Pierre Kosciusko-Morizet, devenu Business angel après avoir fait fortune avec PriceMinister, aurait acquis un joyau de l’immobilier parisien pour en faire un lieu dédié aux entrepreneurs.

L’histoire ne dit pas si les deux événements sont liés, mais Pierre Kosciusko-Morizet et son compère de toujours Pierre Krings viennent d’investir une partie de leur fortune dans Renovation Man, une plateforme digitale qui veut réconcilier les Français avec les travaux de rénovation.

Au même moment, les deux fondateurs de PriceMinister viennent de mettre la main sur un joyau de l’immobilier parisien, l’hôtel de Seignelay, dans le 7ème arrondissement de la capitale. L’immeuble date de 1715 et s’étend sur une surface de près de 3 000 mètres carrés, répartis sur 5 étages.


L’adresse est prestigieuse, le 80, rue de Lille. On y entre par un portail monumental encadré de deux pavillons de garde dans une cour pavée de 444 m². À l’arrière, un vaste jardin arboré de 1 200 m² s’étend en terrasse jusqu’à la Seine, avec un accès au 21, quai Anatole France. Il a été le siège de plusieurs ministères dont celui de l’Industrie. Construit par l’architecte Germain Boffrand pour le comte de Seignelay, l’hôtel particulier a été réquisitionné par l’État et, après 1945, a servi de siège à différents ministères dont l’Agriculture, le secrétariat aux Affaires algériennes, le secrétariat aux Affaires étrangères ou encore l’Aménagement du territoire.

En 2007-2008, l’État veut le vendre pour renflouer les comptes publics mais la crise financière en décidera autrement. Bercy décide alors de le mettre en location avec un bail emphytéotique de 60 ans ou 99 ans, à partir de 20 millions d’euros, mais l’hôtel ne trouve pas preneur. Il devient donc le siège du ministère de la Fonction publique en 2012, puis de l’Industrie. Le bien était à nouveau sur le marché depuis décembre 2017.

Pierre Kosciusko-Morizet et Pierre Krings auraient acquis le bien via leur fonds Kernel. Le prix n’a pas été révélé. Mais les deux business angel n’ont pas l’intention d’y habiter. Pierre Kosciusko-Morizet qui avoue passer un tiers de son temps en Bretagne, un tiers à l’étranger et un tiers à Paris prévoiraient d’en faire un « lieu spécial dédiés aux entrepreneurs, qui ne serait toutefois pas un incubateur », sur le modèle de ce que veut faire Xavier Niel avec sa nouvelle acquisition : un immeuble des années 1930, dessiné par Robert-Mallet Stevens, qui a abrité pendant 3 ans le petit musée privé Mendjisky, consacré à l’École de Paris.

Pierre Kosciusko-Morizet à la tête d’une fortune estimée à 200 millions d’euros depuis la vente de PriceMinister au Japonais Rakuten est à bonne école avec Xavier Niel, le patron de Free devenu un des plus gros investisseurs immobiliers de Paris. Il est notamment propriétaire d’un hôtel particulier dans le 16ème arrondissement de Paris, ainsi que de l’hôtel Coulanges, situé place des Vosges dans le Marais, qu’il aurait acheté pour environ 30 millions d’euros. Sans oublier son incubateur de start-up du 13ème arrondissement, Station F, et les tours de logement attenantes, en construction. Il rénove également avec Bernard Arnault, la Tour Morland, un ancien bâtiment de la Préfecture. Un projet à 300 millions d’euros, avec ses logements, hôtel, crèche, commerces et piscine.

Les milliardaires de la « nouvelle économie » ont vite compris que l’immobilier est une vraie valeur refuge.