A tout juste 17 ans, en première littéraire à Rouen, Guillaume est écrivain et chroniqueur. Entrepreneur dans l’âme, Guillaume Benech, créé dès l’âge de 12 ans un journal papier avant de monter sa propre maison d’édition. Publié en 2017 chez Michel Lafon, il se lance, en parallèle de son activité de romancier, dans la French Tech’ et invente le Drop en association avec la start-up SnapPress, spécialiste de la réalité augmentée sur imprimé.

 A 12 ans, vous créez votre premier journal, L’Petit Mardi : comment en êtes-vous arrivé là ?

Quand ma sœur m’a prêté les 7 tomes d’Harry Poter à 11 ans, ça a éveillé en moi un intérêt évident pour la littérature. En 6ème, j’ai été sélectionné par le Journal de Mickey pour faire partie d‘un jury et écrire des critiques de romans. C’est la première fois que je faisais quelque chose en dehors de l’école et j’adorais ça !

Quand cette collaboration s’est finie, j’ai d’emblée voulu faire autre chose et j’ai monté avec ma meilleure amie, Camille Ibos, L’Petit Mardi, un magazine culturel en ligne. J’étais débrouillard et j’ai en autodidacte créé le site de A à Z. J’étais alors rédacteur en chef d’une équipe de 3 journalistes.

Comment a évolué L’petit Mardi ?

En novembre 2015, le journal fêtait ses 3 ans et je voulais qu’il existe sous forme papier. J’ai toujours cru au papier et pris le pari de passer du numérique au papier pour montrer que les deux peuvent coexister, que l’écrit n’est pas mort. Le premier numéro est sorti en janvier 2016 avec plusieurs points de distribution en Normandie, financé par de la publicité institutionnelle culturelle. Depuis son lancement, le magazine est passé de 17 à 40 pages et d’une équipe de 3 à 18 personnes. Nous avons 30 000 lecteurs et faisons un chiffre d’affaires de 60 000€ par an. Il a en outre  remporté en 2016 le prix Espoir aux “DigischoolHypeAwards », un concours organisé par DigiSchool et Google France.

Vous avez également monté en 2014 une maison d’édition… ?

J’ai lancé l’édition online du Petit Mardi sans structure juridique. En 2014, j’avais envie de quelque chose de plus solide avec un pendant édition. J’écrivais mes premiers romans et pourquoi ne pas les publier ? Avec l’aide de mes parents, puisque la loi autorise de créer une association dès l’âge de 16 ans, j’ai monté en dix jours avec mes 100 € d’économie une maison d’édition sous forme d’association dont mes parents sont présidents. Mon premier roman Agent Will a été publié grâce au système d’impression à la demande pour éviter de perdre les sommes investies.

C’est alors que tout s’accélère ?…

Oui. J’étais en classe de 3è et faisais mon stage d’observation à France Bleue Normandie. Un jour, la salle de rédaction m’entend raconter par téléphone mon parcours à une journaliste et s’intéresse alors à moi. Me voilà subitement le sujet d’un reportage. Puis c’est le déferlement des chaînes de TV. Je me retrouve à 15 ans invité au Grand Journal de Canal + pour débattre de la loi Macron en tant que  « plus jeune patron de France ». 

… et que vous vous retrouvez publié chez Michel Lafon ?

J’en étais à mon deuxième roman et voulais surfer sur cette vague médiatique pour trouver un éditeur. C’est alors que je rencontre Michel Lafon en novembre 2015, complètement par hasard. Une semaine après notre rencontre, je signe un contrat et publie mon roman William Clark Mission 1, sorti en septembre 2016.

Avez-vous toujours eu cette fibre entrepreneuriale ?

Elle est née au fur et à mesure. Quand on commence à faire des choses, ça enclenche une dynamique. Ce que l‘on fait par soi-même développe la fibre entrepreneuriale. J’avais 12 ans et rien à perdre : j’ai foncé tête baissée ! Et ça m’a poussé à me lancer ! La création de projets est pour moi très stimulante. J’adore ça !

Vous intégrez au magazine l’appli de réalité augmentée SnapPress : de quoi s’agit-il ?

En transformant L’Petit Mardi Magazine d’un format exclusivement numérique à un format papier, j’ai fait un constat assez simple : le papier avait encore un avenir dans notre société, il fallait simplement lui redonner un petit coup de jeune. Il fallait pour cela une technologie novatrice, et qui allait au-delà du QR code…

​Mon chemin croise celui de Christophe Bossut, co-fondateur de l’appli mobile SnapPress, spécialiste de l’imprimé augmenté. Il me ​propose alors une solution qui permet ​à chacun de déposer et révéler des commentaires en réalité augmentée sur l’imprimé. C’est ainsi que je me suis mis à utiliser la réalité augmentée pour interagir avec la presse en déposant  mes chroniques sur les articles de presse et unes de journaux.

La réalité augmentée permet d’apporter des plus aux contenus en exposant des compléments en ligne, visibles depuis son smartphone ou sa tablette, par simple “snap” (=scan) de la page au travers de son écran… de la page au travers de l’application SnapPress… La réalité augmentée est une technologie en plein essor, qui devrait d‘ici dix ans représenter plus d’un million et demi d’utilisations quotidiennes. SnapPress, c’est le navigateur de demain, la passerelle entre papier et numérique.

A 16 ans vous proposez à l’équipe de SnapPress de rajouter un nouvel usage, le Drop : en quoi consiste-t-il ?

C’est le fait de p​roposer à n’importe quel utilisateur de l’application SnapPress d’interagir simplement, grâce à la réalité augmentée, sur un support physique (couverture de magazines, affiches de films, packagings et même sa carte électorale !) pour donner son opinion, partager une humeur, faire découvrir une vidéo, un site… Le Drop est un message digital, mais qui est accessible dans la réalité pure et dure. Une sorte de réseau social auquel on peut accéder partout, simplement en snapant (scannant) un élément du quotidien. Tu souhaites donner ton avis sur le programme d’Emmanuel Macron ? Prends une photo de son affiche, envoie-la au robot Messenger, ajoute ton commentaire et hop ! Ton Drop est posté. Quiconque snapera l’affiche, sur Internet, dans la rue…  avec l’appli gratuite SnapPress pourra voir ton message, le commenter, et poster ensuite le sien !

Que visez-vous à travers cette appli ?

Mon but est de donner aux  gens l’envie de regarder la réalité du monde qui nous entoure. Le Drop est un moyen pour mieux regarder la réalité et non un outil pour s’enfermer dans une réalité virtuelle. C’est un nouvel usage qui émerge et qui permet de réenchanter notre expérience vis-à-vis de l’imprimé sur lesquels il est désormais possible d’échanger et partager des contenus en réalité augmentée.

Pour en savoir plus sur Drop et SnapPress :