Pour Hélène Campourcy, fondatrice de Umantex et de Pink Innov  et administratrice indépendante,  l’écosystème business contribue à la création de valeur des entreprises et leur permet de se réinventer et d’exécuter avec efficacité en particulier dans une période complexe. Elle partage ici sa vision idéale d’un écosystème business.

Quels sont les grands principes de l’écosystème business ?


Le principe de l’écosystème permet de travailler à la fois en coopération et en compétition et de faire co-évoluer les capacités de l’entreprise pour créer de nouvelles propositions de valeur et capter beaucoup plus de clients. Il encourage ainsi l’innovation et la croissance.

L’écosystème business est en lui-même un concept qui englobe toutes les organisations à mêmes d’impacter votre stratégie, vos ventes, vos produits ou même vos équipes. Il vous permet de prendre conscience des besoins spécifiques de vos clients, de vos non clients, de vos prospects, de mieux les appréhender et de créer de nouveaux produits et services plus facilement et à moindre coût.

Les écosystèmes ne sont-ils pas réservés à des entreprises plus digitales ?

C’est vrai que les écosystèmes les plus connus ont été lancés par des entreprises à dominantes technologiques, telles que Apple, Amazon ou encore Tencent pour ne citer qu’elles. Elles s’appuient sur des plateformes pouvant être déployées à grande échelle et facilitant le contrôle de l’interface consommateurs, la communication, la désintermédiation et même la substitution aux concurrents traditionnels.

Mais le concept d’écosystème n’est pas uniquement réservé à un modèle digital. Il existe de nombreux exemples, notamment dans les véhicules électriques, les impressions 3D, l’énergie solaire, qui fonctionnent très bien et qui ne sont pas supportés par une plateforme.

Qu’est-ce que la COVID-19 a aussi permis de reconsidérer au sein des entreprises ?

Le Covid-19, et la crise qu’elle a générée, a amplifié l’importance des interactions et leurs migrations vers le digital. Elle a aussi précipité les transformations et accéléré leurs adoptions, y compris dans le design de nouveaux business models.

Nous sommes plongés dans un contexte et une conjoncture encore difficiles à décrypter : beaucoup d’entreprises doivent reconsidérer leur business modèle. Certaines ont compris qu’en alliant compétences, partage des coûts et accès aux technologies, cela permettait d’augmenter leur « core business » , d’étendre leur réseau, de co-créer de nouveaux produits ou services intégrés et inclusifs, et d’accélérer leur transformation. L’objectif ? Générer de nouveaux revenus.

Qu’est-ce que la crise COVID-19 a engendré au sein d’écosystèmes?

La covid-19 a poussé certains secteurs, notamment ceux en urgence absolue tels que la santé, à reconsidérer leurs positions et à réfléchir à une réponse collective, intégrant collaboration, transfert de technologie entre différents acteurs pour multiplier l’approvisionnement, mobiliser et démultiplier les capacités de production.

C’est une vraie chaine de valeur qui s’est mise en place entre partenaires stratégiques, concurrents ou non, créant ainsi de la synergie.

En quoi construire un écosystème est un challenge ?

Construire le bon écosystème est un challenge car les écosystèmes sont complexes et doivent aussi vous apporter un maximum de valeur. Ils doivent s’adapter à la maturité de l’entreprise mais aussi au scope à couvrir et à ambitionner. Même si une distinction est à faire entre les écosystèmes pour les entreprises qui ne sont pas digitalement matures et celles qui le sont ou à budget modéré, les différentes expériences à travers le monde montrent que l’efficacité et le potentiel des écosystèmes apportent de vrais gains mesurables.

S’inscrire dans une approche écosystémique en période de crise est une façon de casser les codes existants du secteur et de permettre aux entreprises d’innover, de se réinventer et de changer leur business model pour trouver de nouveaux revenus. C’est aussi une autre façon de gouverner en passant d’un système « égo »-centré vers un système « éco »-centré avec une perspective « outside-in » qui favorise l’apport et le partage de valeur pour chaque participant. Cette étape est très importante car elle est une des sources d’échec des écosystèmes business.

Sous un angle pragmatique, quelles seraient les différentes étapes incontournables pour constituer un écosystème ?

Je partage avec vous les étapes qui me semblent essentielles pour construire un écosystème.

  1. Comprendre la complexité et saisir l’opportunité que présente les écosystèmes
  2. Assesser les caractéristiques et les tendances du marché de façon à vous assurer que la réalité s’inscrit dans votre idée d’écosystème
  3. Capturer la valeur recherchée par l’écosystème
  4. Identifier et mapper les points de contacts incontournables dans le parcours clients
  5. Définir la gouvernance et son fonctionnement
  6. Identifier le degré d’ouverture de l’écosystème
  7. Pour les entreprises plus axées digital, s’appuyer sur une plateforme pour accélérer le mouvement et multiplier les interactions, tout en les structurant
  8. Evaluer et anticiper les risques d’échec

 En conclusion ?

En temps de crise, il faut souvent se réinventer et innover, mais certaines entreprises n’ont pas la capacité de changer dans un temps record leur business model. En s’appuyant sur des partenaires complémentaires et un objectif commun, l’évolution en écosystème facilite la démarche d’innovation et permet une approche holistique du marché. C’est une façon à plusieurs de grimper au palier supérieur. 

Je suis convaincue que rien n’est possible sans l’humain et qu’une approche écosystémique est nécessaire pour créer le monde de demain. Avec Umantex, j’ai comme ambition de donner à la chaine de valeur de l’entreprise la capacité de se réinventer et d’exécuter.