Mise à jour du 26/06/2018 :  ‘Le Patxaran des frères Fourt vient de décrocher l’Épicure d’or, leur patxaran de Saint-Pée coiffant, excusez du peu, un champagne et un producteur de gin. Il s’agit là d’un véritable label de qualité dans le secteur gourmet” dixit le quotidien Sud Ouest !

Selon la légende, il s’agirait de la boisson préférée des dieux basques. Une légende dont on pourrait remettre en cause l’objectivité, puisque la boisson en question n’est autre qu’un alcool basque, le Patxaran, un digestif anisé à la prunelle. Deux frères ont choisi de faire découvrir cet alcool méconnu des Français. 


L’entreprise « Egiazki » (traduisez par « le véritable » en basque) est inspirée du terroir basque dont les fondateurs sont particulièrement fiers. Frères jumeaux, ils se lancent dans la production de liqueurs, dont la plupart sont tombées dans l’oubli. Pour Benjamin, le déclic a lieu dans une cidrerie. Le jeune homme y réalise un stage de quatre mois. Lui et son frère Camille réfléchissent alors à l’alcool qui fait la fierté de leur région et s’étonnent de son absence sur le marché français. Alcool courant dans le pays Basques, nombreux sont ceux qui le fabriquent eux-mêmes.

 

 

Dans la commune de Saint-Pée-sur-Nivelle, où s’est établie la société, on est loin des quelques litres produit artisanalement par le doyen du village. Sur les coteaux s’étendent trois hectares de prunellier, l’ingrédient de base de leur liqueur phare, le Patxaran, un mélange obtenu en faisant macérer des prunelles dans de l’alcool anisé. Pour l’entreprise, les volumes sont modestes mais en considérable augmentation : 6500 litres la première année, 8000 litres la seconde et plus de 15000 litres cette année. « Le succès a été tel que nous n’avons pas eu besoin de démarcher. En 2017, nous nous sommes même retrouvés en rupture de stock de septembre à décembre ». La liqueur est majoritairement produite en Espagne, non loin de sa province natale. Chaque année, il s’écoule environ huit millions de litres de liqueur.

Les bars, les restaurants, hôtels et épiceries fines et les cavistes constituent leur principale cible, qu’ils livrent directement. Signe de la santé florissante de l’entreprise, ils ont recruté récemment un commercial, avec pour objectif d’étendre la vente aux particuliers. Ces derniers peuvent déjà acheter les liqueurs basques sur Internet, mais il n’y a aucun point de vente physique destiné à l’amateur de Patxaran.

 

 

Outre le Patxaran, d’autres liqueurs basques, comme le patxaka (une liqueur à base de pomme sauvage) sont sorties de l’oubli. D’autres alcools plus connus du grand public, comme la Manzana ou la Menta sont déjà commercialisés. La liqueur de Feijoa, plus étonnante, (une goyave brésilienne cultivée à st pee sur nivelle depuis plus de 35ans) s’éloigne des racines basques. « L’objectif final serait d’être auto-suffisant. Nous souhaitons également sortir trois nouvelles liqueurs par an, histoire de  varier notre offre », ajoute Camille. Les prochaines liqueurs à sortir seront à base de cassis et cerises noires. 

Pour concrétiser cette volonté, une levée de fond leur sera nécessaire. Le lieu emblématique de Saint-Pée-sur-Nivelle sera conservé, mais un second local de 500 mètres carrés doit voir le jour. « Nous agrandissons le domaine, de cinq hectares, nous allons passer à dix ! » se félicite Benjamin. Toujours en location, les vergers sont explotiés directement par l’entreprise. Les récoltes occupent un à deux mois dans l’année et sont assurées par des intérimaires.

Leur attachement à leur terroir les a menés plus loin que ce que leurs études respectives laissent présumer. Fort d’un BTS en Production Agricole, Camille a travaillé dans une banque d’affaire loin du Pays Basque. Il a été analyste financier au Maroc. Benjamin, diplômé d’une Ecole d’Ingénierie en Agriculture proche de Toulouse, a multiplié les expériences les domaines agricoles et agroalimentaires avant de finalement dévouer son énergie à l’entreprise.

 Trois ans après leur lancement, l’export vers les marchés chinois et américains les intéressent tout particulièrement. Attaché à leur valeur et à leur patrimoine, ils décident de se consacrer maintenant à plein temps à leur entreprise.

Suite au succès de la vente de leurs liqueurs, et faisant face à une forte demande, ils ont besoin d’augmenter la production par 5 en effectuant une levée de fond pour compléter leur matériel existant. Ils ont la volonté de mécaniser leur production. L’idéal pour eux serait de pouvoir trouver de l’argent basque, alors que leur tour de table est bouclé à l’international pour le moment !

Page facebook de l’entreprise Egiazki