l’accord de Paris sur le climat, pourtant signé par non loin de 200 pays. Si le président américain a tenté de dissoudre l’accord en question en s’adressant aux chefs d’État présents à Osaka, 19 pays ont néanmoins réaffirmé leur engagement.

À ce propos, la communauté internationale considère le changement climatique comme un défi collectif : de nouveaux investissements dans les technologies vertes pourraient créer des emplois et amener une prospérité générale, un point de vue en contradiction directe avec celui du président Trump. Celui-ci considère en effet le changement climatique comme une fake news, ou infox, et estime que les solutions proposées par l’accord de Paris ne serviront qu’à détruire des emplois. Donald Trump cherche également à détruire tous les accomplissements de son prédécesseur, des soins de santé à l’urgence climatique. Les règles empêchent pourtant les États-Unis de se retirer de l’accord de Paris avant 2020.


L’ancien vice-président Joe Biden a déclaré lors du débat démocrate de la semaine dernière : « Selon moi, vous sous-estimez ce que Barack Obama a accompli. Il a été le premier homme à rassembler le monde entier, 196 pays qui se sont unis pour s’engager à lutter contre le réchauffement climatique ».

Les climatologues craignent que les hausses de températures prévues pour ces prochaines années ne dépassent les objectifs fixés par les accords de Paris en 2015. Ces augmentations devaient être maintenues « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels », mais les experts craignent que ces plafonds ne soient dépassés, avec des hausses de température jusqu’à 4 ou 5 ° C.

Les convictions de Donald Trump ne sont aujourd’hui plus d’actualité, et le président américain ne devrait pas minimiser les risques du changement climatique. Selon la Energy Information Administration, la production d’électricité renouvelable a dépassé celle au charbon pour la première fois aux États-Unis en avril. L’agence a déclaré : « Ce résultat est le fruit de facteurs temporaires, mais également d’une augmentation à long terme de la production d’électricité renouvelable face au charbon ».

Au mois d’avril dernier, les sources d’énergie renouvelables (énergies solaire, éolienne et hydraulique) représentaient 23 % du mix énergétique aux États-Unis, contre 20 % pour le charbon. De plus, environ 15 000 mégawatts de capacité de production solaire et éolienne ont été mis en service en 2018, alors que 47 000 mégawatts d’énergie au charbon ont été mis hors service depuis 2015 (on attend 4 000 mégawatts de plus cette année). Les services publics n’envisagent plus de construire des centrales à charbon, et des entreprises américaines s’efforcent de fermer toutes leurs installations de production au charbon entre 2030 et 2050.

À cette fin, le groupe américain Xcel Energy s’est engagé à produire toute son électricité à base d’énergie verte d’ici 2050, avec un seuil de 80 % dès 2030. Les États de Californie, Hawaï, New York, du Nouveau-Mexique, ainsi que Porto Rico, ont pour leur part défini des objectifs d’énergie propre à la moitié du siècle.

Les États-Unis sont parvenus à réduire leurs émissions globales ces dernières années, tout en multipliant le nombre d’emplois dans les technologies propres. De son côté, Donald Trump n’a pas su tenir sa promesse d’un retour de l’industrie du charbon et des emplois connexes.

Sur notre continent, l’Union européenne vise 32 % d’énergies renouvelables d’ici 2030. En Allemagne par exemple, l’institut Fraunhofer-Gesellschaft estime que le pays doit encore importer du charbon pour répondre à la demande en électricité, d’autant plus qu’il prévoit de fermer toutes ses installations nucléaires d’ici 2022. Pour la société d’analyse GlobalData, les énergies renouvelables devraient pouvoir combler une grande partie de ce déficit énergétique, et devraient représenter 70 % du mix énergétique allemand d’ici 2030. En 2018, l’énergie verte représentait 40 % de l’électricité produite en Allemagne, un bond en avant pour le pays qui souhaiterait atteindre le seuil de 65 % en 2030.

Les États-Unis courent donc le risque d’être laissés pour compte. Le slogan « America First » équivaut pour la question des énergies renouvelables à une capitulation. Outre Atlantique, la légitimité du pays en tant que leader mondial est en tout cas remise en question.