Une “réaction en chaîne” se définit ainsi : un ensemble de phénomènes déclenchés les uns par rapport aux autres. Un dysfonctionnement à un moment clé de n’importe quel processus peut avoir des répercussions dramatiques dans la suite des actions à mener. Une brindille dans les rouages d’une machine peut faire arrêter toute la chaîne de production. Si ce problème peut être résolu à petite échelle, il s’avère d’une grande complexité pour les gros réseaux comme ceux de l’énergie et de la logistique. De cette complexité, cette start-up de la data, DCbrain, est née.

 


 

En Deux Mots. Optimiser Des Réseaux Complexes.

“DCbrain est une plateforme logicielle basée sur la technologie de l’Intelligence Artificielle qui permet d’optimiser les réseaux complexes principalement dans le secteur de la logistique et de l’énergie” pour reprendre les mots de Benjamin de Buttet, l’un des co-fondateurs. Les réseaux complexes de ces deux domaines d’activités demandent une analyse poussée pour être optimisés. Les questions de ses clients dans l’énergie : “Comment intégrer le biométhane dans mon réseau? Comment positionner ce nouvel élément pour qu’il fonctionne avec le réseau actuel tout en répondant à un coût faible ?”

Plusieurs acteurs sont présents sur le marché et proposent, par du hardware ou du software, d’organiser et de gérer les réseaux. Néanmoins, ces outils traditionnels ne permettent pas l’optimisation. Pour ce faire, l’analyse des données en temps réel et leur visualisation est indispensable. Créneau sur lequel DCbrain s’est positionnée, en proposant d’ajouter une brique au système existant et logiciels déjà implantés.

 

 

L’Idée. Remonter jusqu’au problème.

Issus du monde des data centers, Benjamin, Arnaud et François font face au même cas d’usage. Leur constat de départ : “70% des dépenses d’exploitation des data centers viennent du système de refroidissement et de l’électricité consommée. Or ces deux paramètres ne sont pas analysés conjointement par les outils classiques et ne sont donc pas optimisés”. En d’autres termes, si un datacenter a un problème de régulation de sa température,  le système de production de froid va être relancé, augmentant d’autant la consommation électrique.

Le but est alors de remonter petit à petit “l’arbre de connaissances” pour trouver la provenance du problème. Une fois ce problème identifié, il faut identifier des possibilités d’optimisation puis transmettre les bonnes informations aux bonnes personnes pour qu’une action soit mise en place. Un processus complexe dans l’approche du fonctionnement du réseau qu’aucun acteur n’a mis en place avant DCbrain.

L’équipe. Peu de turn-over.

La réponse au besoin d’optimisation vient de la rencontre d’Arnaud, Benjamin et François venant respectivement d’un département d’efficacité énergie de data center, du conseil en data et de l’expertise BigData. Rapidement, l’équipe a évolué et passe de 6 collaborateurs en 2016 à 25 aujourd’hui.

L’équipe est alors répartie en trois grands domaines : les data-scientists, les codeurs et les commerciaux. Assez rare pour le souligner, les profils technologiques de la start-up restent en poste ! Pour réduire le “turn-over”, les deux équipes contribuent tous aux deux activités : les livrables pour les clients et la recherche et développement. Benjamin ajoute “nous sommes devenus assez visibles car nous faisons aujourd’hui partie des 10 entreprises françaises œuvrant dans l’IA en B2B, ce qui attire les jeunes talents”.

 

La mise en oeuvre. Restructuration à tous les niveaux.

De manière très structurée, Benjamin présente les grandes évolutions de DCbrain. En 2015, première année de l’aventure entrepreneuriale, “nous avons travaillé une année entière sur le développement de l’outil et du software. Ce développement s’est fait avec nos premiers clients qui nous faisaient des retours rapides sur notre service et ses évolutions”. Ce premier jalon est suivi d’un pivot de DCbrain en 2016. La solution créée à la base pour les data centers attire les directions d’entreprises d’autres secteurs. Benjamin explique alors “nous avons gardé la même technologie tout en tournant notre offre vers l’énergie et la logistique”.

La mise sur le marché effectuée, DCbrain se concentre alors sur l’industrialisation de sa solution en mettant en place de nombreux processus en interne. “En 2017, nous avons rapidement appris, et changé nos façons de faire, notamment au niveau de la prospection et du processus de delivery”. L’objectif : accélérer les ventes et assurer la plus grande satisfaction possible de nos clients.

Ce mix vertueux permet à DCbrain d’aller plus loin dans sa structuration interne. En 2018, Benjamin explique avoir eu la sensation “de passer de la start-up de garage à la vraie entreprise avec la mise en place de plus en plus de process et l’accélération du business”. Une phase indispensable avant d’entrer dans l’internationalisation, déjà testée deux ans auparavant sans grande concrétisation. Une restructuration des processus d’avant-vente permet alors à DCbrain de s’attaquer à l’Europe. L’équipe est aujourd’hui présente au Pays-Bas et en Suisse pour prochainement s’en aller dans la zone ibérique.

 

 

Les finances. Vers la série A.

DCbrain intègre le réseau InnoEnergy en 2016 pour réaliser sa première levée de fonds d’1,5 million d’euros en 2018 auprès d’Aster et Bpifrance. Benjamin revient sur cette première levée de fonds : “je pense que nous n’avons sans doute pas assez bien préparé l’utilisation des fonds levés. Pour notre prochaine levée de fonds, nous engageons le middle management de DCbrain pour organiser et détailler en amont l’utilisation des fonds”.  L’objectif est de déployer très rapidement le plan d’actions défini par tous les collaborateurs clés de l’entreprise.

Une prochaine levée de fonds est donc prévue en juin 2020 pour relever le challenge de l’international. DCbrain souhaite poursuivre son expansion européenne notamment en formant des intégrateurs pour se concentrer sur son cœur de métier : l’optimisation des réseaux. Pour cette série A, DCbrain recherche des fonds œuvrant dans les technologies et les datas et pouvant apporter une dimension internationale. Avis aux investisseurs.

 

Chronique co-écrite par Florian BercaultAdèle Pasquier d’Estimeo et Jean Rognetta de Forbes.