Lancé dès février 2016, le Chef en Box reprend les canons maintes fois éprouvés de la « box » mensuel en y ajoutant une touche toute « personnelle » : la possibilité de recevoir tout le nécessaire –matériel et ingrédients d’exception certifiés – pour réaliser dans sa propre cuisine, des pâtisseries haut de gamme. A la baguette, pour orchestrer le tout, la fratrie Hody, Anaïs et Julien, accompagnés de leur cousine Julia.

Un trident trois étoiles pour présider aux destinées d’un concept qui a rapidement su trouver son public. Si les projets estampillés FoodTech sont légion, seule une (très) petite proportion d’entre eux peut s’enorgueillir d’avoir atteint la rentabilité au bout de seulement six mois d’existence, voir même d’avoir atteint la rentabilité « tout court ». Le Chef en Box peut se targuer d’entrer dans ce cercle très fermé. Pourtant rien ne prédestinait ce trio composé d’Anaïs Hody, 26 ans, de son frère Julien 31 ans et de leur cousine Julia, 28 ans, à emprunter le chemin escarpé de l’entrepreneuriat dans la « Food ». Premier de cordée, Julien qui après avoir suivi des études d’ingénieur en packaging – « même si je n’ai jamais travaillé dans ce domaine » précise-t-il tout de go- va davantage « rouler sa bosse » dans le monde de l’évènementiel avant de monter sa propre entreprise dans le numérique. Anaïs, quant à elle, œuvrait comme éducatrice spécialisée auprès d’enfants handicapés au sein de structures dédiées. Enfin, Julia officiait en tant qu’architecte d’intérieur.


« C’est peu dire si nos parcours ne nous prédestinaient pas à nous lancer dans la pâtisserie haut de gamme », sourient de concert Anaïs et Julien. Et la jeune femme de raconter le cheminement et la mise sur orbite du Chef en Box . « On m’a tout simplement offert un cours de pâtisserie et, depuis ce jour, je n’en suis jamais ressorti ». L’entrepreneure met alors tout en œuvre pour faire de sa nouvelle passion un métier, en passant, il y a maintenant 3 ans, son CAP pâtisserie en reconversion avant de monter en gamme – déjà- apprenant le métier et peaufinant son savoir-faire auprès de grands noms du milieu, en l’occurrence Cédric Grolet, chef pâtissier au Meurice – élu meilleur chef pâtissier en 2016 – ou encore Alain Ducasse avant d’aller fourbir ses armes auprès de l’équipe de Cyril Lignac. « C’est à ce moment-là que l’idée de la box a commencé à poindre », souligne l’une des trois têtes pensantes du Chef en Box. « J’étais abonnée à d’autres box de beauté.  Mais il n’y avait rien sur le marché en pâtisserie et je me suis dit que cela pourrait être particulièrement ludique d’apprendre à composer des desserts de cette manière. Et en prime j’ai réussi à m’entourer de ma famille ». 

Produits d’exception

Rapidement rejoint dans l’aventure par son frère, Anaïs s’attelle à la tâche, profitant du « passé » entrepreneuriale de celui-ci. « L’expérience m’a appris à ne pas reproduire les mêmes erreurs. Voilà pourquoi nous avons privilégié un modus operandi méthodique et réfléchi », abonde-t-il. Privilégiant, dans les premiers temps, un packaging sommaire et un site internet purement fonctionnel, la fratrie met du cœur à l’ouvrage et propose donc, pour 24 euros par mois (frais de port compris, la nuance à son importance) – « une excellente idée de cadeau de Noël », souffle malicieusement la maître-d’oeuvre-, une « box » avec une fiche recette, les ingrédients (sauf les produits frais type œuf ou beurre) et les ustensiles pour réaliser un succulent dessert de tout premier choix. Le tropisme pour ne pas dire la touche « gastronomique » chère à Anaïs Hody lors de sa formation, étant, à l’évidence, l’une des clés de la réussite du projet. « Nous ne travaillons qu’avec des ingrédients haut de gamme », confirme la jeune femme qui propose ainsi à tous ses abonnés de travailler des produits pas forcément accessibles de prime abord au grand public.

Comme en atteste la recette du mois de novembre, en l’occurrence des madeleines coques en chocolat Jivara et fèves de Tonka. « Nous faisons découvrir des produits de grands chefs », confirme Julien Hody. Avec, en prime tout le nécessaire, comme évoqué en préambule, à savoir le moule à madeleine, la poche à douille et la recette sous la forme d’une petite fiche. Un « kit » auquel il convient d’ajouter quelques petites astuces et autres mentions « culturelles », permettant de revenir sur l’histoire de la pâtisserie en question. Sans oublier un tutoriel vidéo pour les moins virtuoses d’entre nous ainsi qu’une « shopping list »  pour les produits frais.  Un choix délibéré et payant. « La concurrence avait pris le parti d’expédier également les produits frais avant de se rendre compte que ce n’était pas tenable, ne serait-ce que pour des questions d’hygiène et de conditionnement », explique Anaïs Hody. En revanche, les ingrédients fournis par le Chef en Box sont parfaitement – et joliment – conditionnés.

Tarte au citron meringué, Sphère en chocolat…

En 20 mois d’existence, le Chef en Box a, en effet, fait du chemin passant de 20 box mensuel en février 2016 à près de 700 en ce mois de novembre, faisant notamment du retour d’expérience de ses utilisateurs l’une des clés de voûte de son développement. Sans oublier la naissance de divers partenariats, et non des moindres. « Nous sommes aujourd’hui associés au chocolat Valrhona, à l’Atelier des Chefs ou encore Lokéo, filiale du groupe Boulanger et mêmes des grands groupes nous appellent désormais », sourit Julien Hody qui, au quotidien, gère les affaires courantes en matière de de développement commercial de la société tandis que sa sœur s’occupe évidemment, au regard de sa « reconversion » de l’élaboration des recettes tandis que Julia Hody est chargée du design global de la société. Pour en revenir à la logistique, le site internet va de nouveau- pour la troisième fois – faire peau neuve ces prochains jours et il est désormais possible de commander les ingrédients individuellement pour reproduire des recettes ayant « marqué les esprits ». Citons pêle-mêle la tarte au citron meringué ou encore la ganache passion et le crumble aux noisettes surplombés d’une sphère en chocolat.

Toujours fidèle à son développement « méthodique » et « step by step » la start-up qui expédie ses box non seulement en France mais également en Belgique, en Suisse, au Luxembourg et au Canada rêve plus grand…toujours en gardant les pieds sur terre. Entièrement autofinancée, la jeune pousse pose actuellement les jalons d’une levée de fonds pour la première moitié de l’année 2018. « Et nous cherchons des investisseurs », sourit Julien Hody. Néanmoins l’entrepreneur veut rester raisonnable, après avoir largement amélioré la plateforme e-commerce et le packaging désormais particulièrement soigné et épuré, et assure ne pas avoir la folie des grandeurs. « Nous gardons les pieds sur terre même si nous sommes désormais extrêmement sollicités. Si nous prenons un engagement, c’est que nous sommes sûrs de l’assumer et de le tenir. Nous ne voulons pas avoir les yeux plus gros que le ventre », développe-t-il. Mais ne dit-on pas non plus que l’appétit vient en mangeant ?