Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, la start-up Too Good To Go et l’association France Nature Environnement (FNE) publient un livre blanc « Les dates de péremption, une idée dépassée ? ». Parmi les préconisations, inscrire une mention « et aussi après », pour compléter la mention « à consommer de préférence avant le ». L’objectif est d’éviter que ces aliments encore propres à la consommation ne terminent immédiatement à la poubelle. Rencontre avec l’instigatrice de ce livre blanc, Lucie Basch.

« Sur les dates de consommation, il y a une méconnaissance et une incompréhension de la part des clients. » Dans ses locaux avec vue panoramique sur tout Paris, Lucie Basch, fondatrice de l’application mobile Too Good To Go explique : « Il y a les dates limites qui disent à consommer jusqu’au et les dates de préférence qui nous disent de consommer avant le. » Une petite nuance qui fait toute la différence. Car « à consommer de préférence avant le » est une date de durabilité minimale, un indicateur qui n’a rien à voir avec la santé. « Après cette date, l’aliment aura peut-être une couleur un peu différente, ou aura perdu quelques qualités organoleptiques [saveur, odeur, aspect, ndlr] , mais cela ne veut pas dire qu’il ne peut plus être consommé », précise Lucie Basch.

C’est en recevant quelques complaintes de clients que la fondatrice de Too Good To Go, une application qui permet de récupérer des paniers de produits qui auraient dû être jetés, a eu l’idée de lancer une pétition et un livre blanc. « Les dates de péremption, une idée dépassée » est une somme de préconisations publiée ce jour, à l’occasion du troisième anniversaire de la loi anti gaspillage, par la start-up et l’association France Nature Environnement (FNE).

Question gaspillage, Lucie Basch en connaît un rayon. Recrutée dans les usines Nestlé en Angleterre, l’ingénieure se rend compte que « le gaspillage fait partie du processus de production ». Après sa démission, elle lance son application afin de mettre en relation les commerçants, boulangers, primeurs, etc. et les consommateurs qui viennent récupérer les invendus à petit prix. 3 millions de paniers ont été sauvés de la poubelle en 2018, et déjà un million sur les deux premiers mois de 2019, revendique la jeune pousse.

Loi anti gaspillage

La loi anti gaspillage oblige par exemple les grandes surfaces à donner leurs invendus à des associations caritatives notamment. Problème, les produits tels que la viande et le poisson ne peuvent être pris en compte, pour des raisons évidentes de sécurité alimentaire.

Parmi les autres recommandations de ce livre blanc, « demander aux industriels de communiquer sur les dates », « discuter avec tous les acteurs pour améliorer les processus de vente », « sensibiliser le grand public en leur proposant de revenir aux sens », et « harmoniser les dates de péremptions ».

Le gaspillage alimentaire représenterait 10 millions de tonnes par an en France, notamment en raison de ces dates scrupuleusement respectées par les distributeurs et les consommateurs.