D’abord connue pour son caractère affirmé sur les plateaux télé de C8, Hapsatou Sy a aussi choisi la voie de l’entrepreneuriat. Une aventure durant laquelle elle a parfois dû essuyer des échecs pour mieux se relever.

Julie Galeski : Vous dites que vous avez eu envie de devenir entrepreneure grâce à votre père…


Hapsatou Sy : Oui, mon père m’a donné envie d’entreprendre. C’est lui qui m’a transmis la valeur du travail et le goût de la liberté.

Un jour, en parlant de moi, il a dit: “J’ai mis au monde un homme.” Venant de lui, c’était un grand compliment. Alors j’ai choisi de me battre, et de prouver qu’il avait raison de croire en ma force; Celle de porter des projets en ne baissant jamais les bras. J’ai décidé de tout faire pour honorer son parcours.

J.G : Si vous deviez créer votre définition de l’entrepreneur(e), quelle serait-elle ?

H.S: “Entrepreneur(e) (H/F) : personne qui fait de son histoire une force et qui transforme ses traits de personnalité en compétences professionnelles. Personne qui crée avec folie et en toute liberté. Optimiste, déterminée et habitée par l’ambition.”

J.G: Vous avez fait face à une faillite avec vos instituts de beauté, comment avez-vous vécu cet échec ? Est-ce que ça vous a “dégoutée” de l’entrepreneuriat?

H.S : J’ai appris de mes échecs, et notamment de la fermeture de mes salons Ethnicia.

Dégoûtée ? Jamais ! Cela m’a au contraire donné davantage de force et l’envie de déplacer des montagnes ! J’ai réfléchi à mes erreurs, et j’ai choisi de ne pas faire de cet échec une défaite fatale, mais une belle opportunité. L’échec a finalement été un moyen de rebondir vers autre chose et de me renouveler, en créant ma marque de cosmétiques HapsatouSy ! L’état d’esprit qui sauve tout, c’est l’optimisme.

J.G : En France, lorsque quelqu’un échoue, il est souvent pointé du doigt. Ça a été votre cas ?

H.S: C’est vrai, l’échec a mauvaise réputation en France (mais pas seulement). Il est perçu comme une défaite ; et qui a “échoué” se retrouve avec une étiquette de “perdant” collée sur le front. Aujourd’hui, on considère que le terme échec a une définition négative, mais il faudrait l’appréhender de manière plus positive, en expliquant que c’est une expérience qui apporte beaucoup et qui permet d’avancer plus vite.

Je pense que les mentalités évoluent, et pour que cela continue, les jeunes et futures générations doivent continuer de faire preuve d’ambition et le système doit évoluer avec eux, en s’imprégnant par exemple des États-Unis. L’échec n’est pas une fatalité !

J.G : Aujourd’hui, vous êtes engagée dans le monde de l’entrepreneuriat, par exemple avec le programme Stand Up, dont vous êtes la marraine. Pourquoi est-ce important pour vous de soutenir des projets de femmes qui impactent sur la société et les quartiers prioritaires?

H.S: Je trouve essentiel de soutenir ces initiatives ouvertes aux femmes de tout âge, tout niveau d’étude, tout statut professionnel. Ces concepts innovants qui favorisent l’échange sont essentiels pour faire évoluer la société, et offrir aux femmes qui le souhaitent, la chance de réaliser leur projet. C’est un honneur d’avoir l’opportunité d’accompagner ces belles initiatives.

J.G : Si vos enfants choisissaient de se lancer dans l’entrepreneuriat, quel(s) conseil(s) leur donneriez-vous ?

H.S: Ne rêve pas ta vie, vis tes rêves. Vois grand. Vise les étoiles pour atteindre au moins la lune.

Julie Galeski