Les jeux vidéo attirent de plus en plus de passionnés et proposent des divertissements toujours plus réalistes et immersifs. Alors que nous avons communément l’image du “gamer” devant son écran d’ordinateur ou de télé avec un casque audio sur la tête, les créateurs des jeux vidéo vont plus loin avec une immersion totale dans le jeu. Ce rêve “d’être dans le jeu” est celui de Jean Mariotte, fondateur d’EVA, qui révolutionne la manière de se divertir par le jeu vidéo.  

 


En Deux Mots. Esport Et Réalité Virtuelle.

 Derrière l’acronyme EVA se cache Esports Virtual Arenas, un projet de jeu vidéo en réalité virtuelle. Le but ici est que le joueur ne se serve plus de sa manette de jeu mais qu’il évolue dans un espace équipé d’un casque en réalité virtuelle. Le joueur est alors plongé dans le décor du jeu et doit se déplacer, se baisser ou encore sauter. Il doit également utiliser son arme pour éliminer les assaillants. 


Le marché du divertissement est actuellement régi par deux grands types d’acteurs dont les éditeurs. Ces derniers sont à l’origine de la création des jeux qui une fois développés, sont distribués. Un marché avec ses propres normes qui devrait atteindre les 120 milliards de dollars dans le monde en 2019 et qui ne connaît pas la crise. 

 

Idée. Un Rêve De “Gamer”. 

Jean et ses trois associés, passionnés de jeux vidéo, voient arriver la technologie des casques de réalité virtuelle dès 2013 avec un seul souhait : être en immersion totale dans le jeu. Les années passent et aucun jeu utilisant cette technologie ne sort, ce qui les convainc de se lancer sur le marché des jeux vidéo. 

Loin des normes de ce marché, Jean ajoute “notre insouciance nous a permis de nous lancer”. Prenant le rôle des éditeurs, Jean et son équipe, alors novices dans ce monde fermé du “gaming”, lancent After-H le premier jeu vidéo d’arène en réalité virtuelle. 

 

Equipe. Un Quatuor De Tête

Le début de cette aventure autour du jeu vidéo prend forme en 2015, dans son agence de communication. Rapidement, l’engouement pour la création d’un jeu s’étend à une partie de son équipe. Ainsi, un quatuor émerge composé de William, Stéphanie et Sarah. Cette équipe s’est “tout naturellement” constituée, étant convaincue de la place primordiale du jeu vidéo en réalité virtuelle dans le monde du divertissement. 

L’équipe s’est aujourd’hui agrandie et se divise en plusieurs pôles d’activités : la partie commerciale et marketing, la production du jeu, la communication et le support client. Désormais 25 personnes œuvrent pour le développement de la startup actuellement basée à Montreuil. 

 

Mise En Oeuvre. Du Jeu Au Clé En Main.

Pour EVA, tout est parti de la vision de Jean sur le devenir des jeux vidéo et la modification des sensations des joueurs. L’accomplissement de cette vision ne s’est pas fait unilatéralement mais en passant par différentes phases de développement pour arriver au souhait final de l’équipe. Après deux ans et demi de travail, la première version du jeu After-H est présentée au public. Celui-ci séduit alors les passionnés qui le découvre lors du salon Virtuality. Jean revient avec enthousiasme sur ce moment : “toute l’équipe était présente, et nous avions jusqu’à 3 heures de queue pour tester notre jeu, plus qu’au stand Nintendo !”. 

Cette vitrine permet alors à la startup de se rapprocher de salles de réalité virtuelle pour leur vendre After-H. Cette première phase de distribution s’oriente rapidement vers des acteurs plus importants de “l’indoor entertainment”. Ce pivot de distribution modifie l’offre en profondeur. Les salles de divertissements ne sont pas toutes équipées pour abriter des activités en réalité virtuelle. Jean et son équipe se penchent donc sur le développement d’une offre clé en main comprenant les outils d’exploitation, le jeu, le hardware. 

Cette logique se rapprochant de la franchise a fait ses preuves pour EVA. La startup équipe plus de 200 salles de son dispositif qui transforme une salle vide en une salle de jeux vidéo en réalité virtuelle. L’équipe ne s’arrête pas là et propose, depuis octobre 2019, de mettre sur pied des salles de jeux EVA. L’objectif est ici de développer l’image de marque de la startup en proposant un tout nouveau concept d’arènes.  Dans celles-ci se déroulent des compétitions d’esport VR devant un public, à la manière donc d’une salle de sport ou d’un stade. Quelques semaines seulement après l’annonce de ce dispositif, déjà 3 contrats ont été signés. L’objectif de Jean et de son équipe est alors d’équiper plus d’une dizaine de salles dans les prochains mois. 

 

Finance. Tout Vient À Point À Qui Sait Attendre. 

La recherche de financement n’a pas été évidente pour EVA. Jean passe plus d’un an à rencontrer les fonds d’investissement, alors intéressés pour connaître le marché mais pas pour investir. Il rappelle que le “gaming” n’a pas une connotation de retours sur investissement recherchés par les fonds”. 

Découragé par la non-concrétisation de ses différents entretiens, Jean se pose la question de partir à la recherche d’investisseurs étrangers. 

C’est à ce moment que le Français Trust Esport prend contact avec le fondateur. Ce fonds spécialisé dans le e-sport adhère à la vision de la startup, ce qui permet à EVA de lever 1,5 millions d’euros en juin 2019 et de se concentrer sur son image de marque. Aujourd’hui, EVA se penche sur le défi de l’internationalisation. Les Etats-Unis et l’Asie restent ainsi un marché à conquérir pour implanter des arènes EVA. 

Chronique co-écrite par Florian BercaultAdèle Pasquier d’Estimeo et Jean Rognetta de Forbes. 

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