Fondé en 2011 par deux anciens de Studyrama, Nomad Education propose des applications mobiles gratuites pour réviser de la 6ème aux cursus Bac+5, et sans connexion nécessaire après téléchargement. Avec un modèle économique basé à la fois sur la publicité (formation et emplois uniquement) et l’abonnement des écoles et universités qui achètent la mise en relation qualifiée avec des étudiants, la start-up se développe sans réaliser de levées de fonds. Et veut désormais miser sur l’apprentissage personnalisé.      

Sur Internet, il est coutume de dire que « quand c’est gratuit, c’est nous le produit ». Autrement dit, quand l’internaute a accès gratuitement à un service, il est fort probable que ses données personnelles soient revendues à des entreprises. Souvent à prix d’or. Et jusqu’à peu, sans son accord. Ca, c’était avant. Avant la réglementation européenne sur la protection des données (RGPD). Et sans compter sur des entrepreneurs capables de transformer l’achat de données en opportunité pour les internautes. C’est notamment le cas de Nomad Education.


Fondée en 2011 par Caroline Maitrot et François Firmin, deux anciens de Studyrama, la start-up propose des applications mobiles pour réviser ses cours et ses examens, de la 6ème au Bac+5. Des applications 100% gratuites et disponibles hors connexion après leur téléchargement – ce qui explique leur succès dans les pays francophones africains qui enregistrent 10% de l’audience, simplement par le bouche à oreilles. Une offre qui sera structurée et adaptée aux programmes de plusieurs pays dès 2019.

« En quittant Studyrama, j’ai fait une pause en Suède où j’ai vu l’engouement autour de l’éducation numérique », raconte Caroline Maitrot. Après avoir imaginé un partenariat avec l’Education Nationale, elle décide, avec son comparse, de s’adresser directement à la cible. C’est ainsi que Nomad Education se lance sur mobile et gratuitement avec tout d’abord les révisions du TOEIC et du baccalauréat. Dès la première année, la jeune pousse réalise 130 000 euros de chiffre d’affaires. De quoi ouvrir rapidement de nouvelles applications pour couvrir le collège, les BTS, les prépa, les Bac techno et professionnels, 10 licences…

Car la double particularité de Nomad Education est à la fois de proposer un service gratuit et de ne pas avoir réalisé de levée de fonds*. Le modèle économique est double lui aussi : d’un côté, une publicité ciblée (formations, écoles, universités…) et de l’autre, des établissements d’enseignement supérieur qui s’abonnent  sur l’année pour obtenir des mises en relation avec des étudiants. « Les jeunes s’inscrivent sur l’appli en remplissant un petit formulaire pour indiquer ce qu’ils font, c’est de la donnée scolaire. Nous leur demandons ensuite s’ils souhaitent être mis en relation avec des entreprises ou des écoles intéressées par leur profil », détaille Caroline Maitrot. S’ils acceptent, ces données sont triées et transmises aux établissements. Un système intéressant si l’étudiant n’est pas certain de son orientation, ou lors de passages de niveaux, du bac à l’enseignement supérieur, de la  licence au Master… 70% des utilisateurs acceptent, quant aux autres, leurs données sont conservées en toute sécurité chez Nomad Education. Pour les écoles, c’est l’ouverture à 1 million de data par an.

Parcours personnalisé d’apprentissage

Avec ce modèle économique, l’entreprise réalisait un chiffre d’affaires de 1,8 million d’euros en juin 2018 et espère atteindre 2,5 millions en 2019. Après avoir longtemps tournée avec seulement ses deux fondateurs et des prestataires extérieurs, Nomad Education profite de sa croissance pour embaucher et structurer son management. Une petite vingtaine de salariés qui ont pour mission de se lancer sur un nouveau créneau, l’adaptive learning.

« L’idée est de récupérer des données, plus seulement scolaires, mais d’apprentissage, afin de proposer dès la rentrée 2020 des parcours personnalisés », explique l’entrepreneure. « Nous allons évaluer les candidats sur des matières et comparer leurs réponses à celles de cohortes d’individus pour mesurer leur niveau et leur affecter telle ou telle question. » Une sorte d’arbre des connaissances, ou de parcours d’apprentissage personnalisé. Autre chantier, non des moindres, pour l’année à venir, regrouper l’ensemble des applications dans une seule et même app.

 

 

*Oui et non, l’entreprise a levé 200 000 euros auprès de la Banque Publique d’Investissement (Bpifrance) et quelques centaines de milliers auprès de business angels.