Pour les jeunes pousses encore frêles, recruter les premiers employés est un enjeu de taille. Pôle Emploi et l’Apec y consacrent un rapport, rendu public ce 17 janvier. En ressortent plusieurs caractéristiques qui permettent de mieux comprendre les start-up : avec un financement rapide et de gros besoins en développement informatique, elles recrutent tout aussi rapidement, de manière peu formalisée et en mettant l’accent sur les compétences comportementales.

Les aventures entrepreneuriales commencent seules ou en tout petit comité. Si tout va bien, la question du recrutement des premiers employés se pose vite, alors même que la structure se tient à peine debout – et parfois quand elle tâtonne encore à quatre pattes. Pourtant, comme nous l’expliquait la Directrice des ressources humaines de Younited Credit, s’entourer des bonnes personnes dès le départ et structurer ses RH, sont indispensables. Pôle Emploi et l’Apec publient un rapport sur le recrutement des premiers employés chez les start-up.


Premier point sur lequel se casser les dents, la définition même de ce qu’est une jeune pousse, car, comme le souligne le rapport, « les start-up n’ont certes pas d’existence en tant que catégorie juridique d’entreprise, mais elles se différencient sur bien des points des entreprises classiques ». Premier d’entre eux, la start-up ne le restera pas toute sa vie. Evident, mais toujours intéressant à rappeler, le propre d’une start-up est de se lancer rapidement et d’essayer de trouver son modèle économique.

Autre point, et c’est celui qui nous intéresse ici, « les pratiques de recrutement au sein des start-up ne se distinguent pas toujours de celles observées dans les entreprises classiques, notamment au sein des petits établissements ». Malgré tout, « le besoin rapide en compétences de haut niveau, et notamment dans le domaine du développement informatique […] induit des processus de recrutement et certaines difficultés ».

Et qui dit start-up dit… stagiaire. « En grande partie en raison de contraintes financières mais aussi pour tester et cerner plus précisément le besoin en compétences », souligne le document. Autre acteur clé de « la start-up Nation », les freelances « qui affichent des compétences rares et qui permettent à la start-up de bénéficier d’une expérience sénior sans engagement et à moindre coût ». Pratique.

Soft skills

Les compétences « dures », notamment en matière de développement informatique, mais aussi, selon les secteurs, en R&D, biologie, physique (…), sont très recherchées par les fondateurs. « Mais ils portent aussi un vif intérêt aux qualités comportementales », ce qu’on appelle aussi soft skills ou compétences douces, comme « l’autonomie, la capacité à s’autoformer », mais aussi « l’agilité, la débrouillardise, et surtout, mettre en avant la nécessaire adhésion au projet d’entreprise, adhésion qu’ils traduisent souvent par une disponibilité de tous les instants ». Ce fameux “esprit start-up” que remettait en cause Mathilde Ramadier dans son ouvrage Bienvenue dans le nouveau monde (Ed. Premier Parallèle). 

Concrètement, comment font les jeune pousses pour trouver le mouton à cinq pattes ? Au total en 2017, seulement 11 000 offres ont été déposées par des start-up sur le site pole-emploi.fr, « soit une part très faible, moins de 0,3% des offres confiées à Pôle Emploi », indique le rapport. Elles passent par les réseaux des écoles, mais aussi par les job boards, notamment ceux spécialisés dans les start-up. Et ont très peu recours aux cabinets de recrutement, notamment parce que les profils proposés ne correspondraient pas à leurs attentes. Et ne sont pas à l’abri de quelques erreurs de casting.