Quatre mois après avoir déboulé sur le marché du titre-restaurant avec un certain succès, la start-up Lunchr, portée sur les fonts baptismaux début 2017 par Loïc Soubeyrand, ancien cofondateur de Teads, franchit une étape supplémentaire dans sa « quête » : une levée de fonds de 11 millions d’euros pour assouvir des ambitions toujours plus grandes.

La stratégie du météore.  Appartenant officiellement, depuis le 1er février 2018, au cénacle des émetteurs de titres-restaurant – un marché qui, rappelons-le, « pèse » près de 6,5 milliards d’euros dans l’Hexagone -, Lunchr n’a pas pour autant vocation à s’endormir sur ses lauriers. Après cette première « marche » franchie, la jeune pousse vient d’annoncer ce matin un tour de table de 11 millions d’euros, orchestré par le « partenaire historique », le fonds Daphni, déjà à la manœuvre lors de la première levée de fonds de 2,5 millions d’euros, menée il y a seulement un an. Une époque qui semble – déjà – lointaine tant Lunchr avance à pas de géants, son appétit gargantuesque en bandoulière.  « Lunchr fait partie de cette nouvelle génération de start-up Fintech qui, en mettant l’utilisateur au centre de l’expérience, connaissent une très forte traction 100% organique dès leur lancement ! Nous sommes très fiers de les accompagner dans cette aventure ambitieuse afin de les aider à révolutionner la pause déjeuner », déclare Marie Ekland, éphémère directrice du conseil national du numérique et Partner chez Daphni, dans le communiqué relatif à ce tour de table.


Une « révolution », selon le vocable consacré quoiqu’un peu éculé,  qui trouve sa source dans la volonté de Lunchr de retisser du liant entre les employés d’une même entité qui pouvaient, grâce à l’expertise Lunchr, commander « en équipe » tout en payant séparément. Une plateforme de commandes « B2C » en quelque sorte. « Plus les employés sont nombreux à passer commande, plus les réductions sont importantes. Elles peuvent ainsi s’élever jusqu’à 30% pour six personnes, ce qui constitue une économie de 660 euros par an pour les salariés les plus assidus », développait Loïc Soubeyrand, maître d’œuvre de la structure, dans nos colonnes en janvier dernier. Une formule gagnante qui a séduit de nombreuses entreprises. « Depuis que les collaborateurs utilisent Lunchr, ils déjeunent beaucoup plus ensemble, c’est un vrai moment de convivialité. Cela permet de faire une réelle coupure tout en renforçant l’esprit d’équipe » confirmait, au même moment, Florent Malbranche CEO de  Brigad, start-up spécialisée dans le recrutement par SMS pour les métiers de bouche. 

Bousculer un marché sclérosé

Mais l’application offre un champ des possibles encore plus vaste puisqu’elle permet également aux employés de gérer leur solde et leur carte titre-restaurant Lunchr à travers une expérience équivalente à celle proposée par les néo-banques, ou encore de commander leurs déjeuners (sur place ou à emporter) dans leurs restaurants favoris. Désormais la start-up, après avoir trouvé son rythme de croisière dans ce segment, est prête à passer à la vitesse supérieure : bousculer un secteur sclérosé, qui peine, selon Loïc Soubeyrand, à passer au 21e siècle. « Quatre grands acteurs, à savoir Sodexo, Edenred, Chèque-déjeuner et Natixis, se partagent un marché qu’il convient de qualifier, de facto, d’oligopolistique », rappelait l’entrepreneur. En « entrant dans la danse », Lunchr espérait rompre avec des habitudes peu adaptées à l’évolution du marché (le ticket-restaurant a fêté ses 50 ans cette année), notamment en ce qui concerne la dématérialisation du titre-restaurant, en vigueur depuis l’année 2014, mais encore loin d’être « entrée dans les mœurs ». Côté employeurs, tout a été imaginé pour leur simplifier la vie. Ces derniers peuvent commander les titres-restaurant en moins d’une minute depuis une interface épurée, moderne et adaptée tant aux start-up de moins de 50 employés qu’aux groupes de 5 000 employés.


Et les résultats sont tangibles, comme évoqué en préambule, dans la mesure où Lunchr peut s’enorgueillir d’incarner une « véritable source d’économie et de convivialité pour les employés. Ainsi, depuis son lancement, les salariés ont bénéficié de 18% de réduction en moyenne, et 92% d’entre eux affirment avoir partagé un déjeuner avec des coéquipiers avec lesquels ils n’avaient jamais déjeuné auparavant. Eloquent.  Au point de voir 600 clients de se « rallier à la bannière » Lunchr, et ce en seulement quatre mois. “Nous avons trouvé le bon angle d’attaque couplé à un produit de qualité et c’est pour cela que nous voulons encore davantage nous déployer, l’un n’allant pas sans l’autre”, nous confie Loïc Soubeyrand. Et ce rythme « effréné » va enjoindre la start-up à renforcer sa capacité d’action en triplant ses effectifs, passant de 20 à 60 collaborateurs, puis dépasser la barre des 100 employés en 2019. « Nous sommes ravis d’avoir, grâce à cette levée de fonds, les moyens de nos ambitions car notre objectif est de faire bénéficier de nos innovations le plus grand nombre d’employeurs et dépasser ainsi la barre des 100 000 employés utilisant Lunchr dans quelques mois seulement ». L’appétit vient en mangeant et Lunchr semble prête à tout dévorer sur son passage.