Lancée le 24 avril, l’application Kilometers permet à ses utilisateurs d’anticiper leurs besoins de mobilité : l’application récupère l’information sur les déplacements à venir, les optimise et propose des solutions de transport. Son plus : faire apparaitre les créneaux de trajet sur l’agenda de l’utilisateur afin d’optimiser son emploi du temps. 

Lorsqu’il était ingénieur chez Renault-Nissan, en particulier CTO de la branche véhicules connectés et services de mobilité, Pierre Lecointre s’est rendu compte qu’il y avait “un problème dans la chaîne de valeurs de la mobilité”. “J’avais beaucoup de rendez-vous à Paris, mais aussi des déplacements à Tokyo ou à Londres, raconte à Forbes France ce diplômé de l’INSEN de Lille. C’était mon assistante qui s’occupait de mes déplacements. On jonglait sans cesse entre les cartes et l’agenda.” 

De ce constat, Pierre Lecointre décide de trancher : et si on ne passait désormais que par l’agenda pour organiser ses déplacements ? C’est le pari de Kilometers, l’application qu’il a développée depuis janvier 2018 et qu’il a officiellement lancée mardi 24 avril. Car pour Pierre Lecointre, quand on se déplace, on n’a plus besoin de carte – ou presque : “Quand vous prenez un taxi, c’est le chauffeur qui doit connaître le trajet”. Même chose quand on se déplace en métro : on regarde moins la carte de la ville que le détail des changements de ligne à opérer.

Concrètement, pour profiter de Kilometers, l’utilisateur crée un compte et rentre ses adresses de domicile et de travail, ainsi que les identifiants de son compte Gmail. L’application se connecte automatiquement à l’agenda Google et récupère les informations sur les déplacements à venir, en fonction des lieux des rendez-vous. Les recommandations de trajets et créneaux correspondants apparaissent automatiquement sur l’agenda et intègrent les principales solutions de transports des grandes villes (métro, train, tram, bus, VTC, taxis…), à l’instar d’un Google Map ou d’un Citymapper. 

23,2 millions de Français font chaque jour le trajet entre leur domicile et leur travail

La jeune pousse affiche de grandes ambitions, notamment parce qu’elle s’attaque à un marché au potentiel énorme. Rien qu’en France, selon l’INSEE, 23,2 millions de Français font chaque jour le trajet entre leur domicile et leur travail. 70% d’entre eux choisissent de s’y rendre en voiture. Kilometers souhaite ainsi recruter plusieurs milliers d’utilisateurs pour la fin de l’année et s’enrichir de nouvelles fonctionnalités sur la période.

Les enjeux liés au “commuting“ sont nombreux, et concernent tant les particuliers que les professionnels. Et forcément les entreprises qui les embauchent. “Nos utilisateurs passent en moyenne 5 à 15 heures par semaine en déplacements. Avec des millions de salariés concernés, les enjeux sont multiples : gain de temps, équilibre entre vie privée et vie professionnelle, respect de l’environnement, explique Pierre Lecointre. Il existe aujourd’hui de plus en plus d’acteurs de la mobilité et les utilisateurs ont un réel besoin de clarté pour optimiser tous ces déplacements. En créant Kilometers j’ai souhaité amener une réponse concrète à cet enjeu crucial pour les entreprises de demain.” Et d’aujourd’hui, de fait.

Si Kilometers est bien présente dans toutes les villes du monde, l’équipe vise d’abord un développement à Paris, Londres et Berlin. Kilometers va également mettre en place divers services, basés sur son algorithme. A terme, l’application devrait pouvoir proposer des trajets personnalisés en fonction des habitudes de l’utilisateur. Egalement, une idée serait de mettre en relation plusieurs collaborateurs d’une même entreprise afin qu’ils puissent faire certains de leurs trajets ensemble et ainsi optimiser leurs temps de déplacement et ses coûts. Car voilà la grande force affichée par l’application : le recueil, l’analyse et le traitement des millions de données. Avec une volonté d’avoir un impact positif sur l’environnement : la plateforme permet aux utilisateurs de comprendre leurs efforts de déplacements et de réduire les émissions de CO2 qui y sont liées.