Prenant le parti de court-circuiter le long et chronophage processus de mise en vente de vêtements, la jeune pousse nîmoise Prêt-à-changer propose, grâce à ses algorithmes, un prix ferme et définitif pour chaque article.

Exit la corvée de prise de photo, de mise en ligne, de descriptifs plus ou moins grandiloquents en passant par l’estimation dudit article accompagnée de l’inénarrable mention « prix à débattre ». Grâce au savoir-faire de la jeune pousse, originaire de Nîmes, le fastidieux modus operandi inhérent à ce type d’opération est réduit à portion congrue. Désormais plus besoin de créer une annonce par article et de s’échiner à viser le juste prix. Prêt-à-Changer propose une alternative permettant de lister le type d’article, la marque, la couleur, la matière et la taille et, à l’inverse des plateformes traditionnelles, proposant une fourchette souvent très extensible de prix, l’algorithme ciselé par la start-up calcule en temps réel un prix de rachat ferme et immédiat. 

En moyenne, selon les éléments délivrés par Prêt-à-changer, ce prix est peu ou prou équivalent à 10 à 30% du prix en boutique. « Nous rachetons des centaines de marques de prêt-à-porter comme Comptoir des Cotonniers, Desigual, Kenzo, Maje, Ralph Lauren ou Sandro, et des marques de maroquinerie comme Furla, Lancel, Nat & Nin ou Michael Kor », souligne son fondateur Benjamin Augros. Une fois le prix fixé dûment et fermement par la plateforme, le client expédie l’objet de ses ventes via Mondial Relay et se voit attribuer une étiquette de transport gratuite valable dans le point relais de son choix.

Donner une nouvelle vie aux vêtements

Une fois le ou les articles arrivés « à bon port » en l’occurrence dans l’atelier de la jeune pousse située sous le soleil du Gard, à Nîmes plus précisément, Prêt-à-changer, après avoir procédé à l’étape nécessaire de contrôle, veille au versement de la somme préalablement fixée « dans les 15 jours » suivant la réception.  « Le vendeur peut également choisir d’utiliser sa “cagnotte” pour faire du shopping sur Prêt-à-Changer et remplir sa garde-robe de nouveautés, en l’occurrence 4 000 articles sont actuellement disponibles sur notre plateforme, uniquement des pièces uniques de seconde main en parfait état », annonce l’entrepreneur.  

En moyenne, toujours selon les données délivrées par la start-up, chaque vendeur gagne 45 euros par colis envoyé tandis que les articles non repris sont retournés au vendeur ou donnés à La Croix-Rouge de Nîmes. Si le troc de vêtements entre particuliers – ou le troc tout court d’ailleurs – a particulièrement le vent en poupe ces dernières années en France, cette tendance s’observe également à l’international. Ainsi, Prêt-à-changer, forte d’une équipe de six personnes, prend en charge tout le processus de revente (réceptions, prises de photos, mises en ligne…), celui-là même jugé chronophage et fastidieux par nombre de clients et évoqué en préambule avant une mise sur orbite sur plusieurs plateformes destinées à une clientèle internationale.

Nouveaux horizons

« Prêt-à-Changer a noué plusieurs partenariats stratégiques avec les sites de petites annonces pour revendre ses articles tels que Videdressing.com, Vestiairecollective.com, Rebelle.com (Allemagne), Ebay, Priceminister, mais aussi Cdiscount. Les articles sont ainsi revendus à la fois en France mais aussi à l’export en Europe », souligne Benjamin Augros.  Néanmoins, en dépit d’une levée de fonds de 600 000 euros en 2014, la jeune pousse s’enhardit et souhaite désormais bénéficier de l’appui d’une structure d’envergure pour poursuivre son développement sous le haut-patronage de celle-ci. « Prêt à Changer recherche actuellement à s’adosser à un groupe dans le secteur du prêt-à-porter ou des médias pour continuer à développer son service. Ce partenariat pourrait prendre la forme d’une fusion ou acquisition », confirme le communiqué de la jeune pousse en date du 6 novembre. Avis aux amateurs.