Ludovic Huraux est ce que l’on appelle un serial entrepreneur. Il est le fondateur d’Attractive World qu’il a revendu l’année dernière. Quelques mois plus tard, il nous présente son petit dernier : Shapr (prononcer : Shaper), une application qui redonne du sens à votre vie professionnelle.

Expliquez-nous ce qu’est Shapr ?

Shapr est une application qui révolutionne le networking en vous présentant tous les jours des personnes susceptibles de vous inspirer dans la vie. Nous avons adopté une interface qui ressemble à Tinder : tous les jours, chaque utilisateur reçoit le profil d’une dizaine de personnes basées sur ses intérêts professionnels, ses passions, son niveau d’expérience, sa localisation. Il peut les faire glisser à gauche s’il n’est pas intéressé, à droite s’il l’est. Ce « swipe » est anonyme : si je vois votre profil et que j’ai envie de vous rencontrer, je vais le « swiper » à droite. Le lendemain, vous voyez mon profil, sans savoir si j’ai envie de vous rencontrer ou non. C’est uniquement si, à votre tour, vous « swipez » à droite que cela va « matcher » et que nous allons pouvoir commencer à discuter.

Quel est le but recherché ?

Le but est de rendre le networking le plus simple possible avec cette interface, sans recherches à faire, sans sollicitations (et sans vexations si vous sollicitez quelqu’un qui vous ignore). C’est aussi un moyen de trouver du travail, puisque l’on sait que 70% des jobs sont trouvés via son réseau ; c’est beaucoup plus que via les cabinets de recrutement. Et pourtant, nombreux sont ceux qui ne sont toujours pas habitués au networking, mais qui pensent ne pas avoir la vie qu’ils méritent, le salaire qu’ils méritent, ni le job qui les fait rêver. Ils prendraient un café par semaine avec quelqu’un qui partage leurs centres d’intérêt, cela pourrait débloquer beaucoup de choses…
Enfin, une étude de Harvard a prouvé que plus les gens sont connectés les uns aux autres, et plus leur niveau de bonheur est élevé !

 



Quel est votre positionnement par rapport à l’offre déjà existante ?

Nous sommes complémentaires de LinkedIn. Sur LinkedIn, je ne peux pas faire de rencontre dans la vraie vie, sauf si je fais une recherche, que j’envoie un mail, et que j’obtiens une réponse. Shapr fait du push : tous les jours, l’application me propose des personnes nouvelles. A titre personnel, je rencontre 2 à 3 personnes par semaine que je n’aurais parfois même pas eu l’idée de chercher. C’est cela, l’esprit de Shapr : l’ouverture, l’échange. Ce n’est pas juste du business. L’idée, c’est d’abord de créer une rencontre authentique, puis, si un jour cela se présente, de faire du business. Ce sera bien plus simple et bien plus rapide avec quelqu’un que je connais bien ! Cela, les Américains l’ont très bien compris, alors que les Français ne font du networking que lorsqu’ils ont besoin de quelque chose.

Et en réalité, networker quand on a besoin d’argent ou de travail, c’est le pire moment pour le faire, c’est cela ?

Je le sais d’expérience : entre Attractive World et Shapr, j’ai levé dans ma vie près de 12 millions d’euros auprès d’investisseurs privés. Or, je les ai rencontrés quand je n’avais pas besoin d’argent !
On prend un café avec quelqu’un qui a les mêmes centres d’intérêt que nous, pas forcément dans le but de faire du business tout de suite : Shapr, en fait, c’est du pro ou perso ?

Les frontières entre le pro et le perso tombent. J’ai des potes qui sont aussi des actionnaires ou des collaborateurs. Shapr a un axe pro, bien sûr, mais les gens ne se rencontrent pas uniquement pour cela : si vous êtes un start-upper, naturellement, vous allez m’intéresser. Mais si en plus vous aimez le tennis et la méditation, je vais avoir envie de discuter avec vous. C’est entremêlé. C’est comme pour les conférences Ted : je ne sais plus si j’y vais par intérêt personnel ou professionnel. Je sais juste que je passe de super moments et que c’est très enrichissant.


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