CIC est le sponsor historique de l’aventure entrepreneurial de Damien Grimont The bridge 2017. Comment et pourquoi l’ont-ils suivi ? Rencontre à bord du Queen Mary 2 avec Laurent Metral, Directeur Général du CIC Ouest, sans qui probablement l’aventure n’aurait pas été aussi belle et réussie…

Vous êtes porteur d’un projet entrepreneurial, vous avez envie de monter de A à Z un événement, très vite se pose la question des partenaires, sponsors : à quelles portes aller frapper et que leur dire pour les convaincre. C’est la question que s’est posé le fondateur de The bridge, tout de suite après avoir obtenu l’accord des Ultimes (les 4 trimarans participants à la course) pour monter le financement de son projet fin 2014/ début 2015. Pour la crédibilité du projet, il est bon d’avoir un institutionnel à ses côtés,  qui partage les mêmes valeurs et qui pourra rebondir sur l’événement; et quand le financement nécessaire est de l’ordre de 15 M€ il est préférable d’avoir avec soi un banquier… Passer du temps à choisir ses « cibles » potentielles n’est jamais du temps de perdu ; au contraire cela permettra d’augmenter le taux de retour positif aux demandes que vous allez faire. Et cela permet aussi de mettre au clair ses idées : se confronter à leurs questionnements permettra d’approfondir son propre Business Plan.

Que recherche un institutionnel dans ses implications hors « core business » ? Deux  triptyques en réponse à cette question, basés sur ce cas exemplaire.

En premier lieu, un projet qui fait sens, développé par un porteur de projet qui sait le transcender, et aidé par la chance. Bien sûr les aspects techniques du projet doivent être parfaitement appréhendés, clairs et réalisables (même et surtout si jamais réalisé!). La différence se fera alors par le porteur de projet, et là, « tout le monde n’est pas à armes égales » comme nous l’a rappelé notre interviewé. Il faut de la passion, il faut un porteur capable de transcender  son projet et d’embarquer avec lui, contre vents et marées tous les réseaux autour de lui. C’est ce qu’a fait Damien Grimont, dès l’accord obtenu de Patricia Brochard quant à la participation des Ultimes, et depuis, les vents ont été favorables, même si on sait bien que chacun provoque sa chance, le hasard fait parfois bien les choses (la passe Joubert disponible le jour du départ grâce à la marée haute, la météo ensoleillée du jour du  départ, le salon du Bourget le même jour qui a permis à l’Airbus A380 de survoler le Queen Mary2…). Cette notion de chance nous a déjà été évoquée par Damien lui-même (NDLR cf. article Forbes The Bridge du mardi 27 juin).

 

 

Le second triptyque est basé sur des valeurs communes, porteuses de sens pour le territoire et en adéquation avec les valeurs intrinsèques de l’entreprise cible.

Ainsi Une valeur très forte de Fraternité qui a immédiatement fait sens pour la banque : fraternité dans la commémoration du centenaire avec l’Amérique, fraternité avec les familles des victimes de l’accident lors de la construction du Queen Mary 2.

Porteur de sens pour le territoire : c’est un projet né à Saint Nazaire par des hommes de voile, et malgré la couverture nationale de l’événement, bon nombre d’entreprises présentes sur le Queen Mary 2 sont bretonnes ou vendéennes. Le retour du Queen Mary 2 au port de St Nazaire est une fierté pour les nazairiens, et cela a parlé immédiatement au directeur Général du CIC Ouest, qui est allé porter le sujet au niveau national pour la couverture médiatique, mais il reste la personne impliquée en cocréation de l’évènement.

 

 

Enfin, quand on évoque les valeurs intrinsèques de l’entreprise, le CIC signifie Crédit Industriel et Commercial : c’est la banque qui a été créée pour le financement des industriels, aujourd’hui entrepreneurs. Le Club des 100 étant ainsi le cœur de cible de cette entreprise, sa participation est apparue comme une évidence.

Ce cas est riche d’enseignement car lorsque l’on connait l’histoire de ce projet, et l’aversion  des banquiers au risque, cette association n’avait rien d’évident. Et pourtant, elle a été l’élément fondateur pour la suite du projet. Avec un institutionnel à ses cotés, d’autres partenaires s’engagent plus facilement, et avec un banquier au tour de table, la problématique du Besoin de financement était de facto réglé (le CIC a financé la crédit d’exploitation du projet).

Et pour la banque qu’en retirer : une participation a un projet qui est la fierté de son territoire, bien sûr du business avec les entrepreneurs présents sur le Queen Mary 2, mais surtout cette banque a montré qu’elle savait prendre des risques, et cassant ainsi l’image de frilosité qui colle à la peau du monde bancaire, et a ainsi assis sa notoriété auprès du tissu économique local.

Ce portait très favorable après coup de la situation passe bien sûr sous silence toutes les discussions houleuses, positionnement de communication à prendre, les tirages erratiques de lignes de crédit, les sueurs froides des uns et des autres tout au long de la vie de ce  projet atypique. Mais seul le résultat importe.