Fondé en 2011 par Thibaud Elzière et Quentin Nickmans, Efounders vient de réaliser son premier exit avec la vente de Textmaster. Ni accélérateur, ni incubateur, le start-up studio spécialisé dans le SaaS BtoB revendique la création de 14 entreprises. Rien  qu’en 2018, ses six pépites ont déjà levé 100 millions d’euros.

Il aura attendu son premier exit pour se dévoiler. Plus qu’une coquetterie, le start-up studio eFounders revendique une stratégie. Fondé en 2011 par Thibaud Elzière et Quentin Nickmans, cette « boîte qui crée des boîtes » a déjà propulsé 14 start-up, dont six qui ont franchi le palier de 100 millions d’euros levés, rien qu’en 2018. Spendesk, Aircall, Forest Admin, Front App, Slite, Station. En avril, sa jeune pousse TextMaster a été vendue à Technicis, numéro trois européen de la traduction. Naviguant sur son « momentum », Thibaud Elzière revient sur l’aventure eFounders.

Ni accélérateur, ni incubateur, eFounders se présente comme une boîte à idée. « Les entrepreneurs viennent nous trouver, nous leur pitchons des idées. Puis, pendant 18 mois, nous travaillons à rassembler une équipe, nous leur présentons des VC [venture capitalist, ndlr], construisons une culture d’entreprise… Jusqu’à les rendre autonome. »

Un modèle SaaS BtoB

En 2004, Thibaud Elzière lance Fotolia, un site web d’échanges de photos, qu’il vend en 2014. « C’est une première expérience entrepreneuriale couronnée de succès, mais durant laquelle j’ai rencontré un tas de problèmes », raconte-t-il. Des problématiques auxquelles se heurtent tous les entrepreneurs : la gestion des courriels, les conférences téléphoniques… Plutôt que de les résoudre un à un en montant plusieurs start-up, il se lance dans la mise en route d’une structure permettant d’abriter toutes les entreprises venant à bout des difficultés des entreprises. Un cercle vertueux. Et une sectorisation dont le modèle paye aujourd’hui. En sept ans, Thibaud Elzière se félicite d’avoir constitué une galaxie de logiciels spécialisés SaaS (software as a service) BtoB. « Je veux créer des logiciels susceptibles de titiller Salesforce. »

« Nous lançons 4 entreprise par an », évalue Thibaud Elzière qui compte accélérer le mouvement et atteindre les cinq jeunes pousses par an. Les premiers mois sont consacrés aux fondations. A ce stade, eFounders détient 100% de la structure. Une fois l’équipe et le prototype sur les rails, les experts mis à disposition par le studio se retirent et eFounders conserve 50% de l’entreprise.

« Le financement, c’est le fuel », ajoute Thibaud Elzière. « Grossir trop vite, c’est mettre en danger la croissance. » Pour éviter que les entreprises ne se diluent trop rapidement, il souhaiterait voir émerger un modèle alternatif avec un club d’investisseurs qui permettraient de lever moins, mais d’avancer pas à pas sans trop diluer les fondateurs.

Exit

En avril dernier, Technicis, le numéro trois européen de la traduction, a fait l’acquisition de TextMaster. La place de marché met en relation des clients à la recherche de contenus avec des rédacteurs. Un premier « exit » pour eFounders.

« L’exit n’est pas le but », souligne Thibaud Elzière. « Mais dans un monde ultra concurrentiel, c’est souvent irrefusable ! » L’entrepreneur estime toutefois que l’écosystème français arrive à maturité. « Ils seront de plus en plus en mesure de dire non. »