Pendant trois jours, les « puissances régnantes » de l’économie mondiale (et surtout celles en devenir) prennent leurs quartiers Porte de Versailles pour la troisième édition du salon VivaTech. Inauguré ce jeudi matin par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, cette nouvelle mouture a pour ambition de consolider les positions de la France au firmament de la « Tech » mondiale.

« La France est la nouvelle porte de l’Europe. Venez ! ». Une « injonction » signée Emmanuel Macron à destination de tous les acteurs internationaux du numérique lors de l’ouverture, ce jeudi matin, de la troisième édition du salon VivaTech, rendez-vous désormais incontournable de la « Tech » mondiale. Accueilli par Maurice Levy (Publicis) et Bernard Arnault (LVMH), tous deux parties prenantes de ce « grand raout », le président de la République s’est lancé dans un plaidoyer vantant les atouts de la France, figure de proue d’un nouveau modèle européen de développement de l’économie numérique. Tout un programme… décliné par le chef de l’Etat en personne. « Ni le modèle américain, où la régulation n’est pas soutenable faute d’implication politique, ni le modèle chinois de surrégulation ne permettront aux entreprises de répondre aux nouveaux défis, notamment éthiques ». Et d’ajouter, fort de ce postulat : « Faisons de ce pays la nouvelle porte d’entrée pour cette nouvelle régulation ».  Succès garanti. En attendant que la France ouvre « sa » porte, celles du Parc des Expositions de la Porte de Versailles étaient prises d’assaut ce jeudi matin par une foule – professionnels, intervenants, journalistes, seul ce samedi 26 mai est ouvert au grand public – désireuse d’échanger avec ceux qui font ou feront l’économie de demain.

Sans surprise, une fois la foule bravée,  la « mascotte officieuse » des lieux, le fameux robot Pepper, et ses condisciples vous accueillent. Pepper, toujours armé de son sourire bienveillant, garde sa volonté « d’échanger » avec les badauds qui se pressent autour de lui. La recette, certes un brin éculée, est toujours efficace au regard du nombre de personnes désireuses de partager un selfie avec l’androïde. Si la foule est au rendez-vous, la circulation demeure néanmoins facilitée par le gigantisme des lieux, même si, comme de coutume depuis maintenant deux ans et trois éditions, certains « stands » appâtent davantage le chaland que d’autres. Au rang « d’incontournables », citons pêle-mêle nos « champions français », Orange, LVMH, ou « européens » comme Airbus, sans oublier les américains Google et Facebook.  D’autres, en revanche, ont déployé des trésors d’ingéniosité pour attirer les curieux. Jusqu’à parfois sombrer dans le « cliché » en mettant en exergue la « panoplie du parfait start-uppeur » avec baby-foot et bonbons Haribo à volonté. Notons également la déclaration d’amour mièvre d’un grand groupe de transports à l’égard de ces jeunes pousses.

L’Afrique à l’honneur

Mais la diversité et la richesse des acteurs présents permettent fort heureusement de reléguer ces stratégies de communication plus ou moins heureuses au rayon des souvenirs et des sourires, comme ceux qui ornent la plupart des visages. Concernant maintenant les bonnes surprises, soulignons « l’internationalisation » des lieux avec pléthore de stands dévolus à des nations qui, depuis quelques années, ont développé avec une certaine maestria un écosystème florissant. Le continent africain est particulièrement mis à l’honneur lors de cette nouvelle édition, avec d’éminents représentants comme le Maroc, l’Afrique du Sud ou encore le Rwanda. D’ailleurs, Paul Kagame, président du Rwanda mais également  de l’Union africaine devait être reçu, ce jeudi, par Emmanuel Macron. Au total, ce sont plus d’une centaine de start-up du continent africain qui ont investi les lieux.

Un joli contingent au regard des 1 800 jeunes pousses exposantes. Mais la France dispose également de brillants fantassins en la matière, comme SeaBubbles – ces fameux taxis volants qui, après moult péripéties dues aux lourdeurs administratives, effectuent actuellement des tests sur la Seine et qui avaient déjà séduit Emmanuel Macron en 2016, lors de la première édition de VivaTech. Bravache, celui qui n’était alors que « simple » ministre de l’Economie assurait vouloir équiper les services des douanes de deux véhicules estampillés SeaBubbles. Une doléance qui restera lettre morte, le futur chef de l’Etat s’attirant, au passage, les foudres de ses collègues de Bercy, Christian Eckert et Michel Sapin, qui lui avaient rappelé que les services de douanes relevaient du champ d’action du ministère des Finances, leur prérogative.

« La France change à une vitesse folle »

Autre « pépite » de l’écosystème hexagonal, Ametix, spécialiste de la transformation digitale menée par le trio Vincent Klingbeil, Stéphane Boukris et Patrick Brunan. Une entreprise passée sous pavillon « La Poste » en mars 2017. Sans oublier, dans un tout autre registre, CorWave, architecte d’un implant cardiaque d’un genre nouveau qui permettrait de réduire drastiquement les effets secondaires chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque. Des start-up aux profils divers et variés qui attestent de la vitalité d’un écosystème français en perpétuel mouvement. « La France change à une vitesse folle », a abondé Emmanuel Macron en anglais dans le texte (« France is changing like crazy »), invitant tous les chefs d’entreprise, créateurs et investisseurs à s’y implanter. « Avec 2,5 milliards d’euros levés l’an dernier par les start-up, le niveau a plus que triplé en trois ans et la France est désormais leader européen sur certains volets »,  a appuyé le chef de l’Etat. La « Start-up Nation » est définitivement sur les rails.